Interpellation dégradante de citoyennes commerçantes : Une atteinte aux droits !

samedi 31 octobre 2015 Société & environnement


Les Gabonais, du moins ceux qui s’adonnent à l’information quelque soient les canaux utilisés, on vécu comme nous autres une scène « d’horreur » il y a quelques temps à Libreville lorsque des flics ont interpellé des femmes commerçantes qui n’ont eu pour seul argument face à l’interdiction qui leur était faite de continuer à exercer au bord de la chaussée, que de se dénuder. Une histoire diversement interprétée…

Que l’on soit appelé à assurer l’ordre public pour faire respecter et observer la loi, cela s’explique surtout dans un Etat de droit comme le Gabon, mais que l’on aille jusqu’à ne plus tenir compte des principes tel la pudeur, il y a quelque chose qui ne va plus. Des policiers visiblement de service se sont illustrés il y a quelques jours par un comportement à la limite déshonorant pour un pays comme le nôtre qui se dit à cheval sur les principes moraux, en interpellant un groupe de commerçantes qui se sont publiquement déshabillées, se mettant complètement à poils pour manifester leur colère face à l’interdiction qui leur était faite de poursuivre leurs activités là où elles en avaient l’habitude.

 Ce mauvais sort qui s’abat déjà sur les propriétaires de maisons détruites pour céder la place à des œuvres d’art embellissant la ville de Libreville, est venu subitement, à moins qu’elles aient été averties bien plus tôt, s’abattre sur ces pauvres dames pour qui leur activité constitue, à en croire leurs propres propos, ce qui est loin d’être faux, leur raison de vivre, car c’est grâce aux recettes générées par le commerce qu’elles entreprennent, qu’elles subviennent aux besoins de la famille, dire que nombre d’entre elles sont à la tête de familles monoparentales quand elles ne subissent pas comme un boulet le chômage de leur époux viré d’une société de la place qui a mis la clé sous le paillasson.

 La Faute à qui ?

Il est normal dans un Etat de droit que les règles régissant la vie en société soient respectées et non violées. C’est donc du devoir de la force urbaine qu’est la police d’amener le citoyen à l’observation de toutes ces règles, s’il veut éviter d’être placé sous le coup de la loi.

 Personne ne pourrait avancer que les policiers ont agi de leur propre chef sans en avoir reçu l’ordre de la hiérarchie, ce qui vient de facto justifier l’acte qu’ils ont été amenés à poser ce jour- là. L’interpellation de citoyens qui veulent passer outre la réglementation en vigueur, tel est le devoir du flic. A ce niveau, il n y a rien à lui reprocher. Que penseraient des Gabonais qui verraient des policiers laisser le désordre s’installer dans la cité au vu et au su de tout le monde ? Ne s’exclameraient-ils pas de la sorte : « Quel pays ! ».

 Alors pourquoi s’étonner qu’il y ait non pas ce rappel à l’ordre, mais cette interpellation, même si elle donne l’air d’une intervention musclée, ce qu’elle a été selon certaines indiscrétions. Mais, l’on sait qu’ici, ce type d’actes est souvent mal, sinon très mal perçu surtout quand, comme dans ce cas, il expose une nudité crue. Compréhensible si les policiers interviennent pour lutter contre les attentats à la pudeur et l’atteinte aux bonnes mœurs, mais de là à laisser des mères, des épouses dénudées jusqu’au commissariat devant un public constitué de badauds qui n’attendaient qu’un tel spectacle pour s’en délecter…

 Il y a à redire et matière à réflexion !

Le public à qui la scène est exposée est unanime sinon presque sur le fait qu’il n’est pas normal quel que soient les raisons de balader des femmes dénudées même de leur propre chef dans des conditions qui plus est, inhumaines dans des camions dépourvus de tout confort. Surtout lorsqu’il nous vient à l’idée que le sceau de la République est une maternité allaitante, ce qui explique bien l’importance que revêt la femme dans la société.

De plus, nous avons là ni plus ni moins qu’une manifestation de la moralité dont font preuve nos agents chargés de la sécurité publique. Dans nos cultures africaines, nous devons tous autant que nous sommes respect à la femme non pas seulement parce qu’elle est notre génitrice, mais aussi et surtout parce qu’elle incarne des valeurs immuables qui, si elles ne sont pas respectées, peuvent être source de malédictions.

Et comment imaginer que la République soit jugée de l’extérieur lorsque des images rapportant des faits du genre de ceux vécus il y a quelques temps sont diffusées sur les réseaux sociaux, les plus prompts à le faire par ces heures de règne des nouvelles technologies de l’information et de la communication ? La femme constituant pour la société un baromètre sur lequel on s’appuie pour juger du degré de développement, les policiers auteurs des actes avaient- ils raison de se comporter comme ils l’ont fait ? C’est aux autorités compétentes d’y répondre si tant qu’il y a à redorer le blason de notre pays. 


JGN

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