La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Ali Bongo, le gouvernement, le serment et les doutes

vendredi 18 janvier 2019 Speciales


Le chef de l’Etat qui poursuit sa rééducation à Rabat au Maroc après un accident vasculaire cérébral survenu le 24 octobre dernier en Arabie Saoudite, est rentré dans son pays nuitamment le 15 janvier pour recevoir le serment des membres du nouveau gouvernement Nkoghe Bekale, formé quelques jours auparavant. Mais la cérémonie, interdite aux journalistes et l’apparition sur un fauteuil roulant d’Ali Bongo Ondimba, encore marqué par les séquelles de l’AVC alimentent, dans la presse locale, moult commentaires sur la capacité physique et intellectuelle du numéro 1 gabonais à assumer les charges de sa fonction présidentielle.

« Trois jours après sa nomination, le gouvernement Nkoghe Bekale s’est prêté ce 15 janvier à la cérémonie de prestation de serment devant le président de la république, Ali Bongo Ondimba. Il s’agissait, pour la nouvelle équipe gouvernementale, écrit Matin Equatorial, proche du pouvoir, « de respecter cette tradition désormais inscrite dans la constitution gabonaise, notamment en son article 15 qui dispose qu’ « avant leur entrée en fonction, les membres du gouvernement prêtent serment devant le président de la république en présence de la Cour constitutionnelle ». Loin du cérémoniel habituel, notamment la présence des médias audio-visuels, retransmission en direct via les chaines locales et les réseaux sociaux, c’est dans un décor sobre que la présidence de la république a abrité cette cérémonie ».

Cérémonie à huis clos

« On retient que qu’effectuée à huis clos et malgré une vidéo mal montée et diffusée quatre heures après la cérémonie, son caractère confidentielle a malheureusement rajouté aux doutes même chez certains émergents dont le retour à Libreville de leur Raïs avait un goût de soulagement. Soulagement qui a fait place à l’amertume. Cette cérémonie à caractère privé qui s’est déroulée en présence d’une cinquantaine d’officiels, telle une réunion d’une chambre secrète », écrit Le Mbandja, « a encore renforcé l’opacité autour de la réelle capacité d’Ali Bongo à assumer les devoirs de sa charge ».

Le débat est-il clos ?

Pas si sûr pour Le Moustique en colère qui enfonce le clou. « Ce gouvernement qui ne bénéficiera pas d’état de grâce est également mis en place au moment où le doute plane toujours sur l’état de santé réel ou supposé d’Ali Bongo dont certains de ses détracteurs sur place et hors du pays, remettent toujours en cause la capacité d’assumer ses hautes et importantes fonctions régaliennes  ». Et l’hebdomadaire proche de l’opposition de conclure : « nombreux sont en dehors du dernier cercle à se poser la question sur la régularité et surtout la légitimité des actes qui sont posés et seront posés par le gouvernement, voire certaines institutions de la république dans ce contexte. Et le nouveau gouvernement Nkoghe Bekale n’échappe pas à cette suspicion au sommet de l’Etat ».


L’Agitateur

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