La chronique de l’Agitateur : Africa N°1, la fin d’une aventure ?

jeudi 2 mai 2019 Speciales


La radio panafricaine, après 38 ans d’existence faite de hauts et de bas du fait d’une gestion catastrophique de ses dirigeants successifs, vit une longue agonie qui la conduit dans la tombe. Reste plus que l’aumônier lui administre l’extrême onction pour le salut de son âme avant sa mort certaine.

Une chose est sure, cette radio est condamnée à une mort certaine. D’aucuns plaident même pour son euthanasie car ses souffrances ont assez duré. La panafricaine qui faisait la fierté de tout un continent et suscitait des vocations, exprime ses derniers soupirs, cela dans l’indifférence totale des gouvernants qui n’ont que foutre du sort funeste qui la guette. Tout fout le camp : les locaux sont dans un état pitoyable. Plus une âme n’est visible. A croire que les lieux, lugubres, sont désormais hantés par des fantômes. Ce qui reste de cette radio, c’est juste un bâtiment et une parabole envahis par des hautes herbes. Studios et salles de rédaction deviennent des repaires pour reptiles venimeux.

La structure n’est pas seule à être dans un état de délabrement avancé, les agents ne sont pas en reste ; la misère se lie sur les visages. La précarité est telle que nombreux, chaque jour, voient leurs familles se disloquer. D’autres ont atteint le stade suprême de la déshumanisation. Si l’on n’enregistre pas encore des cas de dépression aigüe, c’est un miracle en soi. C’est à croire que Dieu veille sur eux, mais jusqu’à quand ? Aux dernières nouvelles, l’on apprend que François Duc Moukwangui, (Ndlr : journaliste ayant intégré le tam-tam africain au début des années 90 et ayant fait la fierté du Gabon comme bien d’autres) développe une gangrène du fait d’un diabète aigüe, risque une amputation du pied gauche. Payer ses ordonnances est un véritable chemin de croix. Faute de ressources, il ne compte que sur la charité des bonnes âmes.

C’est dire la dure réalité qui est celle des agents de la radio panafricaine. Entre l’Etat gabonais et l’Etat Libyen, les deux actionnaires majoritaires se renvoyant la balle de la situation que vit cette radio, on ne sait plus qui fait quoi, à qui incombe la responsabilité de la reprise effective de cette radio pourtant sous le coup d’un redressement judiciaire. Si l’Etat libyen et l’Etat gabonais ont décidé de liquider la panafricaine, c’est leur droit le plus absolu. Mais que l’on s’acquitte au moins des droits légaux et transactionnels des agents qui sont désormais sur la paille et réduits à la mendicité.

Entre le ministère du Budget et celui de la Communication, on se pose bien des questions sur l’état d’avancement du dossier Africa N°1 dont la gestion leur incombe. Du côté de ces deux ministères, on ronronne ; on semble s’en foutre que des pères et mères de familles crèvent de leur belle mort. Et c’est avec des individus de ce genre que le Gabon compte se placer sur la rampe de l’émergence d’ici à l’an 2025, selon les prévisions du président Ali Bongo Ondimba !


L’Agitateur

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