La presse gabonaise lue par l’Agitateur : L’opposition et son impossible unité

vendredi 5 février 2016 Speciales


La bataille intestine qui déchire l’opposition gabonaise et dévoile au grand jour son incapacité à désigner un candidat unique à la prochaine présidentielle, s’amplifie avec le soutien apporté par certains opposants à Jean Ping, candidat déclaré à cette élection.

’Jean Ping et ses pairs dos au mur !’’, clame le journal La Loupe.

‘’Sombrée dans une guerre des egos, poursuit le journal, l’opposition est au bord de l’implosion. Là-bas, les anciens PDGistes et autres membres de la majorité présidentielle d’Omar Bongo, opposants devenus, se déchirent au « bazooka ». Reste que, pour ne pas disparaître à jamais de la scène politique, ils sont obligés de se surpasser et de s’unir pour apporter l’alternance tant voulue par le peuple. La leçon du canton Kyé est là pour ramener les uns et les autres à la raison. Comme on le voit, l’opposition n’a pas d’autres choix que de se retrouver pour choisir un candidat unique. Sinon, beaucoup iront dans la poubelle de l’histoire.’’, analyse La Loupe

‘’Les pingouins montrent la nullité de toute leur procédure.’’ Rumine le journal Echos du Nord. ‘’La tactique des démissionnaires : mettre tout le bureau sur le même pied d’égalité pour mieux constater le leadership du président du Front…pour asseoir leur forfaiture.

En faisant dépendre le sort de tout le bureau du Front de la position des membres de leur clan, Ping et ses dissidents, mieux que toutes les démonstrations, ont résumé par eux-mêmes le modèle de démocratie qu’ils ont voulu instaurer à la gouvernance du Front. Et qu’ils proposent forcément au pays. Expression parfaitement achevée de l’égocentrisme, les dissidents l’ont étalé dans toute sa longueur, à travers huit thématiques.

C’est cela qui donne tout son sens au programme qui est vanté aux Gabonais, leur faisant croire que le pays tout entier, qui croule sous la misère, passera automatiquement à l’abri du besoin, à partir de la seule aisance personnelle de Jean Ping. En plus de la ressemblance quant aux procédures, l’on constate une drôle de ressemblance quant aux hommes qui animent ce courant. ’’commente le journal Echos du Nord.

‘’L’absence de l’ancien maire de Libreville, dans l’entourage de Jean Ping lors de la tournée dite républicaine de ce dernier à travers la province de l’Estuaire en décembre dernier, avait déjà intrigué plus d’un observateur de la scène politique gabonaise actuelle. Le propos plutôt ferme, de l’ancien très proche collaborateur d’Omar Bongo Ondimba sur ses terres de Lalala a achevé de creuser le fossé abyssal qui sépare désormais les deux hommes.’’, fait remarquer le journal Matin Equatorial.

‘’Avec Myboto, Oye Mba, Kombila, Bengone-Nsi, Moukagni Iwangou contre lui, Jean Ping doit désormais compter avec un Jean-François Ntoutoume Emane en face de lui. L’ancien président de la Commission de l’Union Africaine, peu populaire à Omboué, n’a pas fini de compter les écueils qui jalonneront son chaotique parcours vers le pouvoir de ses parents maternels.’’ Prédit le journal Matin Equatorial.

 

‘’Le disque est rayé’’, ricane à son tour le journal le Douk-Douk.

‘’La pauvreté de l’offre politique des leaders de l’opposition dont le discours en dehors des insanités et des appels à l’insurrection, désespère et désengage de plus en plus de gabonais qui se rendent douloureusement compte aujourd’hui que sans André Mba Obame, l’opposition est condamnée. Le piètre spectacle que les leaders de l’opposition offrent aujourd’hui en s’entredéchirant sur des questions annexes bien loin de celles stratégiques liées à la gouvernance et au projet alternatif que l’opposition doit présenter, pour montrer leur capacité à gérer l’Etat.’’, s’insurge le journal Le Douk-Douk.

‘’Parce que contrairement à toutes les élucubrations auxquelles ils se donnent à cœur joie au cours des meetings qu’ils organisent, poursuit le journal, une grande majorité de gabonais savent que l’exercice de la fonction suprême n’est pas un jeu et qu’il ne suffit pas de faire de l’inflation verbale sur des sujets qui ne se situent pas et ne fixent pas le citoyen sur les différences fondamentales qui existeront entre aujourd’hui et demain.’’, fait observer le journalLe Douk-Douk.

‘’A moins de sept mois de l’élection présidentielle, le discours de l’opposition reste malheureusement rivé sur des questions d’ordre personnel. La bande qui accompagne Jean Ping et tous les autres groupes de l’opposition ressassent à longueur de temps la même rengaine, à défaut, ils scrutent scrupuleusement tous les faits ou déclarations des hommes politiques français pour se gargariser et les présenter comme des signaux envoyés par la France pour signifier son choix.’’, constate le journal Le Douk-Douk

‘’Et patatras ! Tout est bien qui finit…mal ! Se réjouit le journal L’Aube. ‘’L’histoire de l’opposition gabonaise est un éternel recommencement.’’, rappelle le journal.‘’Le Front vient de voler en… « Lambeaux du landernau gabonais ». Signe d’une classe politique dont l’ego est la matrice. Fallait-il croire au miracle d’une unité de façade ? S’interroge le journal L’Aube.

‘’Le Front, n’ayons pas peur des mots, accumule plusieurs faiblesses. Sa première grande faiblesse est culturelle. Le Front s’est bâti sur le principe anglo-saxon du gentlemen agreement, autrement dit le respect de la parole donnée sans contrat écrit. Les signataires se sont mis d’accord que ce regroupement devait fonctionner sur la bonne foi des uns et des autres, sur la base du respect mutuel, sans que personne ne force la main à l’autre, sans que personne n’ait le moindre doute sur la sincérité des uns et des autres à atteindre l’objectif communément défini. En conséquence donc de cette énorme certitude de confiance commune entre les bâtisseurs, les démarches administratives pour le faire reconnaitre ont été lâches et même négligées au point de ne jamais se poser en priorité. Malheureusement, cette confiance mutuelle va brutalement disparaitre dès la mise à jour des calculs sous-marins des uns à entrainer les autres dans une logique de soumission et d’accompagnement naturel par le fait majoritaire non prévu.’’, Analyse le journal L’Aube.

‘’Les petites élections sont le reflet des grandes. Si l’opposition n’a pas pu s’en sortir dans les petites élections dans la très grande majorité des localités du pays, pourquoi prétendra-t-elle gagner les grandes ?’’, s’interroge pour sa part le journal La DOC.‘’Comment des politiques qui ne sont pas capables d’avoir une élection dans leurs villages peuvent-ils prétendre être capables de gagner une élection présidentielle ? Enfin, vu que tout le monde accepte les élections du PDG dans plusieurs localités du pays, comme celle du canton Kyé, pourquoi et comment justifier les prétendues fraudes du PDG dans ces localités à la présidentielle ?

Ceux qui prédisaient l’écroulement du parti d’Ali doivent désormais se rendre à l’évidence qu’ils devront compter avec lui dans la perspective des prochaines consultations électorales. N’en déplaisent aux cassandres qui doivent désormais revoir leurs stratégies de conquête du pouvoir. Un pouvoir qui semble leur échapper chaque jour un peu plus.’’, conclut le journal La DOC.

 

 

 


L\’Agitateur

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