La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Jean Ping aux oubliettes ?

samedi 1er septembre 2018 Speciales


Après avoir fait de l’ombre au régime de son rival Ali Bongo Ondimba durant les mois qui ont suivi la présidentielle contestée de 2016, l’ancien candidat de l’opposition, Jean Ping est presque tombé dans l’oubli. Alors que ses partisans, du moins ce qu’il en reste, ont commémoré vendredi 31 août dernier les événements du 31 août 2016 à son quartier général, la presse locale revient abondamment sur le sort d’un opposant au bord de la marginalisation politique.

"Un homme sans boussole axiologique", affiche sur toute la largeur de sa première page, le journal La Une. « Il est vrai que face aux difficultés, certains sont parfois tentés de céder au découragement ou à la résignation. Cela est tout à fait humain  ». Selon La Une, « pour compréhensible qu’elle puisse paraître, cette attitude de renonciation n’a jamais rien réglé. (…) La résistance telle qu’elle s’entend au Gabon contre le régime cinquantenaire et criminel des Bongo, nécessite non seulement de la méthode et un minimum de sacrifices, mais également de la patience. Car aller doucement n’empêche pas d’arriver  ». Ce qui pour l’hebdomadaire est loin d’être le cas de Jean Ping qui semble avoir déjà abandonné.

"Le coup de grâce à la Coalition pour la nouvelle république". C’est le titre à la Une de Nku’u le messager très critique contre le groupe de Jean Ping qui refuse de capituler. « Décidément  », écrit l’hebdomadaire, « les élections législatives et locales vont être un véritable coup de grâce pour la coalition pour la nouvelle république (CNR). De plus en plus, rien ne va plus au bord de la piscine des Charbonnages. Les déserteurs deviennent de plus en plus nombreux, les jeunes générations de femmes et d’hommes politiques ne comprenant plus l’entêtement et l’obstination des caciques du PDG, devenus des résistants ultrarévolutionnaires à pratiquer la politique de la chaise vide. Peut-être parce que ces derniers se sont-ils assagis ».

Une analyse appuyée par La Nouvelle République qui affiche, elle aussi d’un ton très critique, un "Jean Ping réduit au service minimum". « Tombé dans l’anonymat depuis des mois, l’ancien candidat de l’opposition à la dernière présidentielle, Jean Ping est enfin sorti du bois dernièrement, tandis que le débat sur le plan d’austérité gouvernemental empoisonne une société au bord de la faillite. Et malgré l’appel au sursaut patriotique qu’il lance aux Gabonais contre les imposteurs qui ont « conduit le pays à la ruine » à cause de la mauvaise gouvernance, la voix du rival d’Ali Bongo Ondimba apparaît de moins en moins audible devant l’insouciance presque résignée de la population, mais aussi de la confusion dans les rangs des syndicats  ». Il s’agit du service minimum d’un homme devenu tricard, c’est-à-dire le moins qu’il puisse faire. Sauf que la voix de 2016 ne porte plus en 2018, conclut La Nouvelle République.


L’Agitateur

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