La chronique de l’Agitateur : Dans les coulisses du dialogue national

vendredi 24 mars 2017 Speciales


Emmanuel-Franck Issoze-Ngondet est à Paris depuis quelques jours. Un séjour qui prend fin ce vendredi. Rien, pour l’heure, ne filtre sur les raisons de ce qui s’apparente à une vadrouille parisienne. Est-ce que le type est là-bas en villégiature, histoire pour lui d’aller s’oxygéner loin des casse-couilles gabonais qui ne lui laissent pas le moindre répit avec leur cargaison de revendications corporatistes qui empirent un climat social déjà pourri. Ou bien est-il dans la capitale française pour les derniers réglages chez les maîtres Blancs avant la tenue effective du Dialogue National sans exclusive. Il est de tradition qu’avant une élection importante ou une concertation qui engage toutes les forces vives du pays, en bon africain nourrissant des complexes ataviques du petit nègre colonisé, on saute dans le premier avion pour aller chercher l’onction et les éléments de langage chez le colon.

Comment comprendre qu’Issoze-Ngondet foule ses pieds sur le sol parisien au moment où l’on s’apprête à organiser le Dialogue national. Simple coïncidence ? Et que dire de la présence de Jean Ping sur le sol parisien au moment où le Premier ministre, comme par extraordinaire, écume les grands restaurants parisiens ? Simple coïncidence ? Les deux hommes tentent-ils de rapprocher leurs positions sous l’arbitrage occulte de la cellule Afrique de l’Elysée ? Nous savons tous que Paris a toujours eu un œil avisé sur les tractations souterraines menées par le pouvoir de Libreville et son opposition hybride. Paris tente-t-elle d’aplanir leurs divergences nées de la présidentielle du 27 août dernier ayant débouché sur la crise post-électorale ? Pas du tout étonnant si Paris tente d’arrondir les angles en vue d’amener Jean Ping à s’émanciper de son radicalisme apparent et adhérer ainsi aux conclusions du dialogue qui, selon certains, sont déjà connues.

Au-delà de tout soupçon de collusion entre Ping et le pouvoir de Libreville dont il est un digne produit et dont le ralliement ne serait que naturel voire banal, la présence des deux hommes dans la capitale française au même moment et à la veille du Dialogue national, laisse tout de même pantois. L’hypothèse d’une coïncidence ne peut pas être recevable puisque Libreville a toujours fait des pieds et des mains pour enrôler Jean Ping ou ses principaux lieutenants par la milice chargée de mener ce dialogue que l’on voudrait inclusif. Un dialogue sans celui qui crie sur tous les toits qu’il est le président élu, n’est pas crédible aux yeux des maîtres Blancs. Il faut donc le forcer à jouer le jeu. La grande question serait alors comment faire avaler une telle pilule aux membres de son fan club radicalisés à bloc. Paris serait-elle donc le principal acteur de ce tour de manivelle qui fera que Ping ne laisse pas les plumes dans cette nouvelle page politique du Gabon qui est train de s’écrire dans les coulisses de l’Elysée ?

Mais curieusement, le Premier ministre gabonais n’a pas essuyé la défiance des activistes de la diaspora qui, par tous les moyens, tentent de ridiculiser les autorités gabonaises en mission à l’étranger en les présentant aux yeux de l’occident comme la bête immonde responsable de la faillite démocratique au Gabon. De nombreux membres du gouvernement ainsi que des présidents d’institutions ont été humiliés, houspillés, malmenés et traités telle la charogne politique à effacer à tout prix de la terre. Ont-ils rangé leur arsenal de guerre ou se sont-ils assagis et se sont résignés, vu l’évidence qui ne laisse pas la place aux rêves d’adolescents dignes d’’’Alice au pays des merveilles’’.


L’Agitateur

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