La chronique de l’Agitateur : Laccruche Alihanga, le mal du Gabon ?

mardi 7 mai 2019 Speciales


Au Gabon, on traîne une grosse saloperie qui s’accroche à nos basques tel un boulet et qui, si l’on n’y prend garde, pourrait, au mieux, nous péter dans la gueule, au pire, nous conduire droit au chaos. La stigmatisation de l’étranger qui cache mal une xénophobie viscérale sournoise, devient un mal endémique qui tend à se banaliser. L’étranger devient source de nos échecs professionnels. Nous avons failli à notre vie familiale, la faute à l’étranger ; nos femmes sont mal b…, c’est toujours lui ; le chômage nous accable, c’est inutile de chercher ailleurs. Bref, l’étranger devient l’exutoire de nos phobies existentielles, un peu comme en Afrique du Sud où l’étranger n’est pas le bienvenu parce que quelques abrutis ont collé sur sa tronche une inscription qui dit à peu près ceci : ‘’voleur de travail des autochtones’’.

Dans ce pays le Gabon, il y a des postes qui sont la propriété privée d’une certaine caste d’individus, surtout des postes dits ‘’juteux’’. C’est le cas des régies financières ou d’autres postes importants où les décisions se prennent. C’est le cas aussi de l’antichambre du président de la République qui ne doit compter que des Gabonais pur jus. On l’a vu avec Maixent Accrombessi qu’on a rendu responsable des malheurs des Gabonais et on le voit encore aujourd’hui avec le jeune Laccruche Alihanga que l’on cloue au pilori parce que lui comme son prédécesseur, n’est pas membre de la ‘’tribu’’. Lorsqu’un promu à ces postes, en effet, n’est pas issu de la niché Téké, la machine de la déstabilisation se met en branle. C’est ce à quoi on assiste.

La presse entièrement financée par les membres du clan, mise à contribution pour les besoins de la cause, fait le sale boulot. A la presse acquise à la cause, s’ajoutent les réseaux sociaux qui sont des relais sûrs. Et donc tout y passe même l’incroyable inimaginable, parce qu’il faut chasser l’indésirable et le remplacer par un pur fils téké du cru dont la communauté jouit d’un monopole de fait. On comprend bien que les frères téké sont diplômés pour ne gérer uniquement que les postes importants, mais, s’ils sont si compétents pour ces postes, comment expliquer le passage à vide de Boguikouma au poste de directeur de cabinet du président de la République, lui qui est pourtant qualifié pour ce poste ? Ceux qui l’ont côtoyé lorsqu’il occupait ces fonctions, disent de lui qu’il incarnait le prototype même de la nullité.

Mais les frères téké qui disent travailler pour le président de la République, pourtant c’est ce même président dont ils se disent à son service qui a nommé Laccruche à ce poste. Donc, veulent-ils nous dire que le président de la République, en nommant Alihanga à ce poste, a fait le mauvais choix ? On comprend bien qu’ils roulent pour eux-mêmes. On l’aura d’ailleurs vu à la présidentielle de 2016 où nombreux donnaient Ali vaincu. D’aucuns s’apprêtaient même à quitter le bateau PDG.

C’est ainsi d’ailleurs que s’explique la rétention des moyens de campagne mis à leur disposition. Et ce sont les mêmes, tapis dans l’ombre du pouvoir, qui ont financé en sous-marin des candidats issus de l’opposition. Que reproche-t-on, au juste, au jeune Laccruche, est-ce d’avoir monté l’association l’AJEV, un des griefs qui lui est souvent reproché ? Est-il le seul à avoir monté une structure de ce genre au Gabon ? Est-ce de sa faute que son association attire des jeunes cadres et se démarque par son dynamisme ?


L’Agitateur

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