Kevazingogate : Si je conseillais Biendi Maganga Moussavou ?

lundi 10 juin 2019 Politique


Souvent négligé dans notre pays, le rôle du Conseiller en Communication revêtira peut-être désormais tout son sens si le texte que nous proposons est lu et pris dans l’esprit que nous lui accordons par les différentes personnalités, pas exclusivement politiques, dont les fonctions nécessitent la collaboration pour ne pas parler de l’avis d’un spécialiste de cette science reposant essentiellement sur l’ajustement des comportements verbaux et non- verbaux pour ne pas dire sur le coaching.

La coutume qui est loin d’obéir à la norme en la matière nous fait dire que le Conseiller en Communication, plutôt que d’être un communicateur professionnel, est souvent un journaliste prompt à exposer, au cas où son apport était sollicité dans la gestion d’un dossier ou par excès de zèle, son patron devant les médias et ainsi le mettre sous les feux de l’actualité, même quand une toute autre posture pouvait lui être conseillée. Ceux qui comme nous ont eu accès à un document télévisé, tourné pendant la mandature de François Mitterrand, ont pu se rendre à l’évidence à quel point se préoccuper de la gestion de la parole et de l’attitude du chef, ici le chef de l’État, était sensible. Ce dernier, parlant de François Mitterrand, ayant connu des hauts et des bas selon que ses conseillers en communication étaient soit écartés de la sphère décisionnelle, soit reconsidérés comme cela se devait.

Ils étaient en effet deux à s’occuper du rendu quotidien du président socialiste, peu importe que l’on vous donne leurs noms, parmi lesquels celui qui est par la suite allé soutenir la fille de Jacques Chirac « mon bulldozer » lorsqu’il s’était agi de lui faciliter l’accession à la magistrature suprême, faisant peut-être partie de ceux qui ont inspiré le slogan gravé dans tous les esprits « la fracture sociale ». Cette anecdote, il peut y en avoir plusieurs toutes aussi importantes les unes que les autres, suffirait à démontrer le rôle central du Conseiller en Communication. Dans le cas de Biendi Maganga Moussavou, nous lui aurions conseillé, alors que son père fait l’objet de critiques acerbes de la part d’une bonne partie de la classe politique à laquelle il appartient et pourtant et de la population pas toujours en odeur de sainteté avec quelqu’un dont les opinions, changent, selon elle, du jour au lendemain, de laisser le temps au temps et de se tenir coi surtout s’il pense profondément que ce dernier est victime, contrairement à ce qui se dit, d’une cabale orchestrée par des gens tapis dans l’ombre.

Car, rien ne sert de répondre du tac-au-tac, si ce n’est pour donner du grain à moudre aux adeptes de la polémique qui ont, bien plus que les Maganga Moussavou, des biscuits dans leur sacoche pour davantage travailler à les ébranler s’il est dans leur dessein d’y parvenir coûte-que-coûte. Vu sous cet angle, on aurait dit que Biendi a raté une occasion de se taire, ce d’autant plus que papa et maman, les premiers concernés, se sont déjà longuement exprimé depuis l’éviction de Pierre-Claver Maganga Mouusavou de ses fonctions de Vice-président de la République qui ne représente pas, soi dit en passant, un titre foncier. Mais, loin de nous l’idée de ne pas chercher à comprendre les motivations d’une famille qui ne supporte, quoi de plus humain, que très mal d’être aujourd’hui plus qu’hier soumise à la vindicte populaire. Elle, mieux que tout autre, mesurant sans doute les conséquences à court, moyen et long terme d’un désistement dans le sens d’une logique consistant à sa défense.

Mais, notre crainte légitime est que la presse ne l’interprète à sa manière pour que la « crise » ne leur échappe pas à eux les Maganga Moussavou qui devraient savoir le degré de nuisance des nouveaux médias et des fake news pour être tout autant que nous convaincus qu’ils risquent d’être réduits à tourner au ridicule et qu’en dépit du fait qu’on leur reconnaisse une certaine force de caractère, ils ont, s’ils tiennent à poursuivre sur cette lancée, beaucoup plus à perdre qu’à gagner. Qu’ils se souviennent un instant de ce qu’il était advenu de l’ancien Premier-ministre français Pierre Beregovoy ! Si l’histoire, fut-elle politique, peut corriger, celle que vivent en ce moment les Maganga Moussavou devrait, plutôt que de n’être considérée que sous le prisme familial, servir à comprendre l’environnement dans lequel on évolue pour mieux s’y adapter et pourquoi pas changer le fusil d’épaule.

Gagner en popularité, ça ne s’obtient pas qu’au moyen de la parole, les populations qui ont une grande faculté de jugement par rapport aux siècles passés, réalisant que l’on devrait s’abstenir du populisme des politiques, attendant de plus en plus de ces derniers dont elles jugent les méfaits des convictions profondes, des actes concrets et davantage d’humanisme dans une Afrique où la paupérisation s’accélère à la vitesse grand V, avec pour principales victimes des choix et des décisions des dirigeants, des femmes et des hommes désarmés dont le moindre mouvement ou la moindre manifestation est mal interprété, donnant lieu à des répressions sévères comme on en a vu récemment au Soudan où des centaines de personnes réclamant l’observation de leurs droits de citoyens son tombées sous les balles d’une armée qui a encore du mal à réaliser qu’elle doit regagner la caserne et laisser les civils en respect des textes et du bon sens gérer les affaires de la cité.

Refoulant de sa logique la lecture de l’histoire et des règles régissant le fonctionnement de la République qui voudraient de manière générale que chacun soit à sa place pour que les vaches soient bien gardées. Au regard de tout ce qui précède, l’on n’a qu’envie de se demander s’il n’est pas arrivé un seul instant, encore que le contexte n’est peut-être guère le même, aux Maganga Moussavou qui semblent afficher victimes, de s’interroger de la manière suivante : « pour qui sonne le glas ? » ou plus prosaïquement d’avoir parcouru quelques lignes du best-seller de Nicolas Machiavel « le Prince » ?


Dounguenzolou

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