La presse lue par l’Agitateur : La déception par le nouveau Gouvernement

lundi 17 juin 2019 Speciales


Dévoilé le 10 juin dernier au lendemain du discours très critique d’Ali Bongo sur les manquements de la classe dirigeante, le gouvernement Nkoghe Bekalé II, visiblement n’a pas tenu compte de ces dénonciations. Surtout avec le maintien et le retour de ceux-là même qui, par leurs pratiques, ont retardé jusqu’ici, le développement du pays. La presse locale dans son ensemble reste alors dubitative quant à la portée réelle de ce discours.

« Aussitôt dit, aussitôt fait », applaudit Matin Equatorial, résumant ainsi le discours d’Ali Bongo Ondimba qui avait annoncé le 8 juin dernier, à l’occasion du 10e anniversaire de la mort de son père et prédécesseur, Omar Bongo Ondimba, qu’il avait donné mandat au premier ministre pour former un nouveau gouvernement. « Deux jours après », constate le journal proche du pouvoir, « le nouveau gouvernement, réduit à 29 membres, dont un ministre d’Etat, 21 ministres et 6 ministres délégués était connu. Une équipe gouvernementale », écrit Matin Equatorial, citant Ali Bongo, « appelée à en finir avec les maux qui infectent les institutions gabonaises, notamment la corruption, la mauvaise gestion, la mauvaise gouvernance, qui nous empêche de récolter les fruits des efforts colossaux et multiformes que l’Etat a consentis ».

De la poudre aux yeux

Le Temps, lui reste très critique sur la sincérité même de l’allocution d’Ali Bongo dont il note qu’elle a été « cousue d’un nombre impressionnant de généralités qui, comme d’habitude, disent ce que le pouvoir promet, d’engager comme batailles qu’il ne mènera jamais contre la corruption. En 10 ans d’Ali Bongo Ondimba, » poursuit l’hebdomadaire proche de l’opposition modérée, « la captation des rentes de l’Etat s’est accrue à une vitesse exponentielle telle que les outils de contrôle et de vérification pourtant aux ordres que sont les deux chambres du parlement et la Cour des Comptes de l’inoxydable Ngoulakia ont été mis hors-jeu. Tout simplement parce qu’ils étaient encore aux mains des amis du père, ces vieux avec qui on ne peut pas faire du neuf », martèle Le Temps.

Bruce Laccruche en terrain conquis. C’est du moins ce qu’écrit dans ses colonnes, Le Mbandja pour qui, « le dernier remaniement ministériel n’est venu que confirmer soit la symbiose entre Ali Bongo Ondimba et l’ami intime de son fils Nourredine, Laccruche Alihanga, soit sa puissance. En effet », soutient Le Mbandja, « ce sont aujourd’hui ses proches et autres ralliés qui dominent la composition du gouvernement. Un remaniement qui a signé l’épitaphe funéraire des accords politiques d’Angondje avec les départs des ministres Ndaot, Mbadinga, Estelle Ondo et Ntoutoume Ngome. Départs précédés par l’éviction de PC Maganga Moussavou. Cette situation », conclut l’hebdomadaire, « peut perdurer jusqu’en 2023, le temps pour le successeur, l’ami du fils ou le fils de la mère ?- de préparer les conditions pour un sans faute lors de la prochaine présidentielle ».


L’Agitateur

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