La presse gabonaise lue par l’Agitateur : La radicalisation des positions à quelques jours du scrutin présidentiel

lundi 8 août 2016 Speciales


Au Gabon, à quelques semaines de la présidentielle du 27 août prochain, on assiste à la radicalisation des discours politiques faisant craindre une flambée de violences. D’où l’inquiétude exprimée par la communauté internationale. La presse parue la semaine écoulée s’en est faite l’écho.

« Eviter tout acte de violence ou toute forme de provocation », termes utilisés jeudi 27 juillet dernier par la représentante de la Mission d’observation électorale de l’Union européenne au Gabon. Mariya Gabriel a demandé aux autorités gabonaises ainsi qu’aux partis d’opposition de tout faire pour apaiser le climat tendu à l’approche de la présidentielle du 27 août 2016 car il « en va de leur responsabilité commune ». Rapporte Gabon d’Abord.

‘’Les récents incidents de samedi dernier, à la suite d’un rassemblement pacifique de quelques centaines d’opposants à Libreville qui avait été violemment dispersé à coups de grenades lacrymogènes par les forces de l’ordre, ont donné lieu à des actes de violences inquiétants.’’ Renchérit le journal.

‘’Les premiers ont fait campagne pour empêcher Ali Bongo de se présenter à la présidentielle, par respect de l’article 10 la loi fondamentale : les seconds ont privilégié l’élection, en se fiant sur la sincérité du scrutin et des hommes appelés à le gérer : entre les deux postures, aucun camp n’a encore crié victoire et le scepticisme gagne de plus en plus les visages’’, constate le journal Missamu.

‘’A quoi sert même la CENAP, se demandaient les militants d’un parti politique de l’opposition, ulcérés par le sort qui a été réservé aux requêtes visant la suppression du nom d’Ali Bongo Ondimba des listes électorales et de l’invalidation de son dossier de candidature ? S’interroge le journal Missamu.

‘’Question de grande importance, poursuit le journal, d’autant que cette institution crée plus de problèmes qu’elle n’en résout : crééeaprès les accords de Paris, la CENAP était supposée être une institution neutre pour la gestion des élections : la majorité et l’opposition devaient y être représentées a parité de membres dans toutes ses composantes jusque dans ses structures déconcentrées, et depuis sa création, jamais les élections n’avaient aussi été mal gérées.’’ Conclut le journal.

‘’La CENAP ne reflète plus que l’ombre de ce qu’elle aurait dûêtre. Elle est restée au stade d’une simple intention, un faire-valoir démocratique. D’aucun dirait un gouffre à sous ou un repère de mafieux et de corruption active. Entre le retour de la gestion des élections au ministère de l’intérieur et le maintien à la CENAP point d’embarras. A quoi ça sert d’entretenir l’illusion ?‘’ S’interroge le journal.

‘’Avec l’époque des partis uniques, relève le journal Le Temps, on n’a pas vu l’émergence véritable d’Etat nation. C’est la même chose de l’avènement de la démocratie pluraliste au début des années 90 ; l’espoir de l’éclosion de l’Etat moderne semble certes être effrité par une désillusion totale en ce qui concerne une application totale des principes de la démocratie ; à savoir une réelle presse libre et indépendante, une transparence électorale, une séparation effective des trois pouvoirs et une laïcité réelle.

La notion du vivre ensemble est lourdement menacée par une équipe dirigeante dont les intérêts ne sont pas généraux mais plutôt particuliers. A partir de là, on comprend bien que la construction d’un Etat nation doit se faire sans la continuité du clan Bongo au pouvoir ; Ali étant le symbole le plus manifeste de la perpétuation d’un système d’accaparement de la richesse par une famille et non par le peuple ; l’exemple de la pieuvre Delta synergie n’est que la traduction de ce état de fait.’’ Commente le journal.

‘’A un mois de l’élection présidentielle du 27 août au Gabon, la tension monte chaque jour entre le camp présidentiel et l’opposition. Invectives, accusations, manifestations et arrestation, bref tous les ingrédients pour un scrutin sur fond de vives tensions sont réunis.’’, fait remarquer le journal Mibana.

‘’La précampagne au Gabon se déroule sur des vives tensions entre les partisans du président Ali Bongo, déterminé à briguer un second mandat et les candidats de l’opposition prêts à tout pour lui barrer la route. Vu la détermination de part et d’autre, les évènements fâcheux s’enchaînent depuis le début du mois de juillet dernier.

A voir la cristallisation de la tension entre les deux camps, l’on s’achemine vers un clash électoral et un scrutin présidentiel de tous les dangers, au Gabon.’’, analyse le journal.

‘’Comme programmée dans leurs différents états-majors, la stratégie de l’opposition consistant à faire le pitre, voir l’imbécile dans sa ligne de défense devant les Hautes juridictions de la République, question de puiser toutes les voies légales pour ne pas porter la responsabilité des évènements douloureux ou malheureux qui pourraient suivre, semble avoir fonctionné.’’, relève le journal La Sagaie.

‘’Du moins dans leur imagination. Poursuit le journal, Surtout au plan international. Le pouvoir de Libreville, à suivre une certaine presse hexagonale, serait dans le viseur de quelques politiques occidentaux nostalgiques de l’ère du « mutète », encore désigné par le terme « travaux forcés ». A décrypter les différents signaux exposant le pouvoir émergent de Libreville, l’argumentaire en cours tendrait désormais à rendre le seul Ali Bongo Ondimba responsable de tous les blocages, dérapages et autres abus, dans leurs différentes démarches qu’ils savaient pourtant d’avance vouées à l’échec.’’ Analyse le journal

.
‘’Nos politiques pourront-ils recoller les morceaux d’une République désormais en lambeaux et à la portée de tous les prédateurs ? S’interroge le journal La Sagaie.

‘’L’opposition gabonaise distille des discours qui sont source d’inquiétude, tant le propos est belliqueux et haineux. Ces dérives verbales inquiètent au Gabon où le médiateur de la République est sorti de sa réserve pour tirer la sonnette d’alarme. Ces propos dont la malveillance n’est plus à démontrer ne laissent pas certaines chancelleries indifférentes. Certains organismes lancent des appels à l’apaisement à la classe politique gabonaise, s’adressant prioritairement à l’opposition qui brille par des propos incendiaires. Aucune indignation des milieux politiques et associatifs français. Ils ne fustigent guère les dérapages de cette opposition dont certains cadres multiplient des actes blâmables.’’, déplore le journal Matin Equatorial


L’Agitateur

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