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Landerneau politique : A-t-on le sommeil tranquille quand « Mukombo » se tait ?

jeudi 24 mars 2016 Politique


Au village, le « kumbu », c’est- à-dire le pseudonyme était chargé de sens. Il pouvait soit rappeler d’anciens chefs traditionnels ayant brillé par leur courage, leur dextérité, leur compassion, mais aussi leur farouche volonté couplée à leur capacité de transcender les problèmes auxquels faisait face le village, pays aujourd’hui devenu. Croyez-vous que Guy Nzouba Ndama s’est attribué ou qu’on lui a attribué « Mukombo » pour simplement lui faire plaisir. Nous pensons que non ! Et c’est cela qui devait nous amener à réfléchir un instant quand il s’agit de se prononcer ou de spéculer sur le silence qu’il observe ces temps derniers, lui, l’homme aux mille proverbes et plaisanteries…

Il se dit un peu partout dans le pays que nous avons l’habitude de visiter pas pour des raisons électorales, mais pour exercer notre métier de journaliste qu’il se passerait des choses dans les relations, naguère fluides, entre l’Exécutif et le président de l’Assemblée nationale.

Ceux qui soutiennent la thèse s’appuient davantage sur les dernières absences de Guy Nzouba Ndama à Koulamoutou, lors du congrès provincial institué par le PDG pour adouber Ali Bongo Ondimba et bis-repetita, ici à Libreville, au jardin botanique, lors du très attendu anniversaire de la formation politique jumelé à un congrès dit d’investiture que certains n’ont vécu que comme spectateurs même, c’est la coutume, s’ils ont fait à l’occasion comme les autres, c’est-à-dire qu’ils se sont mués en « mauviettes » pour éviter les foudres du « distingué camarade » et ses proches qui ne sont pas prêts d’accepter à ces heures- ci le moindre affront, surtout venant de leur camp, y a qu’à voir ce qui se passe actuellement avec « Héritage et Modernité » privé de parler au nom du Parti démocratique gabonais.

Et quand dans la foulée, on apprend que les deux domiciles de « Mukombo », il est polygame en bon bantu pour qui ne le sait pas, sont quadrillés par la maréchaussée entre autres, il y a de quoi se poser des questions sur ce qu’il est allé faire au palais du bord de mer l’autre jour, même si de l’avis des commentateurs son attitude n’a, semble-t-il, pas varié d’un iota vis-à-vis de l’action du chef de l’Etat. Du coup, les Gabonaises et Gabonais habitués à le voir derrière feu Omar Bongo Ondimba et aujourd’hui son fils, du moins depuis 2009, se demandent quelle peut être l’issue d’une friction, n’allons pas déjà loin, entre deux hommes qui incarnent chacun à sa manière le pouvoir au Gabon.

Sachant que Guy Nzouba Ndama, et ce ne sont pas les cités qui nous démentiront, a participé activement à l’ascension et du Premier ministre Professeur Daniel Ona Ondo et du ministre de la Justice, Garde des sceaux, Séraphin Moundounga, la prise de leur liberté par ces deux personnalités envers leur « accoucheur » ne signifie-t-elle pas que désormais le torchon brûle, quoique l’on s’attèle à faire qu’il n’atteigne pas des proportions inquiétantes quand on sait ce que cela peut avoir comme incidence dans l’équilibre de la fonction présidentielle, le Parlement dont l’Assemblée est l’une des chambres ne pouvant pas être dissout vu que des articles de la Constitution, nous apprend-on, ne permette pas au président de la République déjà candidat à sa propre succession d’agir de la sorte.

Situation cornélienne ou simple dilemme ?

Alors, comment aborder une situation où malgré le fait que certains parlementaires aient été bannis sans perdre la moindre influence qu’ils ont auprès de leurs mandants, le risque de voir le PDG se disloquer est de plus en plus grand et peut- être à l’avantage des dissidents ? Ne nous voilons pas la face, de nombreux compatriotes n’ont pas vu en sept ans leur mode de vie changer, d’où ils se demandent parfois s’ils sont réellement citoyens de ce pays. Et c’est logiquement ces derniers qui attisent la flamme de la rancœur née entre dirigeants pédégistes pour que certains, ceux- là qui sont encore dotés d’une parcelle de courage, fassent entendre raison aux autres. N’est-ce pas la voie du peuple que veut suivre le PAN ? Pas anodine la question quand on sait qu’il pourrait se présenter ou être présenté comme candidat à la prochaine élection présidentielle : il en a les atouts, peut-être pas en tant que mobilisateur sur l’échiquier national, mais en tant que personnalité ayant depuis joué un rôle de premier plan et donc au fait des réalités du commandement pour que la République lui accorde le bénéfice du doute.

Qui pourrait se cacher derrière ce mastodonte que l’on a toujours vu à l’œuvre quoique dans l’ombre souvent ? Une réflexion s’impose également sur la question quand l’on entend souvent dire qu’il faut à celui qui convoite le fauteuil présidentiel, non seulement l’estime de la majeure partie de la population de son pays, mais aussi un carnet d’adresses et des finances costaudes, trois éléments qui rendraient, au cas où, Guy Nzouba Ndama éligible. Et puis, habitué comme il a su souvent l’être de la gestion de la parole, la communication qu’il devrait tenir devant des Gabonais en attente de rupture et de plus en plus exigeants pourrait être celle qui coïncide avec les préoccupations fondamentales du moment, celles que ne soulève encore que partiellement de l’avis de bon nombre, le pouvoir émergent dont le programme est par beaucoup de compatriotes décrié, même s’il faut lui reconnaître un certain entrain au démarrage du septennat de celui qu’il affuble aujourd’hui du titre de « champion ».

Mais comme on sait la politique affaire d’initiés, n’osons pas trop nous avancer, car des cas comme la défection de Casimir Oye Mba en 2009 font encore jaser et sont prêts de se répéter sous nos cieux où l’on a eu l’habitude de voir des hommes ne pas aller jusqu’au bout de leur logique pour diverses raisons ou simplement s’inscrire dans une logiquequi les conduit vers le plus fort et rusé lorsque cela les arrange et les amène se détourner sans arrière- pensées de la logique communautaire.


Dounguenzolou

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