La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Hommages à Ogoulinguendé et reports successifs des législatives

samedi 7 avril 2018 Speciales


La presse gabonaise parue cette semaine qui s’achève traite de sujets très éclectiques. De la perspective du boycott des élections législatives à venir prôné par l’opposition, en passant par les procès en Cour criminelle spéciale contre les délinquants financiers, jusqu’aux hommages rendus à l’opposant Jules-Aristide Bourdes Ogoulinguendé (JABO), éminent juriste gabonais, ancien président de l’Assemblée nationale mort à l’âge de 80 ans dans un établissement hospitalier de la place.

Pour le journal Ezombolo, « Ogoulinguendé était un brillant esprit, qui avait une haute idée de la République et sacralisait l’Etat. Malgré une susceptibilité parfois à fleur de peau, sa rigueur qui frôlait l’intransigeance, il était foncièrement démocrate. Malgré enfin ses nombreuses années passées en France, il était foncièrement traditionnaliste. C’est cet homme que le Gabon, et pas que l’opposition, vient de perdre. Il est parti avec tous ses secrets, car comme d’autres, il n’a pas écrit ses mémoires. Ce qui achève d’aggraver sa perte. » Soupire le journal Ezombolo.

« JABO comme Beltrame ! » Souffle le bimensuel La Nouvelle République qui, dans ses colonnes, a consacré une longue nécro à ce juriste de haut rang.
« S’il est des hommes au destin exceptionnel, poursuit le journal, le Gabonais Jules Aristide Bourdes- Ogoulinguendé et le Français Arnaud Beltrame, l’un magistrat et homme politique et l’autre, gendarme assermenté, qui viennent tous deux de quitter le monde des vivants, en font partie. L’on peut se demander pourquoi faire allusion à un sujet étranger de surcroît européen, mais nous répondrons simplement pour ne pas dire banalement à tous ceux que la comparaison offusque que ces deux personnalités qui ont été arrachées, il y a quelques lunes, à leurs contemporains ont bien des similitudes dans leur manière de concevoir la vie en ce sens que pour eux, plus que chez nombre d’entre nous, « autrui est un autre moi- même ».

Le journal Moutouki s’intéresse aux élections législatives dont il déplore les reports successifs.

« De report en report, fait remarquer le journal, la tenue des élections législatives dans notre pays est en train de jeter un supplément de discrédit sur le gouvernement de la République et les autres institutions de l’Etat. Personne au sommet de l’exécutif ne s’étant avisé de l’incongruité de cette situation, il est inconcevable qu’on ne puisse rapidement trouver des solutions- après le fameux dialogue d’Angondjé- pour doter notre pays d’une législature légitime. S’indigne le journal Le Moutouki.
« Comment, renchérit le journal, dans un petit pays d’à peine un million d’âmes, dont le quart est recensé sur les listes électorales, peut-il peiner à organiser les élections législatives, avec toutes les ressources dont il dispose ? S’interroge Le Moutouki.

« Pourquoi il ne faut pas boycotter ? S’interroge le journal Le Mbandja. La première leçon en est que l’appel au boycott des élections est une méthode infructueuse qui a montré ses limites plus d’une fois…Dans un cas, comme dans l’autre, il est indéniable que le boycott aura été un choix mitigé. Faut-il le rappeler, à toute fin utile, que les élections législatives de décembre 2011, boycottées par l’opposition, sont, jusqu’à ce jour, celles qui légifèrent malgré tout ? En d’autres termes, l’actuelle majorité PDG à l’Assemblée nationale est le fait du boycott des élections de décembre 2011 par l’opposition. Et n’est-ce pas ce parlement qui légifère jusque-là ? L’opposition gabonaise aurait-elle choisi la voie démissionnaire en s’auto-excluant du jeu politique national ? L’Assemblée nationale étant par excellence le lieu, la tribune de l’expression des différentes sensibilités politiques, voire sociologiques, en décidant de ne pas participer à l’élection législative, l’opposition gabonaise disposerait-elle de quel autre canaux d’expression porteuse ? » S’interroge le journal.

L’hebdomadaire Echos du Nord fustige les procès en Cour criminelle spéciale contre les criminels financiers. Le journal dénonce l’absence de preuves à charge.
« Montée à la hâte pour confondre les auteurs de détournements de deniers publics, après le tribunal mort-né de la répression de la délinquance économique et financière que devait diriger la très médiatique Sidonie Flore Ouwé, la Cour criminelle spéciale a-t-elle finalement pu trouver la moindre preuve de distraction de 1 milliard de FCFA de Ucet (unité de coordination des études et des travaux) par Blaise Wada ? En plus d’un an d’instruction, la juridiction d’exception y a éprouvé le plus grand mal. Elle comptait sur des témoins qu’elle a fait défiler à la barre lors de la deuxième audience, le 22 mars, après un renvoi jusque-là inexpliqué deux jours plus tôt. Peine perdue ! S’exclame le journal Echos du Nord.


L’Agitateur

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