Journée internationale de la radio : Un thème retenu « désuet » !

jeudi 14 février 2019 Société & environnement


« Dialogue, tolérance, paix », est-ce le thème qui correspondait à la journée internationale de la radio célébrée le 13 février dernier ? La question mérite d’être posée tant le triptyque renvoie à un slogan politique et est aux antipodes du constat fait sur le terrain par les différents sondages des journalistes faisant ressortir l’intérêt décroissant de ce média dans la société actuelle de manière générale quand dans la plupart de nos pays, il sert plutôt d’outil de propagande, attisant parfois les divisions entre les strates sociales qui auraient pourtant gagné à travers elle, à solidifier leurs liens en admettant d’être les unes, les autres contrariées pour que s’installe dans les États, une paix véritable cette fois. Autant dire, à notre humble avis, que la radio dont on parle aujourd’hui doit être repensée, ce d’autant plus qu’elle utilise des modes modernes répondant à des réalités tout aussi modernes.

Évoquer la radio de nos jours revient à poser l’incontournable problème du support technologique certes, mais c’est aussi poser celui relégué hélas au second plan de l’usage qu’on en fait, c’est-à-dire en clair, celui de l’implication des Hommes dans la confection de ses programmes qui fait énormément défaut sous plusieurs cieux. En effet, le média doit au demeurant être conçu comme un support socio culturel à partir du moment où il doit nécessairement tenir compte des évolutions sociales, de la demande s’il veut être en phase avec son temps. Nous ramener le thème choisi cette année, à savoir « dialogue, tolérance, paix » le fige, semble-t-il, à une donnée qui nous a été servie depuis belle lurette et dont on peut douter fondamentalement de l’efficacité.

Car, la radio sert des intérêts contrastant souvent avec ces trois notions du fait qu’elle soit le prolongement d’idéaux politiques visant essentiellement la propagande de certains politiciens ou d’un certain camp utilisant la communication politique à des fins, allions-nous dire, publicitaires, éloignant l’outil de ses missions régaliennes qui sont celles d’informer, d’éduquer et de distraire. S’il peut être admis que les trois éléments référentiels coexistent jusqu’ici, il est loisible par expérience de se demander de quelle façon tant on remarque que la pratique quotidienne s’apparente bien souvent à une volonté affichée des décideurs ou des propriétaires d’avilir des personnes qui ont un besoin de liberté pour choisir le modèle qui le mieux répond à leurs aspirations.

L’on sait certaines parmi elles plus faibles de caractère que les autres au point de se laisser dicter une conduite tout comme l’on sait également d’autres réfractaires au changement pour le changement, plus promptes à user quelque qu’en soient les circonstances de leur libre arbitre pour se faire une opinion au sujet de ce qu’elles observent. Ce pourquoi, il est anachronique à nos yeux d’avancer que comme les moutons de panurge, tous les citoyens sont prêts à suivre le chemin tracé par le premier qui s’égare. En d’autres termes, l’unanimité n’existe pas malgré ce que veulent admettre certains esprits « malveillants » pour la plupart.

La radio, instrument de développement

Tous ceux dont le rêve est de se servir de la radio comme outil ou instrument de diffusion doivent un, se rendre compte qu’il, l’instrument, ne répond plus aux mêmes réalités technologiques, le basculement de l’analogique au numérique s’imposant et deux se convaincre qu’où ils se trouvent, dans le secteur public ou privé, ils se doivent d’obéir à des règles déontologiques et éthiques, les seules à leur conférer de la crédibilité vis-à-vis de ceux qui sont supposés être leurs publics. De cette crédibilité naît la confiance dont ils peuvent jouir. Et c’est d’abord sur cette base qu’ils doivent être jugés dans une société aspirant beaucoup plus que celle d’hier à la démocratie au sens où elle représente la pluralité d’opinions et la contradiction qui en ressort en permanence.

C’est seulement ensuite que l’on peut faire référence à des objectifs plus masqués relevant, eux, de notre manière de penser ou de concevoir le monde, ce que l’on dénomme « ligne éditoriale », même s’il est difficile de scinder les deux. Pour qui doivent être conçus les programmes de la radio ? Que doivent-ils comporter ? Sur quelle période doivent-ils s’étendre ? Autant de questions qui devraient sans cesse préoccuper les initiateurs pour qu’ils aient l’impression contraire à celle qui se dégage presqu’universellement aujourd’hui qui consiste à dire que la radio est de plus en plus « l’enfant pauvre des médias », victime qu’elle est de la concurrence des autres supports de communication. Autrement dit, il serait judicieux de redéfinir la radio en la remettant certes dans son contexte initial, mais en lui ajoutant les aspects psycho sociologiques qui lui manquent tant en organisant, y compris contre son gré, des sondages d’opinion qui refléteraient l’opinion véritable que les auditeurs ou les citoyens tout court se font de la manière dont ils conçoivent ses services.

La laisser courir le chemin tracé par certains politiciens qui font d’elle un instrument de propagande plutôt qu’autre chose, serait la soumettre à des jugements parfois contre-nature qui viendraient saper les idéaux de renforcement des principes tels celui de l’unité nationale et de la cohésion sociale quand il ne les rend purement et simplement inaudibles du fait du manque d’intérêt qu’ont les gens à la suivre, insatisfaits qu’ils sont des programmes concoctés qui n’ont souvent pas de grands rapports avec le vécu ou l’expérience des citoyens et qui de surcroît ne daignent pas leur proposer de nouveaux cadrant ; ceux-ci ; avec leurs aspirations ou leur lecture du monde du moment.

Une manière pour nous d’inviter l’Organisation des Nations-Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO), à, avec ses différents partenaires, revoir et adapter chaque année le thème retenu pour la célébration de la journée internationale de la radio, un thème qui devrait être adopté en fonction des réalités du moment et des aspirations profondes des auditeurs sur la base d’un travail de terrain. C’est seulement à ce prix que nous aurons, pensons-nous, répondu aux attentes des populations qui pour la plupart éprouvent encore un réel besoin de cet outil qui a beaucoup à leur apporter pourvu que l’on sache s’en servir.


Dounguenzolou

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