La presse gabonaise lue par l’Agitateur : La tournée de séduction de Jean Ping à travers le Gabon

lundi 7 décembre 2015 Speciales


Le cas Jean Ping, beau-fils d’Omar Bongo et opposant devenu qui sillonne, depuis quelques mois, le pays pour rallier grand monde à sa cause, suscite un grand intérêt dans la presse parue la semaine écoulée.

« Commençons par Jean Ping, suggère le journal le Douk-Douk, n’était-il pas son beau-fils, et le père de ces petits-enfants ? Dans la culture bantoue, un beau-fils est traité avec les mêmes égards qu’un fils dont on est le géniteur. L’argent et le prestige dont le Chinois d’Omboué jouit aujourd’hui, ce n’est ni par mérite ni par compétence mais bien parce que c’était le beau-fils d’Omar. », fait remarquer le journal.

« Les Gabonais qui regardent tout ce beau monde leur débiter à longueur de journée que le Gabon est une monarchie, devraient également leur révéler qu’ils sont eux aussi, membres de cette monarchie et que leur engagement politique d’aujourd’hui n’est qu’un moyen, une grande ruse politique pour s’assurer à moindre frais, le passage de leurs rejetons aux postes et fonctions qui ont fait leur fortune. Les Gabonais sauront à juste titre leur dire comme dans le refrain de cette chanson « on vous connait ». Il faut catégoriser et spécifier les responsabilités communes tout le monde est coupable mais à qui incombe le désastre des quarante-deux ans du long règne de d’Omar Bongo ? S’interroge le journal Le Douk-Douk.

« A moins d’être frappé d’amnésie sélective, gronde le journal le Thermomètre, l’on ne peut pas ne pas mentionner que Jean Ping a été élu président de la Commission de l’UA grâce à l’entregent de feu Omar Bongo Ondimba et au soutien de la CEEAC dont il était le candidat. C’est d’ailleurs OBO qui est le principal forgeron de la carrière de Ping qui fut ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie de janvier 1999 à février 2008 quand il devient président de la Commission de l’Union Africaine. Il avait souvent été utilisé par le président Omar Bongo Ondimba comme missionnaire dans les médiations en vue d’instaurer la paix et la stabilité dans certains pays d’Afrique centrale. Mais il n’a pas réussi à se forger un profil de médiateur compétent. Illustration : en décembre 2010, Jean Ping est chargé par l’Union africaine, en sa qualité de président de la Commission, de mener une médiation pour une sortie de crise en Côte d’ivoire. Le pays était alors secoué par une lutte de pouvoir à l’issue du second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 : Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara se déclaraient, chacun, vainqueur. Le diplomate n’a pas réussi à faire la médiation heureuse qu’on attendait de lui. », rappelle le journal Le Thermomètre.

 

Le journal MATIN EQUATORIAL déplore les sorties politiques de Jean Ping sur fond d’invectives puériles : « Il importe simplement de noter que cette volonté manifeste de faire dans la provocation et d’épingler ses anciens collègues d’écurie Omarienne en les jetant pratiquement en pâture à une population qui croule sous la misère et commence à exiger des explications, comme il vient de le faire dans l’Ogooué-Lolo n’est pas de nature à augurer d’une campagne calme et responsable. Mais se livrer à un réquisitoire insupportable et ridicule, pour sa stature, contre les cadres et dignitaires des provinces visitées, relève d’une étroitesse d’esprit qui risque de lui jouer bien des tours, loin de l’Ogooué-Maritime et de ses terres d’Omboué où reposent les restes de son père arrivé au Gabon à l’âge de 18 ans. Analyse le journal. A moins de chercher à embraser le pays, parce que 2016 c’est déjà perdu pour lui, personne, même parmi ses partisans, ne comprendrait que Ping descende plus bas que terre pour se faire entendre et recherche systématiquement l’affrontement à chacune de ses étapes dans l’arrière-pays. Que fait-il alors de la « paix des braves » prônée par son ainé Agondjo Okawé, un opposant respecté et respectable, malgré l’adversité ?, s’interroge le journal.

« A dix mois de la prochaine présidentielle, note le journal L’Aube, Jean Ping continue son périple dans l’ensemble du pays. Après la tournée tonitruante dans la province de l’Ogooué-Lolo, l’ancien président de la Commission de l’Union africaine a entamé le 28 novembre dernier son marathon dans celle de l’Estuaire. Pour Jean Ping (arborant de plus en plus le costume de Chef d’Etat), la route sera la priorité des priorités de son mandat à la tête du pays : « Notre intention est de corriger tous ces manquements. Les routes dans l’ensemble du pays sont dans un état inacceptable. La route sera la priorité des priorités de mon mandat à la tête du pays. Nous allons construire plus de routes qu’eux en cinquante ans. », confie l’opposant. « Jusqu’ici face aux critiques et attaques du fait de son choix porté sur Jean Ping, comme le candidat idéal de l’opposition à la prochaine présidentielle, Jean Eyeghe Ndong a toujours gardé le silence. Chaque fois que l’élu du 2ème arrondissement se permettait d’évoquer cette question, il se contentait d’apporter des arguments qui ont guidé son choix. Et de poursuivre : « l’Union nationale n’a de force que dans le Woleu-Ntem et à l’Estuaire. D’ailleurs, pour preuve de nombreux cadres du parti ont mordu la poussière dans de nombreuses localités du sud ». Et de conclure : « On se connait tous, on connait les petits calculs des uns et des autres. Nous travaillons pour porter Jean Ping au pouvoir. », lance Jean Eyeghe Ndong.

« Ceux qui suivent le show de Jean Ping dans le pays profond, sont partagés entre le dégoût et une grande inquiétude, le Jaune ayant fait une véritable fixation sur les étrangers qui vivent dans notre pays ». Analyse le journal Le Témoin. « Il est à se demander s’ils seront encore vivants si jamais il prenait les commandes du Gabon. Il s’est déjà mis en tête d’être le prochain président du Gabon et ne s’en cache guère. Jean Ping est entré en campagne sans crier gare et partout où il va, il se montre tantôt menaçant, tantôt persuasif. Un homme vraiment sûr de lui qui ne met même pas de gants pour asséner ses vérités. Le globe-trotter fait semblant de parler de candidat à la candidature. Dans son for intérieur, il se dit qu’il sera forcément choisi, compte tenu de son avance. Tout au long de son périple, Jean Ping fait flèche de tout bois pour se rendre intéressant, ne ratant pas l’opportunité de noircir encore un peu plus ceux qui l’empêchent d’accomplir son rêve : se hisser à la tête du Gabon. Commente le journal. « D’ici 2016, poursuit le journal, on en entendra de bien bonnes de la part de Jean Ping qui a déjà commencé à égrener la liste macabre de ses parents, victimes du système. Un vrai trait de génie pour le futur président du Gabon. A ceci près qu’il y a autant de chance d’y parvenir, que de décrocher la lune. », ironise le journal Le Témoin


L\’Agitateur

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