La presse gabonaise lue par l’Agitateur

samedi 10 mars 2018 Speciales


Trois sujets ont été largement commentés par la presse gabonaise de la semaine écoulée : les réformes engagées dans le secteur de la Fonction publique par le ministre de tutelle, Jean-Marie Ogandaga, l’opération ‘’justice fiscale’’ lancée par la direction générale des impôts et la réquisition qui frappe la française Véolia, actionnaire majoritaire de la SEEG (51%), qui perd ainsi le contrat de concession qui la lie à l’Etat gabonais.

« Avec ses réformes, Jean-Marie Ogandaga veut tuer l’administration publique ! » S’exclame le journal Le Temps. « Ministre de la Fonction publique depuis octobre 2014 sous Ona Ondo, poursuit le journal, Jean-Marie Ogandaga n’annonce que des mesures marquées par des restrictions, des réductions, des soustractions. Le nouveau système des rémunérations (NSR) seule reforme positive et appréciée par les fonctionnaires, est en train d’être détricotée. Avec la suspension des recrutements et celle des avancements, ainsi que celle des reclassements après stage, Jean-Marie Ogandaga, qui suspend tout en ce qui concerne les carrières des agents publics, n’a-t-il pour unique objectif que de faire dégoutter les fonctionnaires de l’esprit ‘’service public’’ ? S’interroge le journal Le Temps.

« Ogandaga veut faire imploser le système Bongo ». Renchérit le journal le journal Le Mbandja. « Suppression des services rendus, décalage du paiement des salaires du 25 au 30 de chaque mois, précarisation du statut des contractuels gabonais de la Fonction publique…une réforme anti-sociale et anti-fonctionnaire portée par Ogandaga Jean-Marie, ministre de tutelle, lors du Conseil des ministres du 23 février 2018, mais qui pourrait, dans les jours qui viennent, déstabiliser le régime Bongo », commente journal.

‘’L’opération ‘’justice fiscale’’ lancée par la direction générale des impôts, fait des vagues. Le journal Le Temps donne le ton : « L’Etat veut mettre la pression sur les patrons d’entreprises ? S’interroge le journal. Depuis le lancement de l’opération ‘’justice fiscale’’, les entreprises qui sont jusque-là, très endettées à cause des impayés de l’Etat, se demandent encore quel est le bien fondé de cette opération, aux allures de règlement de comptes. Pour les patrons d’entreprises, le gouvernement, à travers la direction générale des impôts, voudrait mettre la pression sur eux, alors qu’ils réclament, depuis des années, le paiement de leur dette. Car, le contrôle des investissements réalisés par les entreprises aurait dû connaître un suivi permanent, dès la mise en place de cette mesure d’exonérations fiscales accordées aux entreprises. Des patrons d’entreprises qui pensent que le DGI serait à la recherche des espèces sonnantes et trébuchantes pour renforcer les caisses de l’Etat », rapporte le journal Le Temps.

Pour le journal Le Nganga, « l’opération ‘’justice fiscale’’ n’est pas un contrôle de routine. Il s’agit surtout d’une réaction de la part des autorités gabonaises qui sont critiquées de part et d’autre par les partenaires financiers tels que le Fonds monétaire international (FMI), qui choqués par le nombre important des exonérations à l’origine des grands manques à gagner dans les caisses de l’Etat. Aussi, il s’agit pour le gouvernement de mettre fins aux privilèges qui pénalisent les entreprises du même secteur n’ayant pas accès à ces mêmes avantages mais aussi et surtout de renflouer les caisses de l’Etat, grâce aux sanctions probables. » Explique le journal Le Nganga.

La réquisition engagée unilatéralement par les autorité gabonaise et qui frappe la française Véolia, le journal Ezombolo revient à la charge : : « Que la société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) soit accusée de tous les maux, notamment de l’incapacité de satisfaire ses clients, personne n’en doute…Mais ces manquements ne datent pas d’hier. Ils existaient déjà, avec acuité, il y a un an, lorsque le gouvernement, par l’intermédiaire de Guy-Bertrand Mapangou, alors ministre de l’Eau et de l’Electricité, avait décidé de reconduire, pour cinq ans, le contrat avec Véolia. Par son ministre Patrick Eyogo Edzang , Ali Bongo, à beau vouloir mettre en avant l’intérêt des populations dont pourtant il s’est jamais soucié depuis 2009 qu’il est au pouvoir, personne n’est dupe de savoir que les vraies raisons de ce court-circuit dans le contrat avec Véolia sont ailleurs ; qu’elles sont d’ordre politiques et relèvent d’un chantage de très mauvais goût aux autorités françaises », fait remarquer Ezombolo.

« Au sujet de l’avenir de cette société (SEEG) qui n’a pas encore de repreneur, et encore détenue à 51% par Véolia, renchérit le journal Le Nganga, les inquiétudes sont légitimes. L’Etat a pris un risque important en résiliant le contrat de Véolia sans qu’il n’y ait de repreneur. En outre, la méthode brutale employée peut apparaître comme un repoussoir pour certains investisseurs qui auraient pu être intéressées. Maintenant que l’entreprise a été réquisitionnée par l’Etat, on ignore quel sort sera réservé à ces personnes qui ont investi leur épargne en actions SEEG » relève le journal.


L’Agitateur

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