La presse gabonaise lue par l’agitateur : La démission de Guy Nzouba Ndama encore à la Une !

lundi 11 avril 2016 Speciales


La démission de Guy Nzouba Ndama du PDG et du perchoir il y a quelques jours, alimente encore les journaux parus la semaine écoulée.

« Guy Nzouba pour se rattraper devra non seulement démissionner du PDG, se confesser publiquement et demander pardon au peuple Gabonais pour l’avoir principalement trahi et enfin et surtout se soumettre à la volonté de ce peuple. », suggère le journal Fraternité.

« Alors qu’ils s’abstiennent de nous communiquer ses inspirations, qu’il n’ose même pas envisager une éventuelle candidature, qu’il n’y pense même pas car dans cette hypocrisie, son blanchissement est purement et simplement impossible. Si le blanchissement a marché pour certains anciens du régime tels qu’AMO et aujourd’hui PING, c’est pour certaines raisons bien précises. En effet, ils n’étaient pas les principaux responsables du système. Ils étaient que des valets de Bongo et complices passifs. », prévient le journal Fraternité.

« Originaire de l’Ogooué-Lolo, de l’infime minorité Puvi, Guy Nzouba Ndama a rompu avec le PDG et déclaré sa candidature à l’élection présidentielle d’août prochain. Candidature qui sera portée inéluctablement par le parti PDG-Héritage et Modernité et par de nombreux cadres du PDG-résiduel qui attendent le moment venu pour rompre avec Ali, mais aussi par de nombreux cadres du pays avec qui Guy Nzouba a su tisser et garder des liens de sympathie.

Quoi qu’il en soit, l’Ogooué-Lolo, qui a désormais son candidat, va se mobiliser pour que ce dernier, non seulement ne fasse pas piètre figure, mais aussi passe du perchoir de l’Assemblée nationale à la tête du pays. Au regard de la carrure et du calibre du candidat, la frontière n’est pas loin. » Analyse le journal Le Mbandja qui rapporte les propos du candidat déclaré Guy Nzouba Ndama : « J’appelle toutes les forces vives du changement qui veulent, avec moi, écrire une nouvelle page de notre histoire commune à se mouvoir. Car l’heure est grave. Et c’est ici que la postérité nous jugera ». N’est-ce pas très profond comme message ? A méditer avent d’agir ! Relève le journal Le Mbandja

« Que peut bien cacher cette démission à quelques mois de la présidentielle chez quelqu’un qui a toujours manqué d’ambition depuis qu’il a renoncé à son engagement politique dans l’opposition des années 70 pour intégrer pitoyablement le PDG après une purge idéologique à la maison d’arrêt de Gros Bouquet ?”, s’interroge le bimensuel La Nouvelle République. “Il est vrai que l’on a souvent prêté à Nzouba Ndama des velléités présidentialistes, poursuit le journal, mais on voit mal ce type se présenter à une élection à laquelle le ‘’fils du patron’’ est investi. A moins que ce dernier se désiste du fait de la terrible énigme que comporte son état civil. Autant nous dire que la démission de Nzouba Ndama procède d’une simple mécanique de sauvetage d’un homme que l’on présente comme ‘’le plan B’’ à cette prochaine présidentielle au cas où la candidature du ‘’Distingué camarade’’ serait simplement rejetée sous la pression de l’opposition et de la communauté internationale, analyse le journal.

« Fidèles à cette philosophie de construction de leur existence sur les décombres des carrières brisées des mieux outillés d’entre eux, fait remarquer pour sa part le journal la Sagaie, Nzouba et compagnie ont habilement, puis de plus en plus brutalement, joué avec les ressorts de l’ethnie, de la proximité géographique et de l’instrumentalisation des peurs tactiquement fabriquées. Ils sont réellement les manipulateurs du repli identitaire à géométrie variable, qui leur conférait, seuls, l’exclusivité du droit de regroupement. Pas aux autres composantes communautaires du pays. Ne dit-on pas que Nzouba Ndama est l’inspirateur d’un certain TSF…

C’est pourquoi (…), dans sa résidence d’Okala, lorsqu’il s’est risqué à appeler l’ensemble des provinces du pays à se joindre à lui pour sa conquête du pouvoir, beaucoup dans l’assistance ont poussé des soupirs d’indignation. Mais le chef des souris qu’est Moukombo Nzouba Ndama pense-t-il sérieusement qu’il peut continuer impunément à jouer avec le chef des chats, qu’est le peuple gabonais nullement amnésique », s’insurge le journal La Sagaie.

« Le secouriste flagellé à la place du pyromane », clame le journal Le Temps. « Ces derniers temps, poursuit le journal, la température dans le camp du pouvoir émergent atteint progressivement des degrés paroxystiques marqués par la démission en cascade d’un grand nombre de ses membres. Signe, s’il en était besoin de le repréciser, d’une gestion approximative des hommes ayant pourtant soutenu à bout de bras en 2009 le candidat Ali 9 », fait observer le journal Le Temps.

« Le landerneau politique gabonais est en ébullition. » renchérit le journal L’objectif. « L’élection présidentielle, qui n’est plus lointaine, poursuit le journal, se trouve au centre de tous les intérêts. Et comme à l’accoutumée, cette période donne toujours lieu à des revirements de situation, des changements de cap, des divorces, des ralliements, des alliances contre nature, du chantage, et bien d’autres contorsions politico-politiciennes.

L’unité de façade que présentent les acteurs de l’opposition ne peut pour l’instant conforter l’idée d’une candidature unique de l’opposition. La simple présence de Guy Nzouba Ndama et des autres membres dissidents du PDG à la conférence de presse de Jean Ping ne devrait pas être considérée comme un adoubement de ce dernier. En attendant éventuellement d’autres mouvements, au gré des intérêts et des calculs politiciens, les uns et les autres devraient avoir à l’esprit que c’est maintenant que l’on devrait mouiller le maillot », conclut le journal L’objectif.

« Au regard du spectacle des camarades pédégistes s’écharpant, l’opposition comptait légitimement engranger des points et se croisait les doigts, espérant que cette vague de défections et de contestations, sans précédent, finisse par fragiliser le PDG et avoir raison de la sérénité de son président national. Monumentale erreur d’appréciation ! », rumine le journal.

Car, poursuit le journal, non seulement, le PDG a conservé sa majorité dans les deux chambres du parlement. Mais, à l’évidence, le Chef de l’Etat a renforcé son autorité sur le parti et repris la main pour ressouder son camp. Une certitude : les démissions aux PDG ont encore de beaux jours devant elles. De même que la cacophonie qui s’est emparée de l’opposition gabonaise. Une opposition qui ne semble pas avoir tiré les leçons du passé pour montrer sa capacité à rassembler. Ceux qui aspirent à succéder à Ali Bongo Ondimba ont visiblement encore du chemin pour devenir des hommes d’Etat », analyse le journal le Douk-Douk


L’Agitateur

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