La presse gabonaise lue par l’Agitateur : La mort de Bérenger Ntoutoume Obame et le scandale des commerçantes dénudées

lundi 16 novembre 2015 Speciales


L’immolation du jeune Bérenger à la préfecture de police et qui, du fait de ses blessures, a trouvé la mort, et l’arrestation de deux commerçantes totalement dénudées pour protester contre les tracasseries des forces de l’ordre, deux bavures policières ayant soulevé une vague d’émotion et d’indignation, consacrent la une des journaux gabonais parus la semaine écoulée.

« BERENGER NTOUTOUME OBAME, deux veilles femmes trainées à poils en public par la police. Deux nouveaux cas cliniques de ce que la psychiatrie appelle le déni. Ce refus pathologique des opposants de reconnaitre une réalité dont la perception incite moins au discours et autres incantations. », fulmine le journal LA UNE. « Et c’est très exactement la nouvelle façon d’Ali Bongo de communiquer avec les gabonais qui s’amusent à s’ériger en obstacles à sa campagne. », conclut le journal.

« L’heure est grave. », clame La Calotte. « La mort du jeune commerçant marque un coup porté à la presse. Mourir dans les locaux de la police est un acte révélateur d’un grand malaise », analyse le journal.

Le fait que, jusqu’à l’heure où la Calotte boucle cette édition, c’est le silence total. Aucun communiqué du gouvernement, d’une part, du ministère chargé de la Sécurité publique, du vice-premier ministre à la Justice, aux droits humains, Garde des Sceaux, d’autre part. Cela plonge l’opinion dans un trouble inqualifiable et insoutenable », fait remarquer La Calotte.

« Certes, un officier est suspendu de ses fonctions, poursuit le journal, cette décision du ministre de la Sécurité publique est une demi-mesure étant donné que l’opinion ne sait absolument rien autour de l’affaire ayant conduit Bérenger à se donner la mort à la préfecture de police. »

« Il importe de savoir que dès l’instant que le but est de protéger une victime contre le spectacle d’une impudicité se produisant au mépris de sa liberté sexuelle, il est évident qu’un tel acte devrait être punissable. Or, dans le cas en l’espèce, la vidéo est prise dans un lieu public, en présence d’un public et diffusé sur les canaux, eux aussi, publics », regrette Le journal L’Aube.

 

« Décès du jeune Bérenger, que fait le gouvernement ? », s’interroge le satirique La Griffe.

« Une question qui, selon le journal, se fonde sur le fait que depuis lors, on n’entend rien de ce qu’il dit. Quant aux responsabilités, on exige qu’elles soient clairement établies. Et que les sanctions suivent… »

 « Qu’on ne vienne surtout pas nous embrouiller avec des histoires qu’on attend la démission d’Untel, on attend que les responsables de toute cette mafia responsable aujourd’hui de ce décès, soient purement et simplement démissionnés. Car, trop c’est trop ! On ne peut pas, par pure passion pour l’argent, laisser s’installer une telle criminalité », s’insurge le journal La Griffe.

« Béranger Obame Ntoutoume protestait contre la confiscation et la destruction de sa marchandise par la police. Cette situation l’avait poussé à s’immoler au sein même de la préfecture de police de Libreville. Maintenant qu’il est mort, quid des responsabilités ? » s’interroge à son tour le journal MIBANA

« A dix mois de l’élection présidentielle, certains actes des éléments des forces de police nationale, perçus comme des bavures, font des vagues dans l’opinion. Constate le journal La Sagaie. « Entre la confiscation des marchandises appartenant aux commerçants, le monnayage de l’ouverture des bars au-delà de 21 heures, en contradiction avec ce que prévoit la loi, ainsi que d’autres petites brimades au niveau des carrefours, c’est l’image même de cette noble institution qui est écornée. Les choses prennent même une tournure dangereuse, dans la mesure où, les fautifs n’étant pas sanctionnés à la hauteur de leurs forfaits, tout se passe dans l’esprit des gens comme si c’était le pouvoir qui ordonnait à la police de se comporter outrageusement à l’égard des populations qu’elle est censée protéger. », commente le journal.

« C’est exactement la reproduction du même processus que l’on est amené à constater au Gabon. », rumine le journal Echos du Nord. « Le gouvernement ne prend pas la mesure de la gravité des actes commis par sa police. Au contraire, il vole au secours de celle-ci à travers les soutiens de plusieurs entités publiques à la police nationale après ses forfaits. Le gouvernement réagit en ayant comme seul souci « défendre l’image du Gabon ». Au lieu de s’attaquer à ceux qui, à commencer par le ministre de l’Intérieur et les hauts gradés de la police, sont incapables de prévenir de tels actes par la mise en place d’une politique de maintien de l’ordre conforme à toute démocratie. Car la suspension du directeur de la sureté urbaine ne suffit pas. Ce dernier agit selon les instructions du ministre de l’Intérieur et du commandant en chef de la police. Si ses agents ont interpellé des femmes nues, c’est tout simplement parce que la torture et l’humiliation sont les seuls outils que les responsables de corps autorisent la police à utiliser dans le cadre de ses missions. » relève le journal.

Pour Matin Equatorial, « la principal victime de cette bourde reste le Gabon, qui paye le prix fort de cette méprise qui a quelque peu brouillé son image à l’international, alors que dans le pays, l’opposition toujours à l’affut, a tôt fait d’en appeler à la démission du ministre de l’Intérieur et à des sanctions contre la hiérarchie ».

« Au-delà des accusations d’une opposition qui ne rate pas une occasion pour fondre sur Ali Bongo avec la ferme volonté de le déstabiliser, et un gouvernement toujours à la remorque des événements au point d’oublier ses missions régaliennes, notamment la sécurité des biens et des personnes, poursuit le journal, les Gabonais découvrent, ahuris, par la faute du harcèlement policier dans bien de secteurs d’activités, l’arrivée des « kamikazes » dans le pays et en année électorale », fait remarquer Matin Equatorial.

 

 


L\’Agitateur

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