La presse lue par l’Agitateur : Remaniement gouvernemental et doutes sur l’authenticité du décret présidentiel

vendredi 1er février 2019 Speciales


Formé le 12 janvier dernier, le gouvernement Nkoghe Bekale a connu son premier réaménagement mercredi 30 du même mois. Dans la foulée, trois ministres, et non des moindres font les frais de ce remue-ménage. Il s’agit d’Ali Akbar Onanga Y’obegue de l’Agriculture, Christian Magnagna de la Promotion des investissements, et d’Etienne Massard Kabinda Makaga de la Défense nationale, qui a été remplacé par Rose Ossouka Raponda. Il n’en fallait donc pas plus pour susciter de doutes sur l’authenticité même du décret présidentiel à la base de ce remaniement.

« 19 jours seulement après la formation du nouveau gouvernement, ce réaménagement pourrait trouver sa source dans la volonté de renforcer la cohérence d’un certain nombre de départements ministériels », justifie le quotidien L’Union qui explique que « sitôt après l’annonce de l’équipe gouvernementale, plusieurs observateurs avaient relevé quelques chevauchements dans les attributions de certains ministères ».

« Qu’un gouvernement soit remanié n’est pas étonnant. Ce qui l’est en revanche, c’est le fait que ce jeu de chaises musicales intervient dix huit jours seulement après sa mise en place. Ce qui suscite de nombreux questionnements auprès de l’opinion », relève pour sa part, Le Mbandja. Pour l’hebdomadaire proche de l’opposition, la question qui revient avec insistance « concerne les raisons exactes qui justifieraient ce réaménagement du gouvernement et, surtout le débarquement de Massard Kabinda Makaga, Onanga Y’Obegue et Magnagna. Ou encore pourquoi le décret présidentiel n’est-il pas signé par l’intéressé et ne porte-il pas de numéro ? D’aucuns y voient la conséquence de la guerre ouverte que se livrent le Mogabo et l’Ajev, deux plateformes soutenant le président putschiste. Le dernier mouvement cité a, apparemment les reins solides, car soutenu par des personnalités influentes du régime ». Et le journal Le Mbandja de préciser : « On rappelle au passage que le directeur de cabinet d’li Bongo en est le principal responsable. Si personne ne sait comment cette guéguerre va se terminer, l’on peut néanmoins observer que les cerveaux du coup d’Etat électoral d’août 2016 sont en train d’être écartés de la sphère décisionnelle », constate l’hebdomadaire.

"Le meccano en place" Le titre incisif est à lire à la Une du site d’informations en ligne, Gabonreview pour qui, « l’éviction d’Etienne Massard Kabinda ne saurait passer pour une péripétie ». Au contraire, selon le site, « elle marque un tournant dans la gestion de la période née des ennuis de santé d’Ali Bongo. Visiblement, les « conservateurs acharnés du pouvoir » dénoncés par le lieutenant Kelly Ondo Obiang, élaborent leur meccano. Les événements accumulés tout au long du mois de janvier le laissent penser : à travers des nominations à l’authenticité douteuse, une caste essaie de prendre le pays de vitesse. Après Emmanuel Issoze-Ngondet, Etienne Massard Kabinda vient de l’apprendre à ses dépens ». Très acerbe, le site en ligne poursuit son réquisitoire contre le pouvoir. « Malgré les justifications officielles, la mise à l’écart de l’ancien ministre de la Défense suscite des réserves au moins sur deux points : la paternité de la décision et son timing. Réputé convalescent, un président de la République peut-il procéder à des changements dans un ministère aussi sensible en étant lui-même hors du territoire national ? Pourquoi ne pas l’avoir fait au moment de la composition du gouvernement ? Eloquence à souhait, cette décision procède des intrigues politiciennes et manœuvres en cours dans certains cercles du pouvoir », estime Gabonreview.


L’Agitateur

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