Journée internationale de la francophonie : Election présidentielle, le mot de l’année ?

lundi 21 mars 2016 Politique


Les pays membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), ont célébré hier dimanche 20 mars, la Journée Internationale de la Francophonie sur les 5 continents de la planète, avec pour thème : « Le pouvoir des mots ». Au Gabon, quelques mots cristallisent l’attention : Election présidentielle. Quel pouvoir prennent-ils chez nous ?

La Journée internationale de la francophonie en Afrique a été célébrée un dimanche qu’on pourrait qualifier de dimanche électoral, avec pour thème : « Le pouvoir des mots ». Le mot retenu au sud du Sahara pourrait sans doute être « Election présidentielle ». Car au Bénin, Niger, Sénégal (référendum), comme au Congo Brazzaville, les électeurs ont défilé devant les bureaux de vote pour élire leur président de la République, au moment où on célébrait les valeurs de la langue de Molière. Après eux d’autres pays tels le Tchad, la Guinée Equatoriale, le Gabon, la République démocratique du Congo, pour ne citer que ceux-là leur emboîteront le pas.

Election en français, et puisqu’il s’agit de la langue française, signifie désignation par un vote, d’une personne à une fonction. Pour ce qui est de l’élection présidentielle, il s’agit le plus souvent d’un choix exercé directement par les citoyens. On parle donc de suffrage universel direct (même s’il existe aussi un choix par les parlementaires qu’on qualifie de suffrage universel indirect). Dans tous les cas, il s’agit de choisir ou de désigner. Voilà ce à quoi renvoie le mot.

Mais quel sens prend-il vraiment chez nous ?

Sous nos cieux, l’élection présidentielle, loin d’être l’occasion donnée aux citoyens de choisir démocratiquement et sereinement leurs élus ou gouvernants, devient le point de concentration de tous les maux et travers : violence, intimidation, défiance, injure, tribalisme, replis identitaire, guerre civiles (pour certains pays), pour ne citer que ceux-là. Voilà ce à quoi rime le scrutin présidentiel chez nous. Un scrutin présidentiel qui devient source d’inquiétudes permanentes des compatriotes, hantés par la peur des lendemains électoraux, qui deviennent sources d’instabilité dans la plupart des Etats africains.

Mais cette instabilité est avant tout celle de la démocratie dans de nombreux de pays du continent, et dont l’Afrique centrale, aux dires des voix autorisées, est le pire élève. Une démocratie personnifiée qui explose toujours au moment venu, l’élection présidentielle étant considérée comme la grande bataille du rééquilibrage des pouvoirs. Une occasion de conquête de pouvoir qui donne lieu à toute sorte de dérives et d’immoralités politiques : fraude, corruption, achat de consciences, transhumance politique et électorale. Ce qui d’ailleurs donne raison à tous ceux qui considèrent l’élection présidentielle comme risque d’embrasement du pays. Un pouvoir de destruction. Voilà le sens que pourrait prendre l’élection présidentielle sous les tropiques.


Charles Nestor NKANY

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