La chronique de l’Agitateur : Journée internationale des toilettes et à quand donc la journée mondiale des chiottes ?

mardi 28 novembre 2017 Speciales


De toutes les journées décrétées par les Nations-Unies et autres instances internationales, celle consacrée aux toilettes est d’une singulière originalité. Le 18 novembre 2017, en effet, a été célébrée la journée mondiale des toilettes ! Lorsqu’on parle des toilettes, on pense directement aux chiottes dont elles servent de gros réservoir. Puisque les deux sont intimement liés par leur destin, l’énoncé de cette journée mondiale des toilettes aurait dû être ceci : « journée mondiale des toilettes et des chiottes ».

Si la journée mondiale des toilettes est célébrée, il n’est pas exclu que les chiottes bénéficient à leur tour d’une attention toute intéressée et donnent lieu à une journée qui leur sera consacrée. Plutôt que d’avoir deux journées distinctes pour ces deux partenaires qui dépendent l’un de l’autre, car sans chiottes point de toilettes, il serait aisé de jumeler les deux journées consacrées aux toilettes et aux chiottes et en faire une seule. Lorsqu’on en est à consacrer une journée mondiale aux toilettes, lieu de stockage de la matière fécale, c’est qu’il y a un réel péril planétaire qui menace l’humanité. Car, imaginez-vous un monde sans toilettes, quel en serait le désastre ?

Nous serions réduits à patauger dans des lacs de boue lorsque cette matière fécale atteindra sa crue au point de se transformer en un torrent capable d’emporter bien des vies et des espaces habitables. La vague épidémiologique, tel un monstre froid, ne ferait que donner le coup de grâce qui précipitera la fin de l’espèce humaine et animale. L’odeur pestilentielle et nauséeuse serait d’une incommodité exemplaire, qu’elle pourrait même entraîner la disparition des plus petites particules organiques dont se nourrissent certaines espèces animales de notre flore et de notre faune, mettant ainsi à mal toute la chaîne alimentaire.

Dans certains pays sous-développés dans le monde, les toilettes restent un luxe, un lieu d’exclusion, de discrimination, ce qui fait que, faute de lieux d’aisance, nombreux n’ont d’autres choix que d’investir la nature, avec tout ce que cela représente comme risque de contagion microbienne massive. Il est même des pays, c’est le cas du Gabon, où des salopards poussent l’indécence insoutenable jusqu’à mettre leurs maisons en location sans qu’il y ait des sanitaires. Contraignant les occupants à faire leurs besoins dans de petits sachets plastiques qui, la nuit tombée, terminent dans les bacs à ordures. Ci-bien que lorsque vous apercevez les membres de la petite famille défiler, sachets à la main, eh bien, sachez qu’ils vont se débarrasser de cette matière encombrante, à la manière d’une chasse d’eau qui évacue la merde vers la fosse sceptique.

Si les services d’hygiène qui consacrent leur temps à arnaquer les petits commerçants pouvaient faire leur boulot correctement, de nombreux ménages s’exposeraient à de très fortes amendes. Les toilettes, pourtant, devaient constituer un véritable enjeu sanitaire comme du temps de nos ancêtres qui leur accordaient une place de choix. C’est pourquoi, les ancêtres situaient d’abord le lieu d’aisance, loin des points d’eau potable, avant toute construction d’abris de fortune. Les toilettes étaient ainsi un lieu jouissant d’une certaine respectabilité, vu qu’elles soulagent et nous mettent à l’abri des épidémies tel le choléra qui fait des ravages où son foyer se déclare. Même dans des villes dites modernes, curieusement, on assiste à un réel déficit de ces lieux d’aisance.

Les lieux publics accusent le plus gros déficit. Rien qu’à observer nos édifices publics, nos universités… , la réalité est choquante. C’est un peu comme si nos autorités n’accordaient pas le moindre intérêt à ces endroits pourtant très sollicités du public. L’absence de toilettes publiques dans plusieurs villes dans le monde en dit long sur le peu d’intérêt accordé par ceux qui ont en charge la gestion de l’espace public. Sommes-nous réellement en plein 21ème siècle ? Et si les chiottes étaient le pétrole de demain pour l’essor de nos économies grabataires ? N’est-il pas déjà temps que l’on procède au stockage dans de grands terminaux de cette matière première dont se servent des firmes qui procèdent à son recyclage ?

Au fait, le Gabon qui croule sous le poids des effets funestes de la crise mondiale, pourquoi n’exporterait-il pas cette matière fécale destinée aux grands fermiers qui en ont besoin pour en faire du fumier et, ainsi, ils pourront se passer des pesticides de l’ignoble Monsanto, pape américain du transgénique qui se fait du fric tout en mettant en péril notre santé ?


L’Agitateur

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