La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Jean Ping en quarantaine ?

vendredi 26 janvier 2018 Speciales


L’interdiction de sortie du territoire signifiée à l’opposant Jean Ping, le 11 janvier dernier, par la police de l’air et des frontières, parce que cité comme témoin dans une affaire en instruction, alors qu’il s’apprêtait à quitter le Gabon pour la France, alimente les colonnes des journaux parus la semaine dernière.

« Pourquoi BOA a tant peur de Jean Ping ? », le journal Le Mbandja s’interroge. « Alors que le président Jean Ping devait se rendre à l’étranger dans la soirée du samedi 11 janvier dernier par vol Air France, grande a été sa surprise d’entendre qu’il ne peut pas quitter le territoire national au motif qu’au dernier moment il serait devenu un ‘’témoin’’ clé dans l’affaire de l’arrestation de plusieurs compatriotes. Voici donc le crime qu’aurait commis Jean Ping. Il s’agissait simplement d’empêcher un seul individu, qui jouit de ses droits civils et politiques, qui n’est pas cité en tant que suspect, mais comme simple témoin à entendre par un juge d’instruction aux ordres du régime comme c’est souvent le cas de voyager ; un individu qui a été élu président de la République par les Gabonais et donc appelé à commander ce pays », analyse Le Mbandja.

Le journal Echos du Nord de son côté se lance dans des révélations fort troublantes : « Jean Ping et d’autres opposants visés par un plan d’empoisonnement. Le régime despotique d’Ali Bongo est prêt à tout pour conserver le pouvoir usurpé depuis plus de huit ans déjà. Après avoir vainement tenté de régler la crise postélectorale née de son imposture, il aurait décidé de faire empoisonner ses farouches contempteurs. Il se serait déjà procuré des substances mortelles dans les pays passés maîtres dans l’art de l’élimination par produits chimiques. En tête des personnes que le pouvoir tient absolument à occire figure Jean Ping, le vrai vainqueur de l’élection du 27 août 2016 », révèle le journal.

« Il faut sauver le soldat Jean Ping, il s’est avancé loin dans les lignes ennemis. Il se trouve dans la zone rouge », plaide le journal Le Temps. « Empêcher Jean Ping de se déplacer à l’étranger apparaît (donc) comme un test pour savoir jusqu’où pourront aller les soutiens du président élu par les Gabonais en 2016. Jusqu’où iront l’ONU, l’Europe, la France, mais, surtout, les Gabonaises et les Gabonais. Pas seulement ceux qui ont voté Ping. Mais également tous ceux qui ne croient plus aux mascarades électorales du système Bongo et qui, depuis longtemps, ont décidé de ne plus voter. Les partis et autres associations, membres de la Coalition, savent parfaitement qu’ils doivent bien prendre conscience que la dictature des Bongo peut aller bien plus loin qu’un empêchement de voyager. Ne laissons pas Jean Ping seul dans la situation actuelle », soupire le journal Le Temps.

Le Journal L’Aube qui s’intéresse à la poudrière togolaise, se lance dans une approche comparative : « Le temps est compté pour les dictatures de l’Afrique centrale qui asphyxient leurs peuples respectifs. Pour le Togo, il est évident que l’activisme de l’opposition et de la société civile feront plier Faure Gnassigbé. Mais le peuple doit maintenir cette pression populaire qui n’existe pas au Gabon », rumine le journal L’Aube.


L’Agitateur

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