La religion est-elle si intolérante ?

mercredi 2 septembre 2015 Speciales

La scène que nous allons décrire ici n’a rien d’une fiction, bien au contraire puisqu’elle repose sur un fait réel peut-être similaire à beaucoup d’autres déjà vécus par certains d’entre nous qu’ils soient chrétiens ou non.

Cela se passe un jour de mariage quelque part dans l’une des villes gabonaises où la religion fait de plus en plus d’émules en même temps qu’elle nourrit les esprits bornés d’idées préconçues et « malsaines » visant visiblement à limiter la liberté des uns et des autres au point de les rendre vulnérables tant l’on brandit, parfois sans seconde lecture le « si quelqu’un te gifle à la joue gauche, tend lui la droite » de Jésus Christ.

Faire parler son cœur, cela a une signification parfois profonde selon les évènements que l’on vit. Est-ce par exemple parce que l’on est religieux qu’on ne doit pas pleurer à la mort d’un parent, d’un proche ou d’un ami ? Les témoins de Jéhovah ont- ils par exemple raison de ne pas transfuser leurs malades manquant de sang alors que les médecins conseillent cela à tous ?

Autant de questions que nous suggère la scène que nous avons vécu ce soir de samedi après que le couple soit revenu de la bénédiction nuptiale et alors qu’avait démarré la soirée. Les convives, une bonne partie, fut attirée par le vacarme provenant des alentours provoqué par une discussion qui a vite tourné à la dispute entre des frères en Christ, semble-t-il puristes, et le marié qui laissait éclater au grand jour sa joie non pas seulement parce qu’il accomplissait un acte d’importance, mais aussi parce qu’il était content que tous ses parents soient là au complet pour saluer et bénir comme on sait le faire en Afrique l’union d’avec son actuelle épouse.

Il lui était reproché par ceux qui disaient être éclairés par les Saintes Ecritures, comme si lui n’en n’était pas imprégné, d’avoir trop jubilé. Et nous de nous demander s’il est interdit dans la Bible de laisser éclater sa joie ou si les saints n’ont pas eu dans leur vie des moments de joie intense au point d’adopter pareil comportement. Ce que nous relevons humblement, c’est le péché que représente tout excès, quant à dire qu’il est interdit formellement de boire ou danser pendant des manifestations familiales surtout d’importance tel est le cas du mariage, nous nous exclamons.

 La religion, c’est bien, mais mal l’interpréter, c’est…

Combien le Gabon compte-t-il de vrais et faux prophètes ? Comme il est difficile d’y répondre. Et pourtant cette question parce fondamentale demande bien qu’on lui en trouve, surtout par les temps qui courent où le phénomène des églises champignons est légion tout comme d’ailleurs celui de faux envoyés de Dieu. Les Saintes Ecritures sont, au contraire des éditions Louis Second qui ne font que les traduire avec la plus grande fidélité, lues, relues pour la suite être interprétées selon le sentiment que chacun se fait d’elles, ce qui les rend moins lisibles au point d’amener les femmes et hommes qui ont toujours cru en Dieu, changer d’églises comme ils changent de vêtements.

C’est que lorsque la parole révélée par l’Esprit saint à ses anges pour qu’ils la répercutent aux hommes de la terre est diversement comprise et distillée, elle perd de sa substance et prête à confusion. Difficile à partir de ce moment de déceler le vrai du faux et de détecter la probité morale de tout un chacun qui s’affuble du nom de « serviteur de Dieu ».

Encore qu’ils ne sont pas peut- être nombreux ceux- là qui peuvent réellement nous convaincre que le Seigneur qu’ils prient est celui qui a crée le ciel et la terre, le père de l’univers visible et invisible ! Encore une fois, il revient à l’Etat, j’allais dire aux autorités compétentes, de réguler le phénomène récurrent d’incompréhension né des divergences au sujet du Dieu que l’on dit pourtant unique, de même que l’on qualifie la Bible de livre des livres.

Aucun humain, nous apprend- on, encore que cela est plus que vrai, n’est blanc comme neige, sinon il verrait la poutre qu’il y a dans son œil. Alors que l’on ne se dise pas, même si l’on sert le Christ, que l’on a atteint ce degré de pureté qui nous disculpe des tâches humaines qui nous conduisent parfois à adopter des attitudes compréhensibles lorsqu’elles sont analysées en prenant un peu de recul.

Rappelons-nous pour nous en convaincre davantage de l’anecdote de Jésus demandant à celui d’entre les personnes qui voulaient lapider la femme adultère de prendre la responsabilité de jeter la pierre sur cette dernière. Défendre à quelqu’un de se réjouir sous prétexte qu’il sert Dieu n’est donc pas sensé. Certes, des réserves doivent être adoptées, mais rien à avoir avec un renoncement total à des « libations » pour le moins passagères.               


JGN

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