Jean Ping sillonne les quartiers de Libreville Quel message novateur l’opposant transmet-il ?

lundi 11 janvier 2016 Politique


Les Gabonais ne sont vraiment pas fatigués de se faire flouer, même par ceux qu’ils connaissent déjà. Tel est le cas de l’ancien président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, qui a entrepris après une tournée dans l’hinterland, d’aller au contact de ses compatriotes de la capitale depuis quelques temps. Pour quoi leur dire ?

Sauf si nos oreilles sont désormais closes pour ne plus nous permettre d’entendre ce qui nous est dit, l’opposant aujourd’hui devenu qui a traversé de l’autre côté lorsque selon ses dires ses intérêts se sont trouvés menacés, se livre à des opérations de charme du genre de celles menées en son temps par feu André Mba Obame qui était allé jusqu’à s’agenouiller devant des Gabonais venus assister à l’un de ses meetings pour implorer leur pardon. Jean Ping a-t-il une démarche fondamentalement différente ? Nous croyons que non ! Car, lui comme beaucoup d’autres dans le Front de l’opposition pour l’alternance, on ne le dira jamais assez, ont participé à ce que d’aucuns qualifient d’œuvre de destruction nationale et croient, c’est humain, l’heure de se racheter venue, mais à quel prix devrait-on leur demander. C’est dire que cet opposant qui n’est pas blanc comme neige, d’ailleurs aucun être humain ne peut se targuer de l’être, ne peut tenir que des propos flatteurs vis- à- vis de ses compatriotes qu’il s’emploie à caresser dans le sens du poil.

Une stratégie de communication surannée !

Ce que Jean Ping raconte aux gabonais, nombreux sont ceux qui avant lui ont tenu ces propos et fait des promesses allant dans le même sens, promesses qui sont jusqu’à ce jour restées lettre morte. « Avec moi ou sous moi, votre avenir est en rose », voilà la trame du discours de l’opposant qui certes satisfait quelques uns de ses proches en perte de vitesse et de repères en les dotant par exemple d’engins roulants et garnissant leur portefeuille troué de billets de banque leur permettant d’avoir encore des raisons de vivre dans un environnement économique marqué par la baisse drastique du cours du baril de pétrole, le chômage, l’exclusion provoqués par tous les hommes politiques, y compris ceux de l’opposition, même s’il est de coutume de les entendre proclamer leur virginité.

En fait, ne faut- il pas à ses richissimes opposants, mettre à la disposition du grand nombre une partie du butin obtenu lorsqu’ils étaient aux affaires d’une manière ou d’une autre, en créant par exemple des unités de production pour aider l’Etat dans sa politique d’emplois et redonnant, il parait que c’est aussi leur souhait, un peu de dignité aux Gabonais qui semblent l’avoir perdu par ces temps de crise généralisée. Est- ce alors en venant leur ressasser ce qu’ils ont déjà entendu que leurs compatriotes vont se mettre à rêver d’un monde meilleur ? Parce que le discours de Jean Ping ne diffère pas de celui des cadres du parti au pouvoir qui, eux aussi, racontent qu’ils sont mus par l’idée d’améliorer les conditions de vie des gabonais.

Qu’attend- on de Jean Ping ?

Qu’il fasse d’abord tomber le masque qu’il porte, car même si ceux qui soutiennent sa candidature l’annoncent comme l’homme de la situation, ses compatriotes ont encore du mal à le cerner, ne l’ayant déjà pas connu dans le passé. De plus, son rapprochement affectif avec la famille présidentielle le prédispose à des critiques virulentes quelque soit l’attitude qu’il semble aujourd’hui adopter.

Ali Bongo Ondimba a cédé une partie des biens de sa famille au peuple gabonais, le camarade Jean n’est- il pas fortuné pour tenter une telle opération, lui qui a flirté avec le milieu pétrolier ? Accepterait- il que ses enfants vivent le même sort que les autres, non pas qu’ils abandonnent leur patrimoine, mais simplement qu’ils côtoient les autres au quotidien pour donner l’impression d’un vivre ensemble ? En clair, l’ancien président de la Commission de l’Union africaine, à moitié chinois, suivez mon regard, peut-il se muer en gabonais véritable ? N’est-il pas effrayé de tenir devant des compatriotes qui attendaient depuis qu’il soit des leurs, des discours qui ressemblent à ceux qu’ils ont toujours entendus ? Est- il convaincu que c’est au soir de sa vie qu’il apportera un peu de sa lumière aux autres dont il s’est souvent moqué ? Dans un monde où il est plus qu’impérieux de faire accompagner la parole d’actes, Jean Ping est- il sûr qu’il ira jusqu’au bout de sa logique ?


Dounguenzolou

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