L’argot : Obstacle ou apport linguistique ?

samedi 12 novembre 2016 Société & environnement


Le monde et le Gabon en particulier se trouve confronté à un phénomène qui prend de l’ampleur au fur et à mesure des années. Celui du langage argotique qui est en passe de s’imposer comme nouveau moyen de communication, surtout chez les jeunes. Une nouvelle forme d’expression gagnant chaque jour un peu plus de terrain, au grand dam des puristes de la langue de Molière et autres fervents défenseurs des dialectes vernaculaires.

« Tues-moi le way » ! « Man je kiffe grave cette Nga  » ! Quelques expressions désormais utilisées par de nombreux jeunes. C’est dire que ces nouvelles constructions sémantiques et syntaxiques gagnent du terrain dans la société, au point qu’il est devenu banal de les entendre dans bon nombre de foyers çà et là. Un véritable phénomène des temps modernes !

Non, rétorquent les concernés (Ndlr : plus jeunes) qui voient en l’argot un langage codé voire une culture urbaine et moderne. Un langage bâti à partir d’expressions empruntées aussi bien dans les langues locales que celle de Shakespeare, l’Anglais. Pis encore, les néologismes y font office de norme. Toutefois, l’argot ne s’encombre d’aucune règle syntaxique ! Puisqu’il s’agit du registre familier. Ce phénomène pose tout de même le problème de l’acculturation de la jeunesse. En effet, de nombreux jeunes ne maîtrisent pas leurs langues maternelles ni celle officielle qu’est le Français.

Des jeunes convaincus que l’argot n’est pas du tout préjudiciable pour eux. « Nous parlons en argot parce qu’on se comprend mieux quand nous nous exprimons avec cette forme de langage. Quand nous sommes dans un milieu où il y a des adultes, nous utilisons l’argot pour qu’ils ne puissent pas saisir le sens de notre conversation. Pour dire n’aie pas peur, nous pouvons dire : faut pas Ndem  ! Ou encore pourquoi tu Fia ! Le chiba c’est le vol, quand il s’agit d’aller faire un petit tour au bar alors nous disons Man faisons un tour au Ndjoka. Le mot Ndjoka signifie le vin. Enfin, pour dire à une fille que je l’aime, nous disons la Nga je te love grave  », nous confie le jeune Iweya Daniel.

Pour les chercheurs qui se sont appesanti sur ce phénomène, l’argot n’est pas une forme nouvelle de langage. Ils sont d’avis qu’elle date du XIVe siècle. Ses variations sont à mettre à l’actif de l’évolution spatio-temporelle. Ces derniers de nous apprendre Il n’y a pas un argot mais des argots.

A en croire, l’enseignant-chercheur gabonais au département de Littératures africaines de l’Université Omar Bongo, Jean Ditougou, auteur d’une œuvre consacrée à la littérature argotique répertoriant 852 mots, la plupart des termes résultent de nombreux mélanges.


MI

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