L’Opposition dans les Oppositions : Une affaire de prébendes qui tourne parfois au vinaigre !

jeudi 4 février 2016 Politique


Chaque fois que les opposants gabonais sentent qu’ils sont en perte de vitesse et reviennent curieusement à l’idée de départ selon laquelle ils ne se font pas confiance, déferlent alors sur tous les toits, des humeurs et des propos peu amènes, traduisant aux yeux de l’analyste, l’absence d’engagement et de motivation qui guide le plus souvent ceux pour qui le changement voire l’alternance au sommet de l’Etat, « représente », une véritable obsession.

Chez nos ancêtres, ‘’les Gaulois’’, que l’on cite souvent en référence, c’est le projet de société qui illustre les ambitions pour la communauté d’un individu ou d’un groupe d’individus, selon qu’on l’appelle candidat ou parti politique. Ici, la formation politique est initialement constituée de femmes et d’hommes appartenant à un même clan, à une même tribu, pour parler trivial. Et ce réflexe est celui qui continue de guetter bon nombre de nos leaders politiques s’exprimant souvent, sinon toujours, au nom du peuple, mais se comportant dès que celui-ci leur a donné une parcelle d’autorité comme des gens qui n’ont de compte à rendre à personne. Les cas sont aujourd’hui légion : avec tout le respect que l’on doit à ces messieurs, Mba Abessole, Maganga Moussavou, Zacharie Myboto, Jean Ping, Didjob Divungui- di- Ndinge, j’en passe, semblent tous se battre dans la logique d’un ôte-toi que je m’y mette, et non véritablement parce qu’ils sont animés du désir de rendre leur liberté au sens philosophique du terme à des compatriotes qui ne savent plus où donner de la tête, tellement, ils ne voient rien poindre à l’horizon.

Depuis quand en effet attendent-ils des logements décents ? Depuis quand attendent-ils que l’Etat les rassure dans son discours pour leur éviter d’aller chercher les réponses à leur questionnement dans la rumeur que l’on appelle ici « Kongossa » ? Depuis quand attendent-ils que leurs enfants, les seuls, à fréquenter des établissements sur le territoire national, aient une année scolaire pleine et homologuée ? Depuis quand attendent-ils un discours novateur se situant à la lisière du « je dis et du je fais » ? C’est que les attentes comme le prouvent les questions sont innombrables, et pourtant, ce ne sont pas elles qui préoccupent le plus ces leaders politiques gabonais assoiffés de pouvoir et toujours surpris à se foutre du peuple qu’ils convoitent sans cesse.

Que peut attendre d’eux le peuple ?

Quand Gérard Ella Nguema quitte avec fracas, disent ses alliés, le parti du père Paul Mba Abessole, croyait-il le RPG en odeur de sainteté avec l’opinion publique gabonaise ou pense-t-il simplement qu’il lui faut une autre tribune, fatigué comme beaucoup d’autres avant lui, de vivre sous les bottes d’un « gourou » qui, à l’expérience, s’est illustré par le fait de vendre du vent plutôt que par des réalisations à caractère social, la preuve, il est aujourd’hui un homme d’affaires prospère dont on peut encore douter que les employés sont logés à la bonne enseigne.

Etre donc resté assidument à ses côtés pendant des années signifie que l’on est soi-même déréglé et surtout que l’on nourrissait depuis les mêmes intentions que son mentor, alors pourquoi subitement le quitter alors qu’ensemble, on a choisi un camp politique qu’il convient de défendre bec et ongles si tant est que nous sommes mus, comme on n’a de cesse de l’entendre des bouches de ses égéries politiques, par l’idée de conduire le Gabon sur les chemins, oh combien sinueux de l’Emergence ?

 En se comportant ainsi, Gérard Ella Nguema a simplement choisi de se comporter comme avant lui Zacharie Myboto et Jean Eyeghe Ndong qui, sentant leurs intérêts en jeu, avaient décidé de tourner casaque, ne se souvenant même plus un instant qu’ils faisaient partie de la gangrène, de ce mal que veulent extirper les Gabonais de leur quotidien. Qu’il ne croit pas que l’on est encore à l’époque où l’on pensait que quitter un poste comme celui de Secrétaire général- adjoint d’une formation politique, fut-elle de la majorité, représente aux yeux des gabonais quelque chose d’extraordinaire ! Il aurait mieux fait dans son cas d’y rester et d’y mourir.

Que recherche-t-on finalement quand on se proclame opposant ?

Les scènes du genre ne datent pas d’aujourd’hui, mais font plutôt partie de notre quotidien aujourd’hui. Il est simplement à regretter que ceux qui continuent de s’adonner à ce jeu n’aient jusqu’ici pas eu de comptes à rendre à leurs compatriotes qui ne les préoccupent pas lorsqu’ils défilent, y compris nuitamment chercher la manne auprès de qui ils peuvent et sont surtout sûrs de l’obtenir, mais constituent le socle sur lequel ils s’appuient dès qu’ils se sentent en minorité.

 A la lecture, on a beaucoup plus affaire à des gens inhumains ne conjuguant que des verbes allant dans le sens de leur propre satisfaction. A ce rythme, comment envisager une alternance au sommet de l’Etat, alors que d’elle comme dans plusieurs autres pays africains, aujourd’hui cités en exemple et en référence, dépend le développement en ce sens qu’il se construit sur la matérialisation d’idées démocratiques qui supposent l’observation non seulement des principes régissant le fonctionnement de l’activité politique, mais aussi celle des médias, tout en tenant compte inévitablement de l’opinion publique. Ici, l’opposition mérite peut- être une cure de jouvence, car elle est à l’image de la société gangrénée par le lucre et le luxe.


Dounguenzolou

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