La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Décryptage du discours d’Ali Bongo Ondimba…

mardi 29 août 2017 Speciales


La presse gabonaise parue la semaine écoulée a consacré l’essentiel de ses manchettes au discours à la nation du chef de l’Etat gabonais Ali Bongo Ondimba à l’occasion du 57ème anniversaire de l’indépendance du Gabon et à la formation de l’équipe gouvernementale.

« Le gouvernement annoncé par le président Ali Bongo Ondimba, lors de son discours à la nation le 16 août, a été rendu public (… ). Fort de 38 membres (…) contre 40 précédemment, il associe figures de la majorité et membres de l’opposition modérée, respectant ainsi les équilibres qui s’étaient dessinés lors du dialogue d’avril-mai. Le tout dans un jeu de chaises musicales qui voit plusieurs ministres déjà en poste changer de portefeuille. Douze personnalités font leur entrée ou opère leur retour », rapporte le journal L’Union.

Pour le journal La loupe, « Il faudra désormais s’appeler Bongo, Ndaot, Ndemezo’o Obiang ou Maganga Moussavou pour être promu au gouvernement ou dans la haute administration. Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, les Maganga Moussavou père et fils vont être assis, cote à cote, aux Conseils des ministres. Pour Ndaot, à défaut de nommer son épouse, il a choisi sa fille pour être au gouvernement, pendant que lui-même anime le Conseil national de la démocratie. Par ailleurs, avec la nomination d’un avocat à la Justice, le syndicat des magistrats est remonté. De même, l’opinion ne comprend pas la nomination de Madame Irène Patricia Boussamba Manguila entendue dans l’affaire Santullo. Mon Dieu, quel pays ! », tempête le journal La Loupe.

Gouvernement après dialogue

« La mise à l’écart du pouvoir des Dabany par les Bongo Ondimba confirmée ! », clame le journal Echos du Nord. « Un des nombreux enseignements à tirer de la formation du dernier gouvernement des putschistes, lundi, c’est la mise à l’écart du clan Dabany, représenté jusque-là dans la sphère du pouvoir par Jean Boniface Assélé et ses rejetons. Le cercle des libéraux réformateurs (CLR), le parti familial des Dabany, qui a été de tous les gouvernements de BOA, vient d’en être exclu. Le plus surréaliste c’est au moment où ses deux représentants, Nicole Assélé et Eloi Nzondo, avaient fait la démonstration qu’ils maitrisaient leurs sujets. La sortie définitive du CLR du pouvoir putschiste n’est donc que l’épilogue d’un feuilleton qui date depuis fort longtemps », constate le journal.

« Avec ce nouveau gouvernement, renchérit le journal Moutouki, il défie le peuple et toutes les logiques de bon sens à le défier. Mais ce gouvernement, pire que les précédents, ne va pas travailler », prédit le journal. « Les membres du Parti démocratique gabonais, notamment les femmes, les jeunes et les caciques seront les premiers à renifler leur colère au sein de leur écurie politique. Là où Amos Vivien Péa et Christelle Limbourg pouvaient espérer une mise en œuvre politique de l’égalité des chances, les mineurs PDGistes voient dans le gouvernement Issoze II une multi-récidive des régimes de privilèges dénoncés pourtant par Ali Bongo, lui-même fruit des privilèges héréditaires. La haute administration étant remplie de serviles serviteurs de la dynastie, nombreux parmi eux ne manqueront aucune diligence au travail d’un gouvernement qui n’est pas pour eux représentatif de « leur démocratie ». Le pays ne semble pas prêt à sortir de sa crise, surtout qu’il n’a pas soldé les différends électoraux », analyse le journal Moutouki.

Le journal L’AUBE, pour sa part, a consacré ses colonnes au 57ème anniversaire du Gabon. « L’indépendance des « actuelles-anciennes » colonies françaises est débattue depuis des décennies, par les juristes, politiques, politologues, sociologues, et autres penseurs, qui axent unanimement la réflexion sur la notion de la liberté. A l’occasion du 57ième anniversaire de l’accession de la République gabonaise à l’indépendance, la question s’est encore posée, amplifiée par la crise politique et économique qui voit resurgir le visage de la France. Dans les termes du débat, il s’agit de se demander si notre pays s’est affranchi de la tutelle de l’ex-puissance coloniale, apprécier les marges de cette liberté octroyée, évaluer ses fruits aux niveaux individuel et collectif. Pour faire bref, on va dire que le Gabon n’est pas indépendant, du moment qu’il n’est pas libre de choisir ses dirigeants. Et les faits sont là qui clament haut et fort que le peuple gabonais n’est pas indépendant, parce que subissant le joug d’un dirigeant qu’il n’a pas élu, et parce que ce dernier n’est qu’une marionnette-indocile certes-aux mains de la France », commente le journal L’Aube.

« 57 ans après l’accession du Gabon à la souveraineté internationale, où en sommes nous ? », s’interroge le journal La Griffe. « Au risque d’une redite, depuis 90, nous faisons du surplace. Nous croyons faire de la politique. Nous offrons un spectacle lamentable, loufoque, démentiel à l’étranger. Un homme politique qui, sans broncher, appelle la France, l’UE, à lui apporter des moyens pour prendre le pouvoir dans son pays, c’est le comble de l’humiliation. Nous ne sommes pas sérieux. Cette opposition-là n’est pas sérieuse. Cela dit, allez parler d’indépendance, de souveraineté et tout le reste à de pareils individus. Misère ! », s’indigne le satirique La Griffe.


L’Agitateur

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