La presse gabonaise lue par l’Agitateur : l’Appel au dialogue d’Ali

mardi 4 octobre 2016 Speciales


Après plusieurs semaines d’hibernation, la revue de la presse gabonaise est de retour. La presse parue la semaine écoulée a consacré une place de choix à l’Appel au dialogue et à la main tendue lancé par le chef d’Etat gabonais Ali Bongo Ondimba.

‘’Aimer que soit la pilule aussi difficile à avaler soit-elle, Jean Ping, qui a fait plus qu’on ne l’attendait le 27 aout dernier, devrait donc, au risque de courir l’isolement par la désertion progressive de ses soutiens, se résoudre à regarder la réalité en face et chausser les « godasses » à sa pointure. « Camarade », la messe est dite et la communion de la « purification » disponible. Il n’y a pas de honte à négocier.’’ Estime pour sa part le journal La Sagaie.

‘’Une sagesse bien de chez nous conseille, poursuit le journal, qu’ ‘’ on ne rejette pas un appel, mais son contenu. Il se trouve qu’Ali Bongo fait non seulement appel, mais a aussi communiqué le « contenu » du prochain tour de table. Alors « camarade », on fait comment ?’’ S’interroge le journal.

‘’Dialogue politique : Comme un gros piège « émergent’’, soupire l’hebdomadaire Le Temps.
‘’Il est clair, au regard de leur poids insignifiant sur l’échiquier politique et de leurs maigres scores obtenus lors de la dernière présidentielle (- de 1% des suffrages exprimés) que lorsqu’Ali Bongo parle de « Contacts », qu’il ne s’adresse aux quelques aventuriers qui, sans réelle base politique, ont été candidats à cette élection. Ici, les contacts dont il est question, sont surtout ceux de quelques soutiens de Jean Ping.’’ Analyse le journal.

‘’A tous ceux qui trouvent, à l’heure actuelle, opportun un dialogue politique et une entrée dans un quelconque gouvernement d’ouverture, sans réels préalables, sachent qu’ils se gourent. Et que l’appel d’Ali Bongo ressemble fort bien à un piège. Et pour cause : qu’on se souvienne des multiples accords (Accords de Paris, Accords de d’Arambo…) signés entre temps. Ils n’ont jamais permis de régler les problèmes d’organisations d’élections libres et crédibles au Gabon, mais ont plutôt discrédité tout opposant qui a cru naïvement à une amélioration des institutions chargées de gérer les élections. Vigilance !’’, tempête le journal Le Temps.

‘’Selon la Cour constitutionnelle, rapporte l’hebdomadaire Echos du Nord, Ali Bongo a gagné, haut la main, l’élection présidentielle de 2016. Les résultats sont là qui l’attestent. Fort de cette réalité, le vainqueur ne devrait normalement se faire aucun souci pour gouverner. Aujourd’hui, plus qu’hier, rien ne devrait le gêner aux entournures. A la différence de 2009, il a, cette fois-ci, pour lui et la légitimité populaire et l’estampille légale. C’est, enfin, un président « bien élu ».’’ Ironise le journal.

‘’Alors, poursuit le journal, à quoi tient-il, en dépit de ces données et en contradiction avec la volonté « clairement » exprimée par cette « majorité » de Gabonais qui l’ont choisi et lui ont fait confiance, qu’il veuille, pour mettre en œuvre son projet et uniquement celui-là, appeler à gérer avec lui l’opposition qui, toute la campagne durant, a rejeté et continue de rejeter la vision qu’il propose du Gabon, pour les sept ans à venir ?’’, s’interroge le journal.

‘’’Comment Ali peut-il faire appel aux traîtres de la République pour développer ensemble un pays dont l’économie sera exsangue dans 2 mois. Comment faire appel à Jean Ping qui a vendu la mine de fer de Bélinga à ses frères Chinois ! Comment faire appel à l’opposition lorsque nous savons tous que pour ceux des opposants qui composent la coalition de Jean Ping et qui l’accepteraient ne seront que des complices du mal élu et reconnaitront de facto les différentes forfaitures dont le dernier en date est le déni de droit quantifié par la Cour constitutionnelle au profit d’Ali Bongo ?’’ Renchérit le journalLe Nganga. ‘’Répondre positivement à cet appel signifie simplement que les nombreux compatriotes tombés sous les balles des mercenaires n’ont aucune circonspection et que participer à ce gouvernement concoure, loin s’en faut à la véritable trahison du peuple qui a voté pour le changement et la rupture.’’ ; clame le journal.

‘’Le noyau dur de l’opposition regroupée autour du candidat malheureux à la dernière présidentielle résoudra-t-il d’ici là, malgré la surenchère de Jean Ping qui commence par lasser de quelques-uns et pas des moindres, à répondre positivement à l’appel du chef de l’Etat pour entamer le processus de remise à plat de certaines dispositions de la loi fondamentale, du code électoral et du mode de fonctionnement de certaines institutions qui fâchent’’ ?, s’interroge à son tour le journal Matin Equatorial.

‘’La main tendue d’Ali Bongo devrait donc, renchérit le journal L’Objectif, être saisie par ses protagonistes pour qu’ensemble une nouvelle page de l’histoire gabonaise soit écrite et que le Gabon s’inscrive résolument sur la voie de la véritable démocratie, afin qu’un développement harmonieux du pays suive. Et les layons de ce conclaves tel que tracés par le chef de l’Etat devraient aboutir à une nation aux fondamentaux démocratiques solides et respectables dont les lendemains électoraux ne seront plus sujets à des vives constatations, sources de conflits latents et permanents.’’ Conclut le journal.


L’Agitateur

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