La chronique de l’Agitateur : La connerie pure !

mercredi 7 mars 2018 Speciales


Une télévision privée camerounaise nous apprend que trois Gabonais, soupçonnés dans le meurtre de trois adolescents retrouvés morts dans une voiture abandonnée garée près de leur auberge, auraient été mis aux arrêts à la frontière entre la Guinée Equatoriale et le Cameroun. Les présumés assassins, aux mains des forces de l’ordre camerounaises, subissent actuellement un interrogatoire dans le cadre d’une enquête préliminaire. Mais déjà les réseaux sociaux, à la recherche d’histoires rocambolesques à se mettre sous la dent, s’emballent allègrement puisqu’ils ont trouvé là, le nouveau centre de gravitation.

Avec une étonnante rapidité supersonique, plus rapides que les forces camerounaises, ils semblent avoir trouvé les commanditaires qui sont vite cloués au pilori après un procès virtuel organisé par des magistrats d’un nouveau genre ; leurs noms sont exposés sur la toile et suscitent de nombreux commentaires chez les internautes friands de scoops tout aussi virtuels. Parmi les noms qui font le buzz sur la toile, figurent celui de l’actuel ministre de la Communication et de l’Economie numérique, Alain Claude Billié-By-Nzé et celui du ministre de la Fonction publique, Jean Marie Ogandanga. A ces noms s’ajoute celui d’un illustre inconnu au bataillon, un certain V Madoungou. Si la toile est un puissant outil de socialisation, un ferment démocratique et un fonds documentaire très précieux pour la recherche scientifique, mis aux mains d’une meute de décervelés qui, le cul bien enfoncé devant leurs claviers, tels des snipers encagoulés, en font une redoutable arme de destruction massive dont ils se servent pour accomplir leurs basses besognes.

Le montage est pour le moins hallucinant. Car faire porter le chapeau à ces deux membres du gouvernement relève d’un montage grotesque ou plutôt d’une plaisanterie de très mauvais goût. A l’analyse, nos oracles sur la toile font un rapprochement insidieux entre ces deux hommes qui ne sont liés ni par leur milieux culturels respectifs (l’un étant fang de l’Ogooué Ivindo et l’autre Benga de l’Estuaire), ni par une proximité générationnelle, hormis leur présence au gouvernement. Et que dire de V Madoungou qui nous vient dit-on de la province de la Ngounié (un des lieutenants dit-on du chantre de « la Ngounié forte », récemment déchu du gouvernement pour trouble de la personnalité), qui en est la parfaite inconnue à cette insoluble équation. Essaye-t-on de nous faire gober que les trois hommes ont envoyé des coupeurs de sexes et les préleveurs de sang au Cameroun voisin ? Mais à quelles fins ? Des fins fétichistes ou thérapeutiques.

L’on nous apprend que certains font recours à la « sanguino-thérapie » pour résoudre leur problèmes de santé. Il faut être un idiot pour gaver pareilles conneries. Si les réseaux sociaux nous apprenaient plutôt que les commanditaires étaient originaires du septentrion, du fait d’une proximité géographique avec le lieu du crime, nous aurions peut-être mordu, tout en gardant néanmoins quelques réserves prudentes. Surtout en ces temps d’agitation précédant les législatives où des salopards sont prêts à tout pour arriver à leurs fins. Il va peut-être falloir, pour ne pas mourir idiot, interroger l’anthropologie politique ou religieuse, voire des traités de magie noire afin de comprendre la corrélation entre pouvoir, sang et sexe. Personne n’est dupe, depuis que la toile est infestée d’un nouveau mal viral, toute sorte de saloperies y passe. D’ici là à imaginer le pape en plein ébats sexuels avec Rihanna, la pop star américaine, il n’y a que l’épaisseur d’un poil.

Qu’Alain Claude Billie By Nze, le « très énervant » ministre de la Communication et de l’Economie numérique, du fait de son zèle militant à nous chanter les louanges de l’Emergence, devienne l’ennemi public numéro un, ou que Jean Marie Ogandanga énerve les fonctionnaires par ses réformes imbéciles, peut se comprendre, mais de là à leur prêter les traits sombres de criminels à des fins fétichistes, est d’une désolante aberration. Un intellectuel américain, dépité par les errements de ceux qui ont assiégé internet au point d’en faire la décharge de leurs vices et de leur nullité, lançait à peut près ceci : « Avant nous étions les seuls à débattre sur les comptoirs, mais aujourd’hui internet a permis aux cancres de s’inviter au débat ». Vraiment dommage… !


L’Agitateur

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