Justice : Le PIRD va poursuivre le Ministère Public

mardi 12 juillet 2016 Société & environnement


Lors de la conférence de presse, organisée conjointement avec l’Observatoire National des Prisons au quartier Kalikak, lundi 11 juillet courant, le Président du Programme d’Insertion et de Réinsertion des Détenus (PIRD), Edzodzomo Obiang Cyr, s’est insurgé contre les délits de droits des Hommes de lois et a d’ailleurs promis d’ester en justice le Ministère Public.

Edzodzomo Obiang Cyr, président du Programme d’Insertion et de réinsertion des Détenus (PIRD) n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Il a dénoncé sans sourciller les conditions déplorables des détenus, pointant ainsi du doigt le Ministère Public et la direction de la prison centrale de Libreville.

Construite en 1749 et réaménagée en 1948, la prison centrale de Libreville est censée abriter 350 « pensionnaires ». Seulement aujourd’hui, pas moins de 2328 détenus croupissent dans les geôles de cet établissement pénitentiaire.

A en croire, M.Edzodzomo, « les détenus de la prison centrale sont rationnés à 5 litres d’eau après 5 voire 6 jours. Comment comprendre que l’alimentation des détenus ne soit pas respectée selon les normes internationales  ».

A ce tableau peu reluisant s’ajoute les détentions préventives plus qu’abusives dont celle de Francis Ambadian, Sieny Louis Bekam, Assoumou David, Moukagni Innocent, BitsopAimar, Kamdem Janvier, NdongMve Charles, NembaEric, tous incarcéré arbitrairement depuis le 06 octobre 2006. Idem pour Sakeng Bernard, mis en détention le 12 Mai 2016 avec en prime un dossier disparu par enchantement, et Nguema Toung Hyacinthe arrêté le 11 décembre 2011. Les requêtes introduites à la Cour de Cassation par la PIRD, conformément aux articles 1, 2,3 et 4 et des demandes introduites par les concernés à la Cour d’Appel Judiciaire sont restées sans suite.

L’ONG PIRD demande la libération immédiate et sans condition de tous les détenus incarcérés sans jugement et dont les délais légaux de la détention préventive ont été largement dépassés. Pour Edzodzomo, président de la PIRD « on ne peut pas garder quelqu’un en préventive pendant des années. On ne peut pas garder un individu pendant 10 ans sans le juger » avant d’ajouter « disons que tous ses détenus sont en prisons faute des moyens financiers parce que le Greffe Correctionnel exige 25000 pour les gabonais et 30000 pour les expatriés comme frais de fouille de dossier. Pour un pays ou les droits de l’homme sont respectés et que la justice sociale est prônée par le Chef de l’Exécutif !  » D’où l’appel au gouvernement afin que ce dernier nomme un juge d’application des peines.

« Suite au non respect des droits de l’homme dans nos prisons, le PIRD se réserve le droit de porter plainte contre le Ministère Public pour que l’Etat paie le préjudice causé à ces multiples détenus  » a conclu Edzodzomo Obiang Cyr, président du Programme d’Insertion et de réinsertion des Détenus (PIRD).


Tony Muru

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