L’artiste gabonais vit-il de son art ?

samedi 9 avril 2016 Culture & people


Contrairement à d’autres pays d’Afrique et d’ailleurs, l’artiste au Gabon éprouve toutes les peines à vivre de son art, faute de finalisation du dossier portant sur les droits d’auteurs, qui devrait permettre non seulement de payer les œuvres de l’esprit à la hauteur des sollicitations du public, mais aussi d’aider l’artiste à se prendre en charge.

Qu’il soit peintre, musicien, chanteur, sculpteur, comédien ou autres, l’artiste au Gabon se cherche dans la plupart des cas,l’art se présentant comme le parent pauvre en dépit du fait qu’il participe à sa manière au développement du pays en initiant, en formant et en encadrant les jeunes, pour certains, en introduisant le beau dans la société à travers les tons utilisés, l’esthétique, le son, les ouvrages, les textes, l’élaboration de certains plans, statuts, tableaux, musique. Il n’est par normal de voir des artistes, hommes de culture, créateurs d’œuvres d’arts, crapahuter, souffrir sans un sou en poche et incapables de vivre décemment de leur travail.

Une chose difficile pour bon nombre d’entre eux qui, pour une raison ou une autre, n’arrivent pas à se faire une place au soleil, malgré les concerts, spectacles et autres expositions donnés. Les artistes gabonais ont du mal à joindre les deux bouts dans la mesure où les bénéfices parfois générés par les différentes prestations ne couvrent même pas la moitié des frais et charges liés à l’événement, le coût élevé du matériel, des espaces de production et de promotion, des studios d’enregistrement en ce qui concerne la musique.

Le manque criard de structures pour la promotion et la valorisation de l’art et de la culture au Gabon n’est plus à démontrer, on en veut pour preuve la rareté de lieux de spectacles. Les concours pour encourager et soutenir les artistes, sponsoriser leurs créations et œuvres, tels que les cérémonies de récompenses à l’image des ‘’Balafons’’ ne sont plus que de lointains souvenirs, de même qu’il est à déplorer le recours de ces derniers au seul centre culturel français de Libreville.

Les efforts consentis par le ministère de la Culture s’avèrent insuffisants et beaucoup reste encore à faire, il faut donner la possibilité à l’artiste gabonais de vivre pleinement de son art, même si dans certaines circonstances, les torts sont partagés parce que les artistes ont également leur part de responsabilité dans le sort qui est le leur. Ils doivent se mettre en valeur,à l’instar de l’artiste peintre MYPL pour qui, il ne faut pas prendre son art comme un simple gagne- pain, mais comme un business, quelque chose que vous faites au quotidien pour vous imposer au monde et vous faire aimer, vous permettre de mieux vous porter. Lui par exemple, mène une assez bonne existence et s’en contente.

Selon Dominique Douma, comédien, le théâtre au Gabon ne nourrit personne, l’amour qu’il a pour cet art depuis sa tendre enfance, fait en sorte qu’il se mette au- dessus des difficultés économiques, un espace pour se produire lui suffit pour trouver son bonheur. Qu’à cela ne tienne, l’idéal pour l’artiste est que tout travail soit gratifié d’une rémunération ou compensation financière pouvant permettre à l’auteur de toute œuvre de vivre sans trop de mal. L’art comme tout autre métier, mérite d’être valorisé, pourquoi les artistes après tant d’efforts fournis, ne vivraient-ils pas du fruit de leur dur labeur ?


LAO

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