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La chronique de l’Agitateur : « MCE-BTP », un bel exemple d’entreprise citoyenne !

mercredi 18 mai 2016 Speciales


Dans le souci réel de désengorger certains axes des rues de Libreville régulièrement bouchonnées à outrance, soit du fait d’atavismes stupides qui sont un obstacle à toute intégration sociale, soit du fait des carences des voies de communication dans une agglomération qui supporte de plus en plus mal le poids d’une pression démographique sans cesse grandissante, l’on assiste, dans certaines rues de la capitale, à l’ouverture de voies secondaires. C’est le cas de l’axe Supermarché Mbolo-Plaine Oréty.

Voilà qui facilitera la fluidité du trafic sur le boulevard, très sollicité par de nombreux usagers de la route. Pour partir de Mbolo pour Plaine-Oréty, plus besoin d’effectuer le grand détour de Jeanne Ebori ou de l’Assemblée nationale, la ligne directe vous dispense de ces déviations harassantes. Les travaux menés de main de maître par l’entreprise MCE-BTP en voie d’achèvement, prévoient donc une voie directe Mbolo-Plaine-Oréty, avec en sus un pont en métal sur le fleuve Arambo, muni d’une rampe d’accès pour piétons.

Mais la réalisation de cet ouvrage très attendu, ne fera pas que des heureux mais comptera également des mécontents. Parmi lesquels, l’on peut citer les dirigeants du supermarché Mbolo qui voient ainsi s’effriter une bonne partie de ce qu’ils avaient malhonnêtement transformé en parking privé. Surfant sur le laxisme des services de la mairie, les salopards avaient carrément implanté leur parking sur une bonne partie du domaine public. Allant jusqu’à chasser leurs locataires qui occupaient une petite portion insalubre de cet espace pourtant public.

Un certain ‘’monsieur Gomez’’, interface entre Mbolo et les commerçantes, jouait les durs à cuire en les terrorisant. S’il ne vous portait pas dans son cœur, il vous vidait des lieux qu’il disait être la propriété de Mbolo Casino. Le connard qui me sort par tous les trous, me donne une envie viscérale de lui donner des baffles. Les commerçantes qui vendaient nourriture et alcools aux travailleurs qui manquaient de cantines dans leurs structures respectives, se pliaient à ses pattes lorsqu’il arrivait qu’il fasse des apparitions inopinées. Le petit hangar de fortune implanté sur cette porcherie et offert par l’entreprise Olam afin de mettre commerçantes et clients à l’abri des intempéries et des bactéries et qui jouxtait ce parking ainsi qu’une partie des bureaux des maîtres des lieux, les dirigeants de Mbolo l’avaient tout simplement rasé et érigé une clôture à la place afin d’empêcher toute nouvelle installation des commerçantes.

Les pauvres commerçantes, pour continuer leurs activités, en étaient réduites à squatter à ciel ouvert les abords d’Arambo dans des conditions d’extrême dénuement ! Il a fallu que l’entreprise MCE-BPT, après avoir constaté le désagrément subi par ces commerçantes et leur clientèle, fasse preuve d’humanisme et décide de réaliser un ouvrage moderne adossé au mur arrière d’Olam. Depuis hier, elles s’y sont installées dignement.

A l’analyse, l’attitude des patrons de Mbolo, au-delà de l’arrogance sordide, comporte des relents colonialistes. S’ils ne se comportent pas en petits colons, ils ont tout de petits nostalgiques de ces temps qui apparaissaient comme l’âge d’or de la domination des Noirs par des Blancs. Ils n’ont que du mépris pour leurs employés payés en monnaie de singe et à qui ils ne prévoient pas de plan de carrière. D’ailleurs, un plan de carrière pour quoi faire pour un nègre ? Cela semble être leur philosophie.

Nombreuses de ces dames embauchées comme caissières ou pour s’occuper des rayons, terminent comme tel, le tout couronné par une dérisoire pension digne d’un minable traitement reçu toute une vie de labeur durant. C’est malheureusement cela la dure réalité que leur réservent les patrons des lieux vautrés sur leurs gros bénéficies qu’ils se gardent de réinvestir au Gabon. Quarante ans environ, en effet, qu’existe ce supermarché, le premier du genre en Afrique centrale, aucun investissement n’a été effectué par les maîtres des lieux qui se contentent d’exporter des capitaux. Ce n’est pas non plus le problème de petits actionnaires gabonais ventripotents qui se contentent d’empocher leurs dividendes.

Curieusement ce supermarché, près d’un demi-siècle après, on s’attendait pourtant à de gros investissements. Rien qu’à voir l’espèce d’entrepôt qui abrite le magasin, on mesure aisément le sérieux des patrons de Mbolo à vouloir réinvestir une partie des bénéfices qu’ils engrangent ici. Ailleurs, on aurait eu droit à des Mall. Mais ici, ils n’en ont cure. La modernisation du magasin ne fait partie de leur objectif. Seuls comptent leurs bénéfices tirés de l’exploitation de ce supermarché où travaille une main d’œuvre captive. Le reste, ils en chient royalement.


L’Agitateur

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