La Chronique de l’Agitateur : Drôles de réformes, huuum… !

vendredi 5 avril 2019 Speciales


C’est à se demander si nos dirigeants, avant de prendre des réformes d’une parfaite stupidité, font le tour de la question pour en mesurer les conséquences funestes à court, moyen et long terme ? La dernière trouvaille de nos génies qui fabriquent les politiques publiques, c’est ce chapelet de réformes opérées au sommet de l’Etat et dont l’une d’elles concerne l’attribution des bourses scolaires dont on dit désormais réservées aux enfants âgés de 19 ans au plus et ayant obtenu une moyenne de 12 au BAC. Donc si votre rejeton obtient son BAC à 20 ans, inutile d’attendre le coup de pouce des maîtres qui font la pluie et le beau temps dans l’attribution des bourses.

Les initiateurs, par cette réforme, entendaient sans doute qu’elle pousse nos mômes à se surpasser afin qu’ils deviennent de petits génies. Pour devenir un brillant sujet, doit-on absolument obtenir le BAC à 19 ans ? Et que penser de ceux-là qui l’ont décroché à 30 ans et ont fait un cursus scolaire sans faute, et font autorité dans bien des domaines ? Demandez aux professeurs Pambou Tchivunda du Gabon, Adrien Outondji du Togo, Martien Toa du Cameroun et Elikia Mbokolo de la RDC…, s’ils ont eu le BAC à 19 ans pour être les sommités qu’ils sont aujourd’hui dans leurs disciplines respectives ? Cette mesure est d’un ridicule à faire rougir. Si le Gabon, pour faire face à sa tension de trésorerie, préfère opérer de tels raccourcis qui illustrent fort bien l’incapacité de nos charlatans à penser une vraie politique dans le secteur de l’éducation, autant lancer un appel d’offre international et mettre le secteur de l’éducation aux mains d’une expertise privée.

Si cette mesure ne visait que les enfants issus de parents nantis qui scolarisent leurs rejetons dans écoles privées très coûteuses en termes de frais de scolarité, cela pourrait se comprendre aisément. Car dans ces structures qui offrent un encadrement idéal pour les apprenants, obtenir son BAC à 16, 17, 18 ou 19 ans est loin d’être un fait insolite, bien au contraire cela relève du banal. On le voit dans les pays dits développés tels que la France où avoir son BAC à 16 ou 17 ans, ne vous donne droit à aucune médaille du mérite français. Dans ces pays, tout est mis en œuvre pour que l’élève apprenne dans les meilleures conditions possibles. Comparé au secteur public où les effectifs sont non maîtrisés du fait du surnombre d’apprenants, ajouté à cela le nombre insuffisant des structures d’accueil et où le suivi pédagogique accuse de sérieux dysfonctionnements, le secteur privé passe pour la norme indépassable. Demander à nos mômes cet exploit surhumain, serait faire preuve de cécité intellectuelle. Il faut être un monstre pour prendre pareilles mesures qui sonnent comme une sélection par l’argent qui ne dit pas son nom. Avant de décider de ces réformes, a-t-on seulement pensé aux élèves de l’intérieur du pays et ses bourgades où l’école est une variable que les politiques publiques en matière d’éducation peinent à maîtriser ? Ne parle-t-on pas d’ ‘’école à plusieurs vitesse’’ ? C’est à croire que les initiateurs de ces réformes insensées, réduisent le Gabon à sa capitale Libreville.


L’Agitateur

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