Investissements privés : L’échec à la gabonaise !

mercredi 20 mars 2019 Economie


En situation de stagnation, l’économie gabonaise n’a pas encore retrouvé ses marques à cause de la double crise sectorielle (Ndlr : du pétrolier et socio politique). Cette période de tassement explique le peu d’engouement des investisseurs et le manque de dynamique de l’économie nationale malgré les réformes engagées dans sens.

Au Gabon, jamais la situation économique et financière n’a été aussi rude. Après la période de tassement économique vécue dans les années 80 due à un repli des cours du baril de pétrole, le pays vit depuis 2014 une situation économique et financière dramatique, bien plus difficile, accentuée en 2016 par la crise politico-sociale née de l’élection présidentielle de la même année. Laquelle a négativement impacté le visage du pays auprès des investisseurs malgré les efforts de réformes entreprises. Cet impact, en dépit d’une remontée significative des cours du baril de pétrole et de l’augmentation projetée de la croissance économique à plus de 3% du PIB cette année, explique d’ailleurs le recul de la notation du Gabon dans le rapport Doing Business 2019 de la Banque mondiale.

Classée au 169e rang mondial sur un total de 190, l’économie gabonaise a perdu dans le dernier rapport Doing Business 3 places. Ce recul signifie clairement que les choses ne vont pas bien et que le pays manque douloureusement d’investissement. La méfiance des investisseurs à l’égard du pays explique d’autant plus cette situation que depuis la crise de 2016, le pays éprouve des sérieuses difficultés à convaincre des nouveaux partenaires privés. « Les investisseurs sont dans l’incertitude. (…) Certains d’entre eux notamment dans le BTP estiment que la situation n’est pas propice par exemple, pour recruter. Dans l’incertitude, ils préfèrent attendre... », faisait remarquer l’analyste et économiste gabonais, Mays-Mouissi sur un plateau d’une chaine étrangère. A cela, il faut également ajouter la mal gouvernance qui freine les appétits des investisseurs à l’égard du Gabon.

Pour remonter la pente, depuis juin 2018 le gouvernement tente de rafistoler sa méthode de gouvernance en levant les obstacles de son pilotage, minimisant les dérapages et optimisant la rationalisation de ses dépenses publique. Cette politique courageuse dans un torrent d’incertitudes est cependant galvaudée par le copinage, la corruption et le laxisme. L’implication du volet politique dans des décisions économiques n’est pas en reste. Plus qu’ailleurs, le Gabon, du moins les dirigeants gabonais accordent une place de choix à la politique et cela impacte souvent négativement les décisions gouvernementales.

A la recherche d’un nouveau souffle au regard de ses mille problèmes sociaux-économiques, le Gabon a plus que jamais besoin de s’accorder avec les investisseurs s’il souhaite remonter la pente, car la crise qui sévit actuellement est désormais aussi celle des investisseurs.


Michaël Moukouangui Moukala

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