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La presse gabonaise lue par l’Agitateur : l’acte de naissance encore décrié d’ABO

lundi 15 février 2016 Speciales


L’allusion faite par le chef de l’Etat à Franceville, lors du lancement du projet Graine, au sujet de la polémique née autour de son acte de naissance, alimente les colonnes de journaux gabonais.

« Pour ne pas laisser se propager de telles habitudes pernicieuses et afin d’éviter que les Gabonais ne soient gagnés par les idées de ‘’ jurisprudence Ali’’ que les oiseaux de mauvais augure véhiculent ces derniers temps, suggère le journal La Loupe, il faudrait attaquer le mal par la racine. En d’autres termes, les rocambolesques aventures d’Ali Bongo « nous interpellent tous et nous indiquent clairement que la destitution du président de la République devient une nécessité absolue ». Sa forfaiture est constituée d’un enchainement d’actes délictueux articulés avec la bienveillante complicité des institutions régaliennes à la seule fin de devenir président : établissement d’un faux acte par un officier non habilité, déclaration sur l’honneur entachée de mensonge auprès des instances devant valider sa candidature, mystification et tromperie de l’électorat pendant la campagne présidentielle. Et le clou de ce « grand banditisme politique » : la violation de son serment prêté devant Dieu et devant les Hommes en connaissance de la supercherie qu’il a magistralement emballée dans son parjure final. », tempête le journal La Loupe.

« Face à ce CV qui ressemble davantage à celui d’Al Capone qu’à celui d’un démocrate en herbe, poursuit le journal, il est vraiment curieux que certains aient décidé d’aller aux élections dans des conditions largement favorables à une répétition de l’imposture, de la forfaiture et du parjure d’Ali Bongo », conclut La Loupe

« Il devrait partir et ne pas nous conduire au pire », renchérit Echos du Nord. « Nous sommes désormais à plus de trois actes de naissance. Celui de 2009, qui n’a pas été retranscrit à la bonne mairie, celle du 1er arrondissement de Libreville. Un faux. Celui que le quotidien français « Le Monde » fit apparaitre dans ces colonnes, officiellement établi à Brazzaville, n’est même pas signé, entre autres irrégularités, par l’officier d’état civil, pourtant mentionné sur le document, Dominique Ngalakanda. Détail de détail, Me Moutet nous rappelle que Ngalakanda ne se trouvait pas à Brazzaville à cette période-là. Encore un faux. Ce qui a d’ailleurs fondé l’exigence d’Onaida Maisha Bongo Ondimba auprès du tribunal de Nantes, désormais en possession de Me Moutet, vient contredire tous les actes précédents. », fait remarquer Echos du Nord. « Même si les déclarations de cette coalition ont l’apparence de vœux pieux, elles sont indiscutablement porteuses de vérités qui tombent sous le sens. Outre, en effet, que son initial faux en écriture lui barrera le chemin quel que soit l’authentique acte de naissance qu’il produise, renchérit le journal Moutouki, la répression qu’Ali Bongo préparerait pour mater la contestation de son coup d’état à venir lui ôtera toute légitimité. En un mot, le destin du président de la République se poursuivra ailleurs qu’à la présidence de la République. Pour faire simple, Ali Bongo se trouve dans une impasse : ou bien il joint à nouveau dans son dossier de candidature la pièce nulle et irrecevable signée par Akassaga, auquel cas sera automatiquement invalidée ladite candidature. Ou bien, il choisit dans sa collection illimitée de pièces d’Etat civil un acte de naissance différent, et confirme par là la démarche délictueuse de 2009. Il est donc impossible qu’Ali Bongo soit candidat à l’élection présidentielle de cette année. A l’impossible nul n’est tenu. Surtout pas l’enfant-roi. » analyse le journal Moutouki.

 

 

« L’opposition gabonaise, qui a déjà fait, mais peut-être pas assez, la communauté internationale également, ne sauraient faire l’économie de la réflexion sur le danger que représente pour le Gabon les constants appétits de sa petite majesté pour le pouvoir. Et la présence d’ABO au prochain scrutin représente justement le déclenchement du pire. A elle toute seule, l’officialisation de sa candidature sera l’étincelle qui pourrait mettre le feu à la plaine. Un casus belli. Car, en représentant, ABO délégalisera l’accès à la magistrature suprême dans notre pays. Le Gabon entrera dans une zone de non droit. » Analyse le journal.

 

« Et Ali Bongo Ondimba aura reçu trop de coups de la part de ses adversaires politiques ». Relève Matin Equatorial. « A ceux-là qui espèrent le mettre hors-jeu en entretenant la polémique sur son acte de naissance, il a récemment répondu sans sourciller en paraphrasant Omar Bongo Ondimba : « le chien aboie, la caravane passe ». Estime pour sa part le journal Matin Equatorial.

« Que chacun propose son projet de société au lieu de s’attaquer tous les jours au problème d’acte de naissance du chef de l’Etat comme si c’est ce qui va régler les problèmes des Gabonais. Tout porte à croire que ces opposants ne veulent pas du bien des Gabonais et que ce qui les intéresse, c’est de revenir aux affaires pour continuer à piller les richesses du pays et se remplir les poches. Sinon, qu’ils nous disent ceux qu’ils veulent faire pour nous au lieu de nous distraire avec des histoires ridicules. Pour plus d’un, l’idéal est de construire un débat électoral sur des actions concrètes réalisables pour le développement du pays, au lieu de l’empêcher en focalisant l’attention sur l’acte de naissance. » Regrette Matin Equatorial

 

« Alors qu’une grande marche de soutien vient d’être organisée à Franceville par les hauts cadres de la province, qui n’ont pas hésité à affirmer que leur chef c’est Ali Bongo Ondimba et que le toucher, « c’est toucher les Altogovéens », le président de la République a profité de cette étape de lancement du programme Graine, pour régler quelques comptes à ses détracteurs, surtout à ceux qui, dans le Front uni de l’opposition pour l’alternance viennent d’appeler à sa destitution du fait du litige lié à son acte de naissance. », relève le journal La Sagaie.

 

 


L\’Agitateur

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