La presse gabonaise lue par l’Agitateur : L’état de santé d’Ali Bongo et la vacance du pouvoir

vendredi 23 novembre 2018 Speciales


Alors qu’il est depuis un mois absent du pays pour cause de maladie, la question de la vacance du pouvoir d’Ali Bongo Ondimba devient l’objet de toutes les spéculations. Surtout après l’ajout par la Cour constitutionnelle d’un alinéa à l’article 13 de la Constitution, qui a autorisé le Vice-président de la république, Pierre Claver Maganga Moussavou, à présider un conseil des ministres au titre d’indisponibilité temporaire du président de la république. L’opposition qui s’est jusque-là calfeutrée dans l’anonymat est sortie de sa réserve pour bondir sur l’occasion. La presse locale en fait ses choux gras.

«  Y a-t-il en ce moment, ou y aura-t-il prochainement vacance de pouvoir au Gabon  ? ». La question est posée par Nku’u le messager, qui fustige en même temps l’attitude de certains leaders de l’opposition qui, plutôt que de s’en tenir à l’article 13 de la Constitution qui confie, à titre provisoire les rênes du pays à la présidente du Sénat pour l’organisation d’une élection présidentielle, préfèrent se perdre en conjecture pour prétendre que c’est Jean Ping qui deviendrait de facto président de la République en cas de vacance définitive du pouvoir. Et cela au motif que c’est lui qui aurait été élu en 2016. Pour Nku’u le messager, cette procédure, si elle était actée, serait contraire à la Constitution. Il ne s’agirait là ni plus ni moins que de l’opportunisme.

Opportunisme de l’opposition, c’est aussi ce que pense Le Patriote, qui affiche en Une : "Absence du Chef de l’Etat pour maladie : Les extrémistes préparent un coup". «  Les spéculations faites autour de l’état de sante d’Ali Bongo  », écrit Le Patriote, « donnent lieu à une multitude de perspectives imaginaires. La question de la vacance du pouvoir en cas du non-retour du chef de l’Etat est au cœur des débats et alimente la psychose. Et si l’on y arrivait finalement ?  », s’interroge l’hebdomadaire pour qui, il faudrait s’en remettre à la Constitution qui prévoit une élection présidentielle au cours d’une transition assurée par la présidente du Sénat. Toute autre issue est assimilable à un coup d’Etat.

"Mborantsuo-Milebou : Anguille sous roche ?"

C’est l’interrogation en Une du journal Le Temps pour qui, « il est de notoriété que le président de la Cour constitutionnelle, Marie Madeleine Mborantsuo, et le président du Sénat, Lucie Milebou Aubusson, n’entretiennent pas des relations cordiales  ». Le Temps qui affirme que « ces deux femmes ne pourraient jamais passer des vacances ensemble » car « au fond, c’est peut-être parce que la Sénatrice de Fougamou a développé une certaine indépendance vis-à-vis de sa congénère qu’elle est écartée  ». Entre les lignes, le journal écrit que le fait que la Cour constitutionnelle n’ait pas reconnu jusque-là la vacance du pouvoir, prouve à quel point la présidente de la Cour serait opposée à ce que cette vacance déclenche une transition qui pourrait profiter à la présidente du Sénat, qui, du fait de ses affinités avec l’opposant Jean Ping et le président congolais, Denis Sassou Nguesso, pourrait faciliter l’avènement au pouvoir de l’ancien président de la commission de l’union africaine. Surtout que le président congolais est soupçonné de soutenir depuis Jean Ping et s’active dans les coulisses pour lui faciliter les choses au cas Ali Bongo Ondimba ne revenait pas.


L’Agitateur

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