La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Vacance temporaire du pouvoir et haro sur la décision de la Cour constitutionnelle

vendredi 16 novembre 2018 Speciales


Saisie par le Premier ministre Emmanuel Issoze-Ngondet sur la vacance temporaire du pouvoir due à l’indisponibilité d’Ali Bongo Ondimba, hospitalisé depuis trois semaines en Arabie Saoudite pour cause de maladie, la Cour constitutionnelle a modifié mercredi dernier, certaines dispositions des articles 13 et 16 en y ajoutant un alinéa relatif à la vacance temporaire du pouvoir. Ce qui a permis au Vice-président de la république, Pierre Claver Maganga Moussavou de tenir son premier conseil des ministres en l’absence du président Bongo. Dans la classe politique comme dans la presse, les réactions sont tranchées.

C’est une vague de réactions selon le quotidien national, L’Union qui rapporte que, « statuant sur la saisine du premier ministre, portant l’interprétation des dispositions des articles 13 et 16 de la constitution, la haute juridiction a rendu, mercredi soir, sa décision. Laquelle autorise le vice-président de la République à convoquer et à présider le conseil des ministres qui portera exclusivement sur l’ordre du jour joint à la requête du chef du gouvernement. Tout comme elle a ajouté à l’article 13 de la loi fondamentale un alinéa se rapportant à l’indisponibilité temporaire du président de la République. Le rendu de la Cour suscite des réactions plutôt contradictoires. Les uns approuvent. D’autres dénoncent  », y compris même parmi certains spécialistes du droit constitutionnel.

"Coup d’Etat constitutionnel"

Le titre est à lire à la Une du site d’informations en ligne, Gabonreview qui reprend l’expression utilisée par les opposants réunis au sein de la coalition pour la nouvelle république, qui elle n’a pas tardé de dénoncer cette décision de la plus haute juridiction de l’Etat en matière constitutionnelle. Et selon ces opposants, « cet acte prouve une fois de plus, une fois de trop, la violation flagrante de notre loi fondamentale par la Cour constitutionnelle, garante de celle-ci. Tout aussi grave, elle se substitue au président de la république en conférant au vice-président de la république le pouvoir de présider le conseil des ministres », fustigent-ils dans les colonnes de Gabonreview.

"Coup d’Etat constitutionnel", c’est aussi ce qui énerve Le Mbandja qui hausse le ton en affichant sur toute la largeur de sa première page : "Le coup de force de Mborantsuo". Avec cette « invention de l’empêchement provisoire  », écrit l’hebdomadaire proche de l’opposition, il s’agit d’ «  une hérésie constitutionnelle  », fulmine sans détour Le Mbandja. « Pour arriver à ses fins, Mborantsuo s’est appuyée sur l’article 88 de la Constitution qui stipule que la Cour constitutionnelle assure la régulation des institutions. Dans son entendement qui vise à préserver les intérêts du clan au pouvoir, Mborantsuo estime que cet article lui donne le droit de dissoudre les institutions, de réformer leur nature, d’en créer au besoin. Ce qu’elle a déjà eu l’occasion de faire le 30 avril dernier en ordonnant les dissolutions du gouvernement et de l’Assemblée nationale ».

Au vu de la situation, "Mborantsuo osera-t-elle franchir le Rubicon" ? C’est la question que se pose Le Nganga qui se demande si finalement la présidente de la Cour constitutionnelle qui a déjà démontré ses capacités de frappe n’ira pas jusqu’à prendre elle-même le contrôle de l’Etat au nom d’organe régulateur des institutions en cas d’une vacance définitive du pouvoir.


L’Agitateur

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