La mort des langues vernaculaires ?

jeudi 10 décembre 2015 Speciales


Que c’est triste ! Nos langues vernaculaires disparaissent peu-à-peu. Aujourd’hui, le français est à la mode, au point que dans de nombreux foyers, la langue de Molière est la seule à être employée dans les échanges. A l’école ou à la maison, la langue de la « Mère-patrie », la France prône en tête du peloton.

Faites le tour des maisons de la capitale gabonaise, un peu partout le constat est le même. La langue de Molière règne en « maître », dans les foyers, et ce, au grand dam des langues vernaculaires. D’ailleurs certains parents estiment que parler les dialectes locaux à leurs rejetons, est un crime de lèse-majesté. Et comme de nos jours, les enfants sont de plus en plus métis (sur le plan culturel et même physique), la tâche est bien ardue. Quel dialecte privilégier et transmettre aux générations futures ? C’est dire que le brassage interculturel n’a pas que des côtés positifs ! C’est du moins le constat dressé par les plus âgés. Les nouvelles générations éprouvent toutes les peines du monde à soutenir une conversation dans leurs langues vernaculaires et maternelles.

A qui la faute ?

Sans être linguiste de renom, disons simplement que les torts sont partagés. D’abord les parents ont démissionné à ce niveau. Complexe ou suivisme ? Dans tous les cas, le français est devenu la langue favorite des parents. Lesquels éduquent leurs enfants en s’exprimant en français.

Certains d’eux soutiennent que ce n’est que la suite logique du processus de socialisation, car disent-ils à l’école : « on parle français ». Donc pour ne pas perturber les enfants, il faut aussi utiliser le français à la maison. Discutable ! Toutefois, les parents ne sont pas les seuls responsables de cette lente et progressive mort de nos langues vernaculaires. Les enfants également ont aussi leur part de responsabilité. Ces derniers estiment que la culture est en déphasage avec les réalités politiques, socio-économique et culturelles de l’heure. 

Avec l’avènement des réseaux sociaux et autres technologies de l’information et de la communication, pourquoi se fatiguer à baragouiner des langues « mortes » ou presque ? Telle est leur perception. Bon nombre d’entre eux ne cherchent donc pas à s’enquérir du substrat ethnique et culturel, (pourtant l’âme de tout peuple). Ah, modernisme quand tu nous tiens ! A ce rythme, c’est tout le patrimoine immatériel, comme l’appelle nos amis anthropologues, qui est en passe de se volatiliser, au vu et au su de tout le monde.

Et dire qu’il a été démontré de façon empirique que les enfants parlant convenablement leurs dialectes ont plus de facilités à appréhender les langues étrangères. Peut-être que bientôt nos rites traditionnels disparaîtront puisque la transmission des connaissances se faisait dans nos langues locales. Mais bon, çà c’était avant…


YFI

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