La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Les propos de Jean Ping au cœur des manchettes

lundi 23 mai 2016 Speciales


Le climat politique très tendu au Gabon, les joutes politiques qui se radicalisent, cela à quelques mois de la présidentielle, ne rassurent guère et font craindre des dérapages. Le pouvoir voit dans les propos de certains opposants, tel Jean Ping, candidat déclaré à la prochaine présidentielle, les germes d’une volonté de génocide qui ne dit pas son nom. La presse parue la semaine écoulée s’en est faite l’écho.

« Lorsqu’un régime ne veut pas faire du bien, est-il obligé de faire du mal ?’’ S’interroge le journal L’Aube.

‘’Le chef de l’Etat fait le tour des églises pour se montrer en homme de paix’’, poursuit le journal. ‘’Trop tard ! Ali Bongo s’est comporté dès son accaparement du pouvoir comme quelqu’un à qui le Gabon et les Gabonais doivent tout : l’argent, à lui ; les avions à lui ; les belles maisons à lui ; les belles voitures à lui ; les courses de bateaux à lui ; les matchs de football très coûteux, à lui….toutes choses ayant contribué à créer le fossé abyssal entre le Président de la République et ses concitoyens’’, commente le journal L’Aube.

‘’Même ses soutiens d’hier lui tournent le dos. Laure Olga Gondjout, l’un des symboles de la cruauté de son régime, vient de cracher au visage d’Ali Bongo en soulignant les « crises multiformes » qui rythment désormais le quotidien des Gabonais, renchérit le journal.

‘’A moins de quatre mois de l’élection présidentielle, le moins que l’on puisse dire est que le pouvoir et son opposition se livrent allègrement, sans crainte du qu’en dira-t-on, à un jeu de massacre en règle, qui laisse les Gabonais, pas habitués au langage des armes et à l’art de la guerre, dubitatifs’’, fait remarquer le journal La Sagaie.

‘’Si l’on ajoute à ce « cocktail Molotov » explosif la volonté de l’opposition de ne pas se laisser démonter, tout en menaçant de tout mettre en œuvre, comme si elle avait la légitimité et les moyens d’empêcher le candidat du pouvoir de briguer un second mandat pour une question purement administrative, ce dont ne veulent entendre ses partisans sur les nerfs, et prêts à en découdre quel que soit le théâtre des opérations et les moyens mis en œuvre, il y a effectivement de quoi s’interroger sur ce que sera le Gabon au sortir de cette présidentielle qui s’annonce finalement compliquée pour tout le monde’’, observe le journal La sagaie.

‘’A ce jeu de massacre, et au regard des cris d’orfraie qui inondent le pays, avantage aux partisans du chef de l’Etat en poste qui ne ratent plus une seule occasion pour confondre l’opposition et inquiéter jusqu’aux plus téméraires’’, conclut le journal.

‘’A quelques quatre mois seulement de la bataille présidentielle, le climat qui règne dans le pays est tel qu’il fait déjà craindre une élection mouvementée’’, s’inquiète le journal La DOC.

‘’Les discours incendiaires, les propos guerriers de certains candidats, le climat de terreur et de folles rumeurs entretenus et relayés par une certaine presse etc. Une batterie de dérapage et dérives qui font déjà craindre une chienlit préélectorale dans le pays. Chienlit qui agite certains compatriotes qui, prient de peur quittent déjà la capitale pour l’intérieur du pays, jugé plus sûr que Libreville, la capitale désormais vu comme une poudrière où le risque d’embrasement est plus élevé au terme du scrutin de 2016’’, relève le journal La DOC.

‘’Le scrutin présidentiel de cette année devient désormais un sujet au cœur de toutes les paniques et les craintes les plus déraisonnées dans notre pays. Il est donc temps que les différents acteurs politiques, du moins ceux impliqués dans ce processus électoral, fassent preuve de grandeur de vue, en élevant le débat électoral à la stature des préoccupations, qui ne demandent qu’un simple mieux être, au regard des possibilités que regorge leur pays. Car de tous ces déchirements entre éléphants pour le pouvoir, il n’y a que le petit peuple qui paie le lourd tribut’’, commente le journal.

‘’On ne parle plus que de cela : Ping a qualifié une partie des Gabonais de cafards qu’il faut écraser. Selon ceux qui ont regardé la vidéo scandale, la déclaration daterait de mars dernier. Le plus surprenant de l’affaire, c’est qu’on ait attendu trois mois pour en révéler le contenu. Un citoyen, qu’il soit candidat à l’élection présidentielle ou non, ne peut tenir des propos aussi dangereux sans que cela ne soit dénoncé immédiatement. Pour sûr, le néo-opposant a été enregistré en circuit fermé et à son insu. Ce qui signifie qu’il ne s’est pas méfié de son entourage immédiat. La montée au créneau du gouvernement parait, elle aussi, tardive alors que les fins limiers ne manquent pas dans ce pays.

La conséquence directe, c’est ce jeu de ping-pong entre les partisans du pouvoir et ceux de Jean Ping, s’accusant mutuellement de vouloir une guerre civile au Gabon. Il n’en faut pas plus pour qu’un climat de peur s’installe dans le pays. Comme disait le chanteur, quand la balle siffle, elle ne choisit pas. Il faut vraiment croire que le fauteuil présidentiel brûle au point que certains sont prêts à tout et par tous les moyens, pour l’occuper. Vivement le mois d’août pour en finir avec ce lancinant suspense dont on espère qu’il va enfin permettre aux Gabonais de ne plus vivre, la peur au ventre’’, clame le journal Le Témoin.

‘’A l’image d’un faux-bourdon ou d’un moustique qui agace l’oreille, les élucubrations répétitives d’Alain-Claude Bilié-By-Nzé fatiguent les Gabonais. Sa petite musique rabâchée sempiternellement donne le cafard. Son instrumentalisation de dangers imaginaires commence à répugner l’opinion, en attente désespérée de nouvelles joyeuses que jamais le ministre n’apporte. Confondant le crépuscule tragi-comique d’un homme-Ali Bongo- avec « certaines tragédies de l’histoire de l’humanité », le porte-parole du gouvernement a sorti la carte de la « menace fantôme » pour créer la psychose parmi les Gabonais. Les Gabonais sont las d’avoir le cafard ! Sans crainte et « sans équivoque », ils ont le droit de le clamer haut et fort !’’, analyse le journal Moutouki.

‘’Les chrétiens du monde ont fêté le week-end dernier, la fête de la Pentecôte, marquant la descente de l’Esprit Saint de Jésus sur les apôtres. Au Gabon, un fait a marqué cette célébration, c’est la présence au temple protestant de Baraka, du candidat Ali Bongo invité par le maitre des lieux, le président de l’Eglise évangélique du Gabon, le Pasteur Jean Jacques Ndong Ekouaghe. Le culte s’est rapidement transformé en meeting pro-Ali et en campagne anti-Ping. Le camarade Jean Jacques Ndong Ekouaghe lui-même était à la manœuvre.

Lors de cette célébration aux relents politiques que certains chrétiens en des termes durs, ont qualifié de « satanique », ce n’est pas tant la présence du Raïs Ali Bongo au sein de cette maison de Dieu qui aura irrité et frustré la communauté chrétienne évangélique, mais bien plus les propos de leur pasteur. En effet, Jean Jacques Ndong Ekouaghe a fait une homélie juste pour vilipender Ping tout en répétant la nouvelle rhétorique anti-Ping des émergents concernant le mot cafard, cela devant Ali et ses ministres visiblement satisfaits de ce coup de pouce d’un homme de Dieu sensé être neutre’’, rappelle le journal Le Mbandja
.

‘’En récitant religieusement l’antienne du régime sur Jean Ping, le pasteur Jean Jacques NdongEkouaghe a démontré une fois de plus que le candidat Jean Ping leur donne tellement le tournis qu’ils sont obligés de se réfugier dans les églises. Pauvre Christ de Baraka !’’, s’exclame le journal.

‘’Jean Ping à nouveau devant les juges. Le gouvernement l’accuse d’avoir appelé « à la guerre civile et à l’élimination d’une partie de la population gabonaise, qualifiée de cafards ». Cette fois-ci, tout semble réuni pour que Jean Ping soit condamné lourdement en première instance’’, suppute le journal Echos du Nord.

‘’Reste qu’une condamnation qui empêcherait Jean Ping de concourir à l’élection à venir porte des germes de violence. Le pouvoir doit en tenir compte. La communauté internationale également. Cet homme, qu’on l’aime ou pas, porte l’espérance d’une bonne partie des Gabonais. Ceux-là ne croiseront pas les bras, si « leur champion » est injustement disqualifié, comme le planifie le pouvoir’’, avertit l’hebdomadaire Echos du Nord.


L’Agitateur

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