Journée mondiale contre la corruption : Une célébration dans une tempête de scandales financiers au Gabon

lundi 9 décembre 2019 Economie


La célébration de la journée mondiale contre la corruption, dans un torrent d’arrestation d’anciens hauts cadres ayant commis des détournements présumés doit amener le Gabon à agir contre ce fléau qui ronge de plus en plus l’administration publique et pénalise le développement du pays.

Le 9 décembre a été déclarée Journée internationale de lutte contre la corruption. Cette journée offre une garantie aux différents pays pour sensibiliser sur cet épineux problème, afin de minimiser les effets de cette pratique sur le développement économique et l’instabilité gouvernementale des pays. En effet, «  la corruption engendre la corruption et favorise l’impunité, qui ronge la société ». Cette alerte duSecrétaire général de l’ONU, António Guterres invite à la mobilisation.

Le Gabon qui comme bien des pays s’est imprégné de cette journée est d’autant plus concerné par cette mobilisation internationale que le pays souffre du fléau de la corruption. En 2018, selon l’indice de perception de la corruption (IPC), le pays avait chuté de quelques places, occupant la 124eme sur 180 dans le classement de l’ONG Transparency International, avec un score de 31/100. Cette descente traduit l’échec des mécanismes de lutte dont l’Opération Mamba lancée en 2016 qui visiblement n’a pas tenu toutes ses promesses. Avec le lancement de l’opération Scorpion il ya quelques semaines qui a permis d’épingler plusieurs anciens hauts cadres, notamment Brice Laccruche Alihanga, l’ancien Directeur de Cabinet du Président de la République et plusieurs de ses proches, le problème demeure une urgence nationale.

Ces malversations, détournements, pots de vin et bien d’autres impactent le développement économique et social du pays. Le Think Tank The Heritage Foundation, la considère même comme étant «  endémique et pratiquée en toute impunité  » au Gabon. Structure règlementaire bureautique, absence quasi-totale de l’Etat de droit, copinage, sont autant de maux qui la caractérise. Pour ces organismes, ces facteurs sont renforcés par le manque d’action de l’appareil judiciaire et des administrations associées qui ne jouent pas correctement leur rôle. A l’occasion de la célébration de cette journée au Gabon, les autorités doivent prendre la pleine mesure de cette question qui fragilise chaque jour un peu plus, la démocratie et compromet l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). Il ne s’agit plus d’acter des mesures de surface mais de réellement agir pour éradiquer ce fléau.


Michael Moukouangui Moukala

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