La presse gabonaise lue par l’Agitateur : la course à la présidentielle est lancée

lundi 9 novembre 2015 Speciales


La campagne électorale qui ne dit pas son nom menée par certains acteurs politiques qui n’hésitent plus à sillonner le pays alors qu’on n’est encore loin de la présidentielle de l’année prochaine, et l’imbroglio autour d’une candidature unique de l’opposition à cette présidentielle, deux sujets largement commentés par la presse gabonaise parue la semaine écoulée.

Le journal Le Thermomètre s’étonne de « la fièvre électorale » qui semble gagner certains Etats-majors politiques alors qu’on est encore loin de la présidentielle prévue l’année prochaine.

« Elle n’est prévue que dans presque 10 mois. Mais la fièvre électorale semble s’être déjà emparée de la classe politique. Autant dire que les grandes manœuvres ont commencé, autant dans le camp du pouvoir que de l’opposition. Dans cette dernière famille, si l’on vise un objectif commun : l’alternance, en revanche l’on est loin de s’accorder sur les hommes susceptibles de porter cette ambition. Et surtout sur la manière d’y parvenir. », fait remarquer le journal et qui, s’étonne que l’opération des inscriptions sur les listes électorales ne mobilise pas certaines formations politiques : « Sous prétexte d’imperfections de la machine électorale, une certaine opposition a d’ores et déjà adopté une démarche pour le moins suicidaire mais de nature à justifier la déculottée électorale de demain. Pour préparer les esprits, l’Union nationale (UN), du moins une aile de ce parti prétendument tête de pont de l’opposition, a opté d’évoluer en marge du processus. Cette formation politique fait partie des acteurs qui rechignent à participer, comme le permet la loi, au processus de révision de la liste électorale lancée depuis le 30 octobre. », commente le journal.

« Ayant initié une concertation avec les partis politiques légalement reconnus, il y a quelques semaines, le ministre de l’Intérieur s’est heurté au refus de l’Union nationale (UN) de prendre part à la révision du fichier électoral. Une position justifiée par la nécessité de régler les neuf points d’accord issus des travaux de la commission sur la biométrie, tenus en 2012. », rumine l’hebdomadaire Echos du Nord.

« Dans ces conditions, poursuit le journal, l’opposition n’entend pas jouer les faire-valoir. D’où le statu quo. Les populations ont été donc priées de s’armer de patience, en attendant que l’opposition leur donne le top pour aller s’inscrire sur la liste électorale. Il faut que tout le peuple se lève comme un seul homme pour dire non à l’imposture et à la forfaiture d’un pouvoir qui n’a causé que ruine, misère et précarité depuis le coup d’Etat électoral de 2009 », tempête Echos du Nord.

 

« Le sempiternel débat sur la liste électorale après des débuts tumultueux, qui ont fait craindre aux gabonais de revivre les mêmes querelles sans fin entre les partis politiques et le gouvernement, les choses semblent être rentrées dans l’ordre après la publication officielle des responsables qui vont avoir la charge de superviser la révision des listes électorales biométriques.

Le problème de fond a donc été résolu puisque toutes les parties se sont mises d’accord pour que l’opération d’enrôlement commence début novembre. Il faut maintenant que les formations politiques participent à vulgariser l’information en organisant à l’attention de leurs militants, des séminaires de formation pour que ces derniers aillent massivement se faire enrôler pour figurer dans les listes électorales qui serviront pour la présidentielle de 2016. », estime le journal le Douk-Douk.

 

L’agitation observée au sein de l’opposition pour une candidature unique à la prochaine présidentielle, a aussi été commentée par la presse parue la semaine écoulée.

« Dans le contexte actuel, constate le journal La Loupe, les relations sont devenues très tendues entre l’UN et Jean Ping. Conséquence, rien ni personne n’y croit plus à une solidarité de l’opposition face à Ali Bongo-chacun bombe le torse pour montrer de quoi il est capable ».

« Au regard de toute cette débauche d’énergie sur le terrain, l’Union nationale va-t-elle se réconcilier avec elle-même et ramener la sérénité au sein du Front uni de l’opposition ? », s’interroge le journal.

« L’agitation actuelle au sein de l’opposition est tout, sauf innocente, les coups bas non plus. Et faute de consensus autour d’une candidature unique, le président de l’UN pourrait se jeter à l’eau en décidant d’affronter Ali Bongo en 2016. Zacharie Myboto se présenterait alors comme le garant des intérêts de la famille : la sienne propre », analyse le journal Le Témoin.

« Le conflit d’intérêts qui anime le débat politique depuis un certain temps, au Gabon, poursuit le journal, a quelque chose d’indéfinissable, voir d’indigeste. Au nom de la sauvegarde d’un patrimoine à l’origine parfois douteuse, certains seraient prêts à tout, pour parvenir à leurs fins. Dans ce contexte, un homme comme Zacharie Myboto s’inscrirait volontiers sur ce registre, ne serait-ce que pour échapper au châtiment de l’Histoire. »


L\’Agitateur

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs