La presse gabonaise lue par l’Agitateur : l’arrestation de Seydou Kane et Jean Ping en tournée à l’intérieur du pays

mardi 1er décembre 2015 Speciales


Deux sujets font la une de l‘actualité traitée la semaine écoulée par la presse gabonaise. D’abord les différentes excursions de l’opposant Jean Ping à l’intérieur du pays et la brève interpellation de Seydou Kane à Paris en France.

« Après l’arraisonnement de son avion au Bénin avec à l’intérieur des nanas de joie et de nombreuses devises il y a quelques années, après l’immobilisation de son avion en France, après l’humiliante arrestation de son directeur de cabinet en France et sa garde à vue, enfin après l’arrestation à Paris, la semaine dernière, de l’homme d’affaires et multi-diplomate Seydou Kane sans oublier la décision rendue par le tribunal de Nantes sur son état civil, Ali a fini par se convaincre que c’est lui qu’on veut atteindre suite à son entêtement, contre vents et marées, de garder l’imam du voudou au Gabon comme le président-bis de notre pays », commente le journal Le Mbandja.

« Il est persuadé que le vaudou et autres bouffonneries prétendument mystiques le préservent de tout mal, renchérit l’hebdomadaire La Loupe, mais il n’est quand même pas aveugle au point de ne pas voir que ses « magiciens » ouest-africains n’arrivent pas à se sortir de leur propre pétrin. Ali Bongo peut croire à l’irrationnel pour éviter de regarder la réalité en face. Mais ce qui est surtout irrationnel, c’est que cet homme qui est à la tête de notre pays ne se demande pas pourquoi Maixent Accrombessi et Seydou Kane n’ont pas réussi à envouter et mystifier les policiers et magistrats français qui leur collent aux fesses depuis un moment », ricane le journal.

« Dans tous les cas, poursuit La Loupe, au-delà de ces considérations fumeuses, il y a la réalité politique. Et en la matière, il est des signes qui ne trompent pas. En l’espace de quelques mois, la France a laissé saisir l’avion et l’hôtel particulier d’Ali Bongo. Elle a également procédé à l’arrestation spectaculaire- en plein aéroport- de deux très proches d’Ali Bongo. Dans le même temps, la justice française le contraint à clarifier son état civil. Face à un tel tableau, toute personne « normale » et sensée aurait déjà compris le message : la France l’a lâché ! », conclut le journal.

« En revendiquant l’attentat judiciaire à travers lequel elle a pris en otage notre compatriote Seydou Kane, la France vient d’inventer et de lancer le terrorisme judiciaire international » fait remarquer le satirique La Griffe.

« On le sait, poursuit le journal, le but n’est pas de jeter Seydou en prison. Le but est de retenir en otage car s’ils avaient vraiment voulu le mettre en prison, ils l’auraient fait le jour même de son interpellation. A l’évidence, c’est le grand fantasme que viennent de créer les vieilles reliques qui faisaient la pluie et le beau temps de la France Afrique et qui attribuent la perte de leurs positions dominantes d’antan, à l’entourage du chef de l’Etat. Aidés par leurs derniers relais judiciaires en France, ils viennent ainsi de lancer cette ultime bataille qui consiste à monter des scandales judiciaires pour ainsi pousser Ali Bongo Ondimba à se débarrasser de ses collaborateurs », analyse le Griffe.

Seydou Kane a été entendu par la justice française. Le sujet a fait grand bruit et alimenté les colonnes des journaux.

« La future visite de l’ex-président de la commission de l’Union Africaine dans la province du Haut-Ogooué a amené l’un des principaux organisateurs de ce voyage, à savoir le président du 7MP, à dresser une double correspondance au ministre de la Défense et à son collègue de l’Intérieur. Pour Joël Ngoueneni, c’est une manière de mettre les pouvoirs publics en face de leurs responsabilités, car depuis qu’elles ont commencé, les tournées de Jean Ping à l’intérieur du pays donnent souvent lieu à des comportements d’une époque que l’on croyait révolue. », fait remarquer le journal La Loupe

« Des rumeurs persistantes font état de ce que certains ministres auraient entrepris de « saboter la tournée de Ping ». Non pas pour faire plaisir à Ali Bongo, mais au contraire pour nuire davantage à l’image de ce dernier. Dans la course à la présidentielle, « Mao » comme l’appelait Omar Bongo, veut se donner les moyens de rallier cette contrée difficile à sa cause. Cette province est de loin la plus peuplée du pays puisqu’elle rassemble, à elle seule, la moitié de la population du pays. Plus de 662 mille habitants. Un véritable bastion électoraliste. La tâche sera surement difficile, mais surement pas impossible. », prédit le journal.

« Les populations du 2ème siège de l’Ogoulou ne voudraient pas rester en marge de l’actualité politique du moment. C’est pourquoi, elles aussi se préparent à réserver un accueil digne d’un héros à l’ancien président de la Commission de l’Union Africaine lors de sa tournée républicaine dans la contrée par une très forte mobilisation et une grande démonstration de force comme dans le Woleu-Ntem , la Nyanga et les autres provinces qu’il va visiter », note le journal Le Mbandja

« Comme on peut le constater, le candidat autoproclamé du front à l’élection présidentielle de 2016 est en pré-campagne, cela ne souffre d’aucun doute. Constate le satirique La Griffe qui poursuit : « Depuis plusieurs mois, l’homme multiplie les parades dans l’hinterland, à la tête d’une délégation composée d’anciens barrons du PDG passés dans l’opposition pour des raisons d’égo et de bouffage dolétique. La vérité dans cette démagogie est que les personnes approchées, conscientes du mauvais cœur de Jean Ping, qui ne leur a jamais accordé la moindre attention par le passé, sa présence parmi eux et surtout ses prétentions par rapport à leurs conditions existentielles, traduisent une certaine duperie qui ne trompe vraiment personne là-bas à Koula-Moutou en particulier et dans l’Ogooué-Lolo en général.

 

 

« Ping inscrit Oyem sur la liste des villes à incendier », indique le journal Le Douk-Douk.

« Les choses ne s’arrangent décidément pas pour Jean Ping, l’enthousiasme des premiers jours cède la place petit à petit à de la paranoïa, la situation vire au drame, les uns après les autres les amis de Ping quittent la barque. », observe le journal.

« Les indiscrétions filtrées dans l’entourage de l’édile d’Oyem laissent entendre que ce dernier aurait décidé de quitter l’équipe de campagne de Jean Ping. Renchérit le journal. Et pour cause, toujours selon ces sources, Ping aurait promis aux woleu-ntemois en cas de victoire, le poste de vice-président de la République. Seulement voilà, Vincent n’est pas homme à attendre, il aurait demandé à Ping de lui signifier vers qui il portait sa préférence ce d’autant plus que la liste des prétendants ne cesse de s’allonger. La même source avoue ne rien comprendre à la démarche de Ping, qui tient exactement le même discours à l’endroit des autres communautés, il semble même témoigner un plus grand intérêt pour certaines personnalités de la majorité. Informé des nouvelles postures de Vincent Essono Mengue, Ping a chargé Tsé Tsé Ndemezo’o Obiang René et sa bande de djihadistes d’inscrire Oyem sur la liste des villes qu’il va incendier », nous apprend le journal.

« Le néo-opposant a dû reporter sa dernière sortie politique prévue le 14 novembre 2015 à la place des fêtes de Koula-Moutou, les membres du Club de réflexion d’action citoyenne (CRAC), dont le cheval de bataille est le soutien inconditionnel à Ali Bongo, ayant eu la bonne idée d’occuper le terrain le même jour pour leur activité. », indique La Tribune du Grand Sud.

« Le néo-opposant n’a eu d’autre choix que de se défiler. Il s’est fondu dans la nature, ne laissant aucune trace. Jean Ping et sa suite du Front de l’opposition composée de ses sbires engagés comme Leonard Adjembet, Joel Ngoueneni du 7MP et de René Ndemenzo’ Obiang avaient réapparu seulement le dimanche 15 novembre 2015. L’opposition avait donc renvoyé d’un jour son meeting qui était pourtant prévu plusieurs semaines avant. Comme quoi, le CRAC aura remporté la bataille du terrain. », conclut le journal.

« Nous sommes incapables certes de toute sympathie à l’endroit de la tronche de Ping parce qu’il fait partie, à nos yeux, de la caste des vilains garçons ayant mis ce pays en coupe réglée. Mais lorsque le pouvoir use de raccourcis antidémocratiques et sauvages pour fragiliser un adversaire, nous ne pouvons rester indifférents malgré nos divergences car ce sont les règles du jeu démocratique dont nous sommes de vaillants militants qui sont mises à mal. Et cela est inacceptable si nous voulons sauver notre jeune démocratie. A force de méthodes aussi brutales dignes de dictatures tropicales, le pouvoir, sans le savoir, donne du crédit à Jean Ping qui crie désormais à la victimisation. », regrette le journal La Nouvelle République.

 

 

 

 


L\’Agitateur

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