Investissement : Plus de 1500 entreprises créées en un an

vendredi 18 janvier 2019 Economie


Le démantèlement des procédures, la simplification et la fluidification des formalités au sein du guichet unique de l’investissement de l’Agence Nationale de la Promotion des Investissements au Gabon (ANPI) a permis de créer plus de 1500 entreprises au Gabon sur un an, entre 2018 et 2019. Or, la création de ces entreprises n’a pas permis d’inverser les tendances du chômage qui affecte encore de nombreux jeunes.

Entre le climat des affaires qui peine à s’améliorer au fil des réformes avec des conséquences sur l’emploi, des jeunes diplômes en quête d’un nouveau emploi et des rigidités du marché de l’emploi qui s’accentuent sous la gouvernance indifférente des autorités qui peinent à trouver des solutions à la crise de l’emploi, la question de l’accès à une entreprise pour démarrer son premier emploi devient au Gabon, une préoccupation courante chez de nombreux jeunes. Et pourtant, le domaine de la création des entreprises semble se porter bien si l’on s’en tient au bilan d’exercice dressé par la directrice générale de l’Agence nationale de la promotion des investissements au Gabon (ANPI), Nina Alida Abouna, à l’occasion de l’inauguration du guichet unique.

Ouvert en janvier 2018 selon la directrice de l’agence, la mise en service de ce guichet unique a permis de faciliter la création de 1556 entreprises sur une période d’un an. Pour Nina Alida Abouna, le démantèlement des procédures, la simplification et la fluidification des formalités récemment adoptées par le Gabon pour inciter les investisseurs à se lancer dans l’entrepreneuriat ont eu des effets positifs. Aujourd’hui, grâce à ce guichet, le Gabon peut se vanter d’être sur la bonne voie de la compétitivité économique telle que cela a souvent été souhaité par les plus hautes autorités qui font de l’ANPI, la solution remède à la rigidité de la compétitivité économique du pays. Cela va de soi. Mais quel impact, la création de ces entreprises a eu sur les questions économiques d’urgence comme l’emploi ? De manière plus précise, combien de détenteurs d’un diplôme, en quête d’emploi, ont pu trouver du travail dans l’assouplissement du tissu économique national ?

Une relation de causalité est ici, en droit d’être établie surtout que le chiffre du nombre d’entreprises créées sur la période citée est en lui-même flatteur. Or, force est de constater, à moins de s’égarer dans cette analyse, que la création de ces entreprises n’a pas vraiment changé grand-chose encore moins reconfiguré le marché de l’emploi au Gabon. Le chômage touche encore et toujours une importante partie de la population gabonaise avec une incidence immédiate sur leur pouvoir d’achat donc, leur vie sociale. Et sur la question, les perspectives sont quasi alarmantes. Environ 36% (chiffre de 2017) de la population dont l’âge varie entre 15 et 24 ans est encore exclue du circuit de l’emploi formel au Gabon. Au dessus des statistiques d’il y a dix ans, la montée en puissance du chômage pourrait aller crescendo d’ici 2020. Si cela se confirme, cela conforterait le manque d’orientation des politiques publiques dans ce sens et l’échec peut-être plausible de l’ANPI dont le manque à ses missions aurait affecté la situation du chômage. Vu de cette manière, les conséquences pourraient être plus fatales pour les nouveaux diplômés dont les opportunités d’accéder à un premier emploi seront réduites. Nous y reviendrons…


Michael Moukouangui Moukala

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