Jean-Bernard Boumah : « Il est indispensable de rendre la CPG plus proche de ses adhérents »

jeudi 23 février 2017 Economie


Attendue sur les challenges économiques actuels notamment la crise que traverse le Gabon, c’est ce 24 février que le changement de tête ou non interviendra au sommet de la Confédération patronale du Gabon (CPG). Entre bilan et propositions de réformes, Jean-Bernard Boumah, Directeur générale Exécutif du Groupe Ceca-Gadis, par ailleurs Président sortant de la CPG et candidat à l’élection présidentielle en cours de l’organisation décline dans une interview accordée à Gaboneco.com, la nécessité pour la CPG de repenser son modèle de gouvernance vieux de plus de trente ans.

Gaboneco (Ge) : Monsieur, vous êtes le président sortant de la Confédération Patronale du Gabon (CPG) et êtes encore en lice pour l’élection à la Présidence de l’organisation qui aura lieu le 24 février de cette année. Vous vous présentez comme l’« Avocat des entreprises gabonaises ». Quel est le fil conducteur de votre candidature ?

Jean-Bernard Boumah (JBB) : Je veux avant tout vous remercier de me donner l’occasion de m’exprimer sur Gaboneco.com. En février 2016, j’ai été porté à la tête de la Confédération Patronale Gabonaise (CPG) à la suite du départ de Madeleine Berre, nommée au Gouvernement. Depuis plus d’un an, je suis donc le porte-parole d’une organisation dont les membres contribuent majoritairement à la richesse nationale.

Cette consécration est le fruit d’une longue expérience au sein de notre organisation où je siège au Conseil d’Administration depuis plus de 20 ans. Par ailleurs, en plus d’être Directeur Général Exécutif du Groupe Ceca-Gadis que j’ai intégré en 1978, je suis promoteur et actionnaire unique du village touristique Assiga Village, implanté à la Pointe Denis et de plusieurs autres affaires. Je suis en outre membre du SIMPEX (Syndicat des importateurs du Gabon) dont j’ai été le Président.

C’est donc vous dire que je connais parfaitement les défis actuels du monde de l’entreprise dans notre pays, et j’ai pensé que je pouvais, une nouvelle fois, être utile à mes collègues chefs d’entreprises, mais aussi à mon pays, car de la bonne santé des entreprises gabonaises, dépendra la bonne santé de l’économie nationale, et par conséquent l’assurance d’un développement aisé et harmonieux de mon pays. Notre jeunesse a besoin de perspectives, et nous devons, grâce à nos expériences diverses, être en capacité d’y contribuer. Voilà mon fil conducteur en me présentant à la Présidence de la CPG.

Ge : Vous revendiquez dans votre programme une réforme totale de la CPG notamment son statut, le modèle de gouvernance tout comme la démocratisation du fonctionnement de l’organisation. Quel est le problème avec l’ancien modèle de gouvernance ?

JBB  : La gouvernance actuelle de la CPG date de 1978. Depuis lors, les choses ont beaucoup évolué. En plus des statuts, il est absolument indispensable de rendre la CPG plus proche de ses adhérents. Il faut alors un système d’information plus performant, et une organisation qui donne des pouvoirs réels aux vice-présidents sectoriels. Les questions de genre, de la meilleure représentativité des jeunes entrepreneurs dynamiques, et le fabuleux développement des nouvelles technologies obligent à une refonte de nos modes de fonctionnement, de nos process, et méthodes de travail.
Il nous faut également une meilleure organisation afin de rendre notre agenda plus visible par nos partenaires, et que celui-ci soit connu et fasse l’objet de rendez-vous réguliers.

Ge : La promotion de la culture de l’entreprenariat, la formation, le financement des entreprises, l’emploi en particulier des jeunes sont autant des préoccupations qui vous tiennent à cœur. Votre programme dresse le portrait d’une CPG moderne et tournée vers le plus grand nombre (les dirigeants d’entreprises, l’Etat, les partenariats sociaux, les citoyens…). L’organisation a-t-elle les moyens d’une telle politique ?

JBB : Notre organisation est composée de femmes et d’hommes de talents. Ce sont des créateurs, des bâtisseurs, des développeurs. C’est d’abord dans la diversité de ces expériences que je compte pour réussir mon mandat, car je ne serai pas seul. De plus, nous devons rappeler à nos concitoyens et à nos partenaires, et notamment à l’Etat que c’est l’entreprise qui crée la richesse.
C’est par la pertinence et le sérieux de nos propositions que nous comptons être à l’avant-garde des difficultés des entrepreneurs gabonais. En relais de leurs préoccupations au quotidien.

Ge : A l’heure actuelle, de nombreuses entreprises affiliées ou non à l’organisation sont fragilisées par la conjoncture économique. Cette turbulence allongée sur le temps à un impact socio-économique considérable. Le mode de gouvernance que vous proposez permettra-t-il d’y faire face où évoluera-t-il avec la crise pour ensuite prendre réellement forme une fois celle-ci passée ?

JBB : Les réformes que nous proposons ont justement pour vocation de rendre notre organisation plus dynamique, à la fois sur les sujets qui relèvent de la conjoncture économique et de la survie de notre tissu économique, mais aussi sur les sujets qui relèvent de l’avenir de notre pays. Bien entendu, les questions liées à la dette intérieure, à la fiscalité, à l’écosystème des affaires, à la formation qui seront prises en charge par des présidents sectoriels responsabilisés feront partie encore pour longtemps de notre agenda. L’organisation que nous proposons sera entièrement consacrée à rendre dynamique nos modes d’intervention.

Ge : Dans votre programme vous invitez la CPG à agir « avec détermination pour obtenir un règlement définitif de la dette de l’Etat aux entreprises ». Durant votre mandat comment s’est traduite votre implication sur cette question majeure. Quels sont vos résultats ?

JBB : La question du règlement de la dette intérieure a été au cœur de l’agenda de la CPG au cours des dix derniers mois. Avec mes collègues membres de notre organisation, et agissant pour le compte de toutes les entreprises de notre pays, j’ai dès ma prise de fonction en janvier 2016 exposé lors du discours de présentation des vœux au Président de la République les préoccupations des entreprises gabonaises, et les risques de cessation de paiement et de fermeture de certaines entreprises.

A la suite de cette interpellation, et sur instruction du Président de la République, le Premier Ministre a mis en place une commission de travail appuyée par les Ministre du Budget et de l’Economie qui a abouti à la signature du Pacte pour le maintien de la croissance et la préservation des emplois en période de crise pétrolière, le 23 mars 2016.

En août 2016, au cours de notre Assemblée Générale Extraordinaire, dont le Chef de l’Etat était l’invité, j’ai une fois de plus rappelé l’extrême urgence de procéder au règlement de la dette intérieure et évoqué tous les freins à la compétitivité des entreprises. C’est ainsi que le 24 octobre 2016, j’ai signé conjointement avec le Premier Ministre, le Protocole d’accord portant validation après audit de la dette de l’Etat et fixant le chronogramme d’apurement.

En outre, après l’adoption de la Loi de Finances 2017, dans laquelle figurent de nouvelles dispositions fiscales, notamment la Contribution Spéciale de Solidarité (CSS), la Contribution de Formation Professionnelle (CFP), les prix de transfert et l’Impôt Minimum Forfaitaire (IMF), j’ai pris des initiatives avec mes collègues de la CPG et nous avons rencontré la représentation nationale et les représentants de l’Etat en charge des problèmes de fiscalité. Ce qui a abouti à la mise en place d’une commission de travail dédiée à l’examen de la CSS. Pour les opérateurs économiques l’objectif estde parvenir à un meilleur équilibre de ce nouvel impôt en termes d’assiette, de taux et de prise d’effet.

Je dois dire que dans mon discours de présentation des vœux au Chef de l’Etat en janvier 2017, je suis revenu de nouveau avec force, au nom de l’ensemble du secteur privé, sur toutes ces préoccupations, qui vont constituer des éléments prioritaires du prochain agenda du Président de la CPG, pour lesquelles je m’investirai avec détermination si je suis élu.


Michaël Moukouangui Moukala

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