La chronique de l’Agitateur : Supprimez cette subvention à problème !

mardi 29 mars 2016 Speciales


La presse gabonaise a consacré ses colonnes, la semaine écoulée, à l’épineuse question de la subvention destinée à la presse écrite privée. Cette subvention, véritable bouffée d’oxygène qui, comme les années précédentes, souffre de plusieurs distorsions du fait du mal fou qu’éprouvent les différents ministres de la Communication, à appliquer strictement les critères d’attribution tels que prévus par l’article 96 du code la Communication, chaque ministre ayant sa propre lecture de ces critères, décide selon ses humeurs du moment. Ci-bien que le résultat n’est plus que confusion pernicieuse au détriment de certains journaux pourtant éligibles !

Si les années précédentes le problème se posait quant à la clef de répartition, aujourd’hui l’on est face à une situation complexe au point qu’il faut peut-être être un exégète pour cerner les contours de l’article 96 du code de la Communication pourtant d’une limpidité sans faille mais qui, paradoxalement, pose problème quant à l’interprétation qu’on en fait.

Si ces journaux paraissent depuis des années en territoire gabonais sans irriter le CNC, c’est qu’ils ne souffrent d’aucune irrégularité comme veut nous le faire croire le ministère de la Communication qui, par des gymnastiques insensées, tient à justifier coûte que coûte son refus d’attribuer cette subvention à certains journaux.

Il est pourtant question de subvention à la presse privée. Mais la réalité est loin de refléter l’esprit et la lettre de cet article 96 portant code de la Communication. Cette subvention est destinée à la presse privée, qu’on le comprenne une bonne fois pour toute ! Allouer à Gabon matin 150 millions de FCFA, un journal qui n’a rien de privé et qui a disparu des kiosques il y a fort longtemps, relève d’une logique dont seul Alain-Claude Billie By Nzé, le patron de la Com cerne le bien-fondé.
Et puis, pourquoi ne pas envisager d’acheter une rotative afin de minimiser les coûts d’impression qui sont le véritable goulot d’étranglement de la presse privée, ainsi on fera l’économie de petites manigances sournoises ?

Pour de nombreux journaux qui ont déjà du mal à supporter la ponction de 40% opérée sur les recettes des ventes par SOGAPRESSE le distributeur, cette subvention, si elle ne couvre pas toutes les charges annuelles, constitue néanmoins une soupape de sécurité pour subsister dans un secteur qui n’est pas porteur mais d’un apport crucial dans le jeu démocratique. De nombreux éditeurs vous diront que de nombreux journaux tournent à perte faute de publicité dont le quasi-monopole est détenu par SONAPRESSE, société éditrice du quotidien L’Union.
De nombreux journaux vont disparaître parce que sevrés de la subvention qui constituait une véritable béquille pour leur survie.
Il est vrai que de nombreux éditeurs le sont devenus du fait de cette subvention, d’où la flopée de titres ayant vu le jour, mais cela n’explique pas qu’on les prive de la manne.

Nombreux, il est vrai et sont blâmables, se sont mariés ou ont acheté des véhicules avec la subvention, est-ce suffisant pour en priver le grand nombre au bénéfice d’une poignée de journaux triés sur le volet ?

Autant carrément annuler cette subvention vu qu’elle pose un réel problème aux éditeurs. Des journaux qui, après plusieurs années de vie, sont curieusement frappés d’irrégularité ! De deux choses l’une : ou c’est le ministère qui se goure ou c’est le CNC !


L’Agitateur

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