Kevazigogate : Albertine devait-elle ruer dans les brancards ?

lundi 3 juin 2019 Politique


Ce texte nous est inspiré par les commentaires et réactions de Gabonais des bas-quartiers de la capitale gabonaise Libreville, ceux que l’on dit à tort ou à raison être des sans-voix pour ne pas parler de parias, suite à l’attitude et aux récentes sorties de l’ancien Vice- président de la République Pierre- Claver Maganga Moussavou, mais surtout celles après lui de son épouse Albertine. Prière, s’il vous plaît, de le prendre avec de la hauteur et de le méditer pour ne pas que le débat s’éternise inutilement. A bon entendeur…

Fait certes habituel au Gabon, mais tout de même curieux que ces pontes qui, une fois démis de leurs fonctions, cela se comprend elles sont aussi bien juteuses que ronflantes, préfèrent plutôt que de se taire, eux et leur entourage, auxquels il y a beaucoup à reprocher, c’est certain, faire du bruit, s’agitant, y compris dans la presse et les réseaux sociaux qu’ils condamnent et pourtant tant qu’ils sont aux affaires. Tel est le cas d’Albertine Maganga Moussavou dont l’époux, Pierre-Claver, vient de faire les frais, selon ceux qui ont pris la décision de l’évincer de la Vice-présidence de la République, de son mauvais comportement dans la gestion du dossier « kévazingo ». Très peu de gens, peut-être même personne, ne s’attendaient de cette dame que l’on respecte sur la place de Libreville pour ne pas dire au Gabon à ce qu’elle descende si bas après que son époux, lui- même, ait déjà donné une conférence de presse justificative, comme si celle-ci n’avait point convaincu.

On peut supposer, comme affirmé par lui-même Pierre-Claver Maganga Moussavou, qu’il n’a rien à avoir et n’est donc pas lié au scandale qui l’a emporté avec le Ministre des Eaux et Forêts Guy-Bertrand Mapangou, mais de là à l’amener se comporter comme il l’a fait, surtout lorsque son épouse prend le relais… « La Vice-présidence de la République, est-ce un titre foncier si c’est cela qui le préoccupe le plus puisqu’il ne fait jusqu’à ce jour et à notre connaissance l’objet d’aucune poursuite judiciaire, ce dont il devait se réjouir ? ». Question que nous entendons plus d’un Gabonais se poser, s’appuyant sur le fait qu’il y ait déjà eu avant lui Didjob Divungui-di- Nding’ à ce poste sous Omar Bongo Ondimba, Didjob Divungui-di- Nding’ qui aurait voulu y rester plus longtemps certainement, mais qui a tout bonnement regagné ses pénates, une fois sa mission terminée, tentant de la manière qu’il pouvait de reprendre les rennes de sa formation politique l’Alliance démocratique et républicaine (ADERE), mais ne se contentant que d’un virage dans l’opposition, après tout la configuration avait grandement changé et il n’était plus facile à des personnalités de son acabit de se rapprocher, sauf coup d’éclat, des sphères décisionnelles dans le pays.

Ali Bongo Ondimba n’avait-il pas déclaré à leur endroit et pour les mettre à leur place une fois pour toute « les amis de mon père ne sont pas mes amis » ? Un peu comme à sa suite Ali Akhbar Onanga Y’Obégué qui viendra en quelque sorte enfoncer le clou en déclarant, lui, « on ne fait pas du neuf avec du vieux ? ». Des spécialistes de la communication, surtout ceux de la célèbre école américaine de Palo-Alto, nous apprenons qu’on ne peut pas ne pas communiquer, que tout est communication, comme quoi l’évocation d’un sentiment n’obéit pas qu’au critère que constitue la parole, en d’autres termes, se taire est aussi une façon de s’exprimer quitte à ce que chacun l’interprète à sa manière. D’ailleurs, on le perçoit clairement lorsque l’on précise « langage verbal et langage non verbal » !

Se taire en effet n’est pas synonyme de ne pas avoir d’opinion ou toute action de parler ou de communiquer n’appelle pas forcément l’usage de la parole, le silence étant aussi dans certaines circonstances, un mode d’expression décryptable par celui qui se donne la peine d’étudier les comportements des uns et des autres, surtout lorsque l’on est convaincu que, comme le qualifiait en substance feu Omar Bongo Ondimba, « le Gabon est une maison de verre où l’on voit de l’intérieur ce qui est à l’extérieur et de l’extérieur ce qui est à l’intérieur ». Fort de cette sagesse, le couple Maganga Moussavou qui se vantait naguère d’être l’unique à réunir dans son lit « un Maire pour l’époux et un député pour l’épouse » comme s’il suffisait que cela en soit ainsi pour que le Gabon se porte mieux, n’aurait-il pas gagné à se taire et laisser l’histoire et l’observation populaire suivre son cours, seul le temps devant lui donner raison, si jamais la raison était dans son camp ?

Et le Gabon et les Gabonais dans tout cela ?

Voici qui démontre à suffisance que l’on n’est jamais repu et que le but de certaines personnalités, sinon de la plupart des personnalités gabonaises, est de s’en mettre plein les poches peu importe le sort de leurs compatriotes. Point n’est besoin de tenir un discours populiste alors que le peuple au nom duquel vous parlez à présent et que vous voulez prendre à témoin est celui-là même auquel vous avez tourné le dos sitôt votre dessein accompli. Ne saviez-vous pas qu’il faisait face à des maux de tous genres : mauvaise santé, malnutrition, habitat précaire, scolarité certes obligatoire jusqu’à un certain âge, cela ne datant pas d’aujourd’hui, mais insuffisance de structures d’accueil, aucun établissement n’ayant été construit depuis 2009, c’est palpable, justice parfois si ce n’est souvent approximative, mauvais traitement et appréciation des revendications sociales, insalubrité dans les quartiers jonchés par des détritus, Averda faisant le plus clair de son temps grève, chômage endémique dans les foyers industriels, nous allions dire dans les villes, misère criarde dans les campagnes où il fait comme dans les cités urbaines d’ailleurs de plus en plus chaud du fait des changements climatiques contre lesquels des dispositions ne semblent pas encore suffisamment avoir été prises, même s’il faut remercier le bon Dieu d’avoir doté le territoire national de plus de 80% de forêt qui auraient été exploités à coup sûr si nous étions un pays industrialisé en dépit des exigences de la communauté internationale, l’appât du gain étant l’une des principales caractéristiques de l’homme de ce siècle, réseau routier encore lâche et voiries urbaines laissant à désirer, la liste des griefs n’est pas exhaustive.

Ce que nous voulons expliquer, ce n’est pas qu’il est du ressort des citoyens Pierre-Claver et Albertine Maganga Moussavou de se substituer à l’État, mais simplement qu’en tant que membres de la classe gouvernante, l’on attendait du moins d’eux qu’ils développèrent des idées « révolutionnaires » s’opposant tout en le divulguant aux pratiques en vogue renforçant la paupérisation des populations qui désireraient être traitées non pas sur la base du principe d’égalité, ce qui représente un leurre, mais au moins sur celui d’équité, si tant est que, comme ils se présentent les deux, ils sont mus par une farouche volonté de rendre au peuple un minimum de dignité. Il n’en n’est visiblement rien car ils se sont empressés de faciliter l’accès au gouvernement d’un de leurs fils en la personne de Biendi Maganga Moussavou au mépris, avancent de nombreux « militants » du Parti social démocrate (PSD) du reste leur « fonds de commerce », de la consultation qui devait être de mise comme dans toute formation politique organisée avant la prise d’une décision d’une telle envergure et d’une telle sensibilité.

S’appuyant sur le fait que cela fasse partie des règles pour ne pas dire des coutumes en vigueur, suivez notre regard ! Acculé comme le couple peut l’être par plus d’un observateur averti de la scène politique gabonaise, se doit-il de se justifier devant des populations qui affichent plutôt ahuries ou devait-il se plaindre à ceux qui ont décidé de la destitution du Vice-président de la République, ceux-là même auxquels ce dernier a fait allégeance ? On dit en langue ipunu du Gabon « buku buku vèlè ! ».


Dounguenzolou

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