Interview/Ghislain Moundounga : « Si le climat des affaires ne s’était pas considérablement amélioré au Gabon, GM Energy n’existerait pas »

Webmaster Gaboneco lundi 4 janvier 2016 Economie


Parfaite illustration de ces jeunes Gabonais qui entreprennent et qui réussisse, Ghislain Moundounga était à Marrakech au Maroc, pour prendre part à la 5ème édition du Sommet mondial de l’Entreprenariat. Occasion pour la rédaction de Gaboneco.com, de lui poser quelques questions sur son activité dans le secteur pétrolier.


Gaboneco (Ge) : Vous êtes à la tête de GM Energy, une entreprise qui exerce dans le secteur pétrolier. Que faites-vous précisément ?

Ghislain Moundounga (GM) : Nous travaillons dans le secteur du forage pétrolier. Nous sommes installés au Gabon, au Congo, au Cameroun, au Tchad, au Maroc et en Algérie. GM Energy est une compagnie 100% gabonaise, avec pour seul actionnaire ma modeste personne. Notre business model est d’avoir un staff réduit pour une forte rentabilité. A l’heure actuelle, nous employons Une trentaine de personnes dont 22 Gabonais.

Ge : Vous étiez à Marrakech au Maroc pour prendre part au Global Entrepreneurship Summit. Quelle a été votre participation ?

GM : J’ai fait une communication. Un speech interview au cours duquel j’ai présenté mon entreprise GM Energy.

Ge : Le thème choisi cette année pour le GES, a beaucoup mis en avant les nouvelles technologies et l’innovation. Vous êtes vous retrouvé dans ce thème ?

GM : Quand on parle innovation, on évoque bien évidemment l’aspect idéologique, technologique etc… Pour ma part, je me suis entièrement retrouvé dans l’innovation idéologique dans la mesure où GM Energy a eu le courage de se lancer dans un secteur qui était la chasse gardée de grandes compagnies internationales. Nous sommes la première compagnie africaine de la sous région, à oser investir dans ce secteur. Ca fait trois ans que nous existons. Même si ce n’est pas facile tous les jours, nous travaillons dur avec l’objectif de rester le plus longtemps possible dans l’arène.

Ge : Les grands messes de type GES, NYFA, US – Africa Summit, sont de plus en plus décriés par des ONG et autres membres de sociétés civiles qui les qualifient de lieux de masturbation intellectuelle sans véritables retombées derrière. Vous, en tant que participant, avez-vous tiré un quelconque bénéfice de cette rencontre de Marrakech ?

GM : Bien sûr ! Ce qu’il faut comprendre c’est que pour se pouvoir se lancer dans l’entreprenariat, l’idée ne suffit pas. Il faut le capital. Et tout le monde le sait, aucune banque n’accepte de financer une activité qui a moins de trois ans d’existence. Alors la seule possibilité qui reste aux nouveaux entrepreneurs comme nous, ce sont les investisseurs. Où les rencontre-t-on ? Dans ce type de rendez-vous. Pour prendre mon cas propre, ma participation au GES 2014 m’a permis de nouer des contacts avec des associations d’investisseurs qui avaient des stands lors du Sommet. Et je reste convaincu que ces nouveaux contacts m’aideront de faire grandir mon activité.

De nos jours, les patrons de PME ont compris que la solution à leurs problèmes de financements était de se tourner vers les investisseurs privés, car il n’est pas recommandé de lancer une activité en ne comptant que sur ses fonds propres. En tous cas, je ne le conseille à personne.

Ge : Lors de son allocution à l’occasion de l’ouverture officielle du GES 2014, le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba présentait, non seulement sa vision de l’entreprenariat des jeunes et des femmes, mais aussi et surtout les efforts consentis depuis quelques années, par l’Etat gabonais pour améliorer le climat des affaires dans notre pays. Avez-vous, en tant qu’entrepreneur exerçant dans un secteur sensible et chasse gardée de majors internationales, le sentiment que le climat des affaires s’est réellement amélioré au Gabon et que des entreprises comme la vôtre ont désormais ont une chance de survivre et de grandir ?

GM : Parfaitement. Si ce n’était pas le cas, une entreprise comme la mienne aurait eu du mal à démarrer quoi que ce soit dans un secteur aussi fermé que celui du pétrole. Et quand on regarde le chronogramme du développement de mon entreprise, j’ai fait l’enregistrement de ma compagnie en 2008. Mais les activités ont réellement démarré en 2011. Est-ce une coïncidence ? Je n’en sais rien. Mais la seule chose dont je suis sûr, c’est que le climat des affaires s’est réellement amélioré dans le pays. Et aujourd’hui, les PME sont encouragées et bénéficient de certaines facilités, notamment dans le processus de création d’entreprise et même après. Il y a quelques années, il était impensable de créer une entreprise en 48 heures dans notre pays. Aujourd’hui, c’est tout à fait possible. Des exemples comme ça, je peux vous en citer beaucoup. Notamment concernant mon secteur d’activités où aujourd’hui, nous disposons désormais d’un véritable Code des hydrocarbures. Beaucoup reste à faire. Mais les choses avancent.

GE : Vous avez certainement entendu parler du Grand Prix de l’Excellence, initiative du président de la République pour booster l’entreprenariat des jeunes, et dont la grande finale se déroulera à Libreville le 5 décembre prochain. Quel message pouvez-vous adresser aux candidats de ce concours, notamment à ceux de la catégorie Espoir, qui sont des entrepreneurs en herbe ?

GM : A cette jeunesse qui entreprend, je peux dire que les maîtres mots pour y arriver sont : la foi, la persévérance et la discipline. Il faut prendre le temps d’étudier avec soin le terrain sur lequel on veut « jouer ». Il ne faut pas se lancer dans n’importe quoi, juste parce que c’est la tendance du moment, ou parce qu’un ami ou une connaissance évolue dans ce se secteur. Entreprendre est une affaire sérieuse qui engage beaucoup de monde : vous-même, l’Etat et les personnes qui travailleront pour vous. Il faut donc éviter à tout prix d’embarquer tout ce monde dans des projets douteux et sans avenir. Il faut un bon business plan et un tableau de bord qui permettra de suivre ce business plan. Il faut une vision claire et prédéfinie pour éviter de se retrouver, dans six mois ou un an, confronté à des blocages financiers, à l’origine de nombreux cas de faillites de jeunes entreprises. Et enfin, bonne chance à tous et que le meilleur gagne !

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