La chronique de l’Agitateur : « Kévazingogate », entre mensonge et manipulation politicienne !

mercredi 16 octobre 2019 Speciales


L’affaire sur la disparition miraculeuse au port de Libreville de trois cents conteneurs du Kevazingo avait tout d’une fable tant les points d’ombre persistent et mettent le pouvoir dos au mûr. Dès qu’ a éclatéau grand jour cette affaire invraisemblable, ils étaient peu nombreux à émettre des réserves. On a tous gobé ce gros mensonge avec un appétit vorace ; le peuple a été abusé avec cette histoire cousue de fil blanc. Pour donner un semblant de sérieux à cette farce, des citoyens ont été soit virés de leurs postes ou suspendus, on a même fait porter le chapeau à certains que l’on présentait comme de gros poissons de l’affaire voire les principaux maillons de la chaîne ayant organisé le trafic de ce bois très prisé sur le marché international.

Plusieurs mois après les déclarations tempétueuses du Procureur de la République à la presse, l’enquête sur cette affaire piétine bizarrement un peu comme si une force occulte l’avait enterré sous une chape de plomb. Eh oh, monsieur le Procureur, au fait, où en êtes-vous avec ce terrible dossier qui a fait tant de bruit et entrainé un torrent de postillons ? On prend le peuple vraiment pour des imbéciles à qui on peut gaver tout et n’importe quoi parce que l’on veut semer l’embrouille afin d’atteindre des objectifs connus seulement des sorciers tapis dans l‘ombre du pouvoir.

La farce est tellement grosse que certains ayant été suspendus se retrouvent comme par fait extraordinaire promus à des postes importants. C’est le cas de l’ancien SG au ministère des Eaux et Forêts qui a été bombardé au poste de Directeur général de la CAISTAB. Cet individu, pourtant suspendu avec d’autres soupçonnés dans l’exploitation illicite du Kevazingo, a-t-il été entendu puis jugé par une juridiction qui l’a finalement blanchi ? De qui se moque-ton ?

Il est vrai que la présomption d’innocence prime devant la présomption de culpabilité, l’instruction étant en cours, est-on en droit de lui attribuer des charges civiles sachant bien qu’il est sous le coup d’une enquête judiciaire qui n’a pas encore donné ses conclusions ? Pour être catapulté à ce poste en dépit de ses démêlés judiciaires, le personnage aurait-il bénéficié de quelques largesses au sommet de l’appareil étatique en contrepartie de son silence ?

Là est tout le mystère qui entoure cette affaire qui a tout d’un puzzle dont certains éléments restent pour l’heure inconnus. Entre concussion, fourberie, manigance politicienne et magouilles, il y a là, indiscutablement, certains matériaux de cette architecture absurde de l’affaire du kévazingo pensée par ces salauds qui réduisent le peuple à des facteurs résiduels sinon des quantités jetables.

Et finalement où sont les conteneurs dont on avait dit disparus à coups de tapage médiatique ? De source proche des Douanes gabonaises, ils seraient entreposés, avec leurs chargements, sur un site bien connu des douaniers. A la Douane, en revanche, le silence sur cette affaire est d’or surtout qu’il se susurre que, en catimini, le bois aurait trouvé un acheteur qui n’est autre que le géant singapourien Olam. Et là où çà coince c’est quand ce groupe, connu pour ses méthodes cavalières, refuse de dédommager les opérateurs qui ont coupé ce bois et l’ont acheminé sur Libreville. Quelle est cette curiosité qui a finalement décidé de vendre ce bois à OLAM ?

Cette multinationale est en train de s’arroger les pleins pouvoirs dans le domaine du bois. D’ici là qu’on apprenne qu’OLAM a racheté tous les permis d’exploitation du bois au Gabon, ne surprendrait personne. Si son pendant GSEZ a obtenu l’exclusivité du transport du bois, inutile d’en faire une tartine on aura tout compris ! OLAM, comme on le voit, est en train de tisser petit à petit sa toile et personne ne s’en émeut même pas la presse libre pourtant prompte à dénoncer les travers du régime. Normal puisqu’elle a réussi à la mettre sous sa coupole. Chut, les affaires sont les affaires, l’immoralité du deal passé entre OLAM et la presse, on s’en tape tant que chacun trouve son compte !


L’Agitateur

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