La presse lue par l’Agitateur : Inquiétudes autour du déroulement effectif de la rentrée scolaire

lundi 24 octobre 2016 Speciales


Le report de la rentrée des classes combiné à la transformation de certaines écoles primaires en collèges afin de palier la carence en infrastructures scolaires et ainsi résoudre le problème des effectifs pléthoriques, est largement commenté par la presse gabonaise parue la semaine écoulée.

« Après avoir annoncé le report de la rentrée scolaire à une date ultérieure sur toute l’étendue du territoire national, le ministre de l’Education nationale, Florentin Moussavou, a brillé par un rétropédalage en autorisant le segment privé de l’éducation à ouvrir leurs échoppes. Un véritable commerce pédagogique, avec des commerçants qui surfent sur le désarroi des parents pour leur extorquer des fonds », tempête l’hebdomadaire Echos du Nord.

« Le moins que l’on puisse dire est que, poursuit le journal, l’école au Gabon est à deux vitesses, l’argent ayant pris le dessus sur l’éducation, un droit fondamental. Seuls les enfants des familles nanties auront droit au savoir, les enfants des pauvres qui ne comptent que sur l’enseignement public finiront à la rue. En ordonnant aux écoles privées d’ouvrir, Florentin Moussavou vient de se plier aux injonctions des étrangers, principal soutien de BOA dans le coup d’Etat militaire du 31 août dernier. Une attitude génocidaire qui consiste à faire main basse sur l’économie et l’éducation d’un pays », regrette le journal.

« Parmi les reformes bricolées par le patron de l’Education nationale pour juguler le trop plein d’effectifs dans les salles de classes et surtout qu’il a dans ses fesses le feu syndical qui exige des effectifs maîtrisés à 35 et non plus des effectifs pléthoriques, il y a des écoles primaires transformées en collèges », renchérit le bimensuel La Nouvelle République.

« C’est donc dans la foulé de ces reformes à l’emporte-pièce que le lycée scientifique d’Owendo qui réalise pourtant des scores honorables au baccalauréat a été sacrifié pour devenir un collège. Un paradoxe tout de même pour un pays qui peine à former l’élite scientifique. Un vrai bordel qui déroute plus d’un encadreur qui ne savent plus vers quelle direction s’oriente notre système éducatif ! », s’exclame le journal.

« Pour caser les élèves, nouvellement admis au concours d’entrée en 6e, le ministre de l’Education nationale a, cette année, décidé de transformer les établissements primaires en CES, à défaut de construire selon, les états généraux de 2010, de nouveaux établissements », note pour sa part le journal Moutouki.

« Ali Bongo a refusé de faire rêver la jeunesse gabonaise. Normal, ses enfants sont scolarisés à Londres, aux Etats-Unis et ailleurs. Ceux de la plèbe iront dans les écoles primaires moutouki transformées en CES. Mon Dieu, qu’a fait le peuple Gabonais pour mériter ce pouvoir criminel ? Simplement diabolique et cynique », s’enflamme le journal Moutouki

La coupe d’Afrique des nations dont le tirage au sort a eu lieu la semaine écoulée, a aussi occupé les colonnes des journaux gabonais.

C’est le cas de le dire ! relève le journal L’Aube, depuis la répression musclée des forces de l’ordre, de défense et de la garde républicaine sur les populations qui contestaient la réélection d’Ali Bongo Ondimba, à l’issue de l’élection présidentielle du 27 aout dernier, l’instance dirigeante du football africain, la Confédération africaine de football (Caf), dirigée par le Camerounais Issa Hayatou, émet désormais des doutes sérieux quant à la capacité du Gabon à terminer dans les délais les stades d’Oyem, Port-Gentil, ainsi que l’Omnisports Omar Bongo de Libreville. « Et pourtant, au sortir des évènements malheureux qui ont suivi l’élection présidentielle, les autorités gabonaises ont demandé le report de l’organisation de cette coupe de football à la Caf, ignorant que toutes les confédérations et associations mondiales ont un calendrier commun concernant l’organisation des coupes continentales. Le silence du gouvernement gabonais sur la délocalisation de cette Can, démontre-t-il son incapacité à organiser cette Can ? » S’interroge le journal L’Aube.

« Alors que certains Gabonais, qui ne s’informent que sommairement sur l’évolution de l’actualité sportive internationale, pronostiquent la délocalisation de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, le footballeur africain du siècle n’a, quant à lui, aucun doute sur l’effectivité et la viabilité de la tenue de l’épreuve au Gabon. Comme pour crédibiliser l’analyse de son prestigieux compatriote, le président de la Confédération africaine de football, Issa Hayatou, et le Comité exécutif de la Confédération africaine de football étaient en milieu de semaine à Libreville, en phase avec les plus hautes autorités du pays, pour valider définitivement le ticket Gabon en procédant au tirage au sort des quatre poules. De quoi doucher définitivement le doute des défaitistes professionnels qui voudraient se servir du sport, facteur d’unification des communautés et des peuples, pour régler des questions politiques personnelles. » Commente le journal Matin Equatorial.

« La Coupe d’Afrique des nations qui est un rendez-vous sportif et festif visant à impliquer toutes les populations dans les différents pays d’accueil, se mus grâce au Faussaire et son complice Issa Hayatou, en un gadget politique visant à légitimer un coup d’Etat électoral et à accorder à « Ibubu » une respectabilité qu’il a lui-même bafouée et entachée du sang de son soi-disant peuple. Comment Libreville, qui est aujourd’hui une prison à ciel ouvert, avec des contrôles de police à répétition, des forces armées qui quadrillent le territoire, des arrestations arbitraires, des interdictions de rassemblements de manifestation, etc.., comment cette capitale d’Afrique entend-elle accueillir le monde du football africain ce mercredi 19 octobre 2016, sans éveiller les soupçons sur un drame politique et humain qui se déroule sur son territoire ! » S’indigne le journal Echos du Nord.

« A ce stade, poursuit le journal, personne au Gabon n’est prêt à accueillir la Can 2017. Le Gabon est en deuil, en « guerre froide » contre un pouvoir assassin. Ne confondant pas l’enjeu au jeu, les Gabonais seront également vigilants quant aux sponsors officiels de cette compétition lui permettant de se tenir malgré tout ! Total Gabon, témoin et complice des massacres de Port-Gentil en sauveur du Faussaire, devrait bientôt se souvenir que rien ne se fait au Gabon sans la force de travail des Gabonais », clame le journal.


L’Agitateur

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