Insécurité : LORSQUE L’ON PARLE D’ÉDUCATION

mardi 15 octobre 2019 Société & environnement


Chez les autres, l’armée en temps de paix, ça a une signification. Chez nous, cela ne semble rien insinuer, car les populations sont comme livrées à elles- mêmes. Ce qui pousse de jeunes gens à se livrer à des activités frisant le banditisme du genre braquage et autres vols. Dans nos quartiers, il ne se passe plus de jours sans qu’il n’y ait quelqu’un qui se plaigne d’avoir été victime de voleurs à la tire ou de braqueurs alors que des policiers ou gendarmes sont vus sur les rues à longueur de journée en train de racketter au lieu de répondre aux besoins sécuritaires sur lesquels les citoyens attendent aussi les gouvernants qui n’ont qu’assez fait de les abreuver de promesses, dire qu’on veut que celles- ci soient suivies de réalité. Que faire pour que la cité soit un peu plus paisible ?

De plus en plus de Librevillois se plaignent d’avoir été victimes d’actes de banditisme y compris dans leurs quartiers, sans que cela n’émeuve ceux qui ont en charge leur sécurité. Le phénomène du banditisme n’est pas seulement signalé dans la capitale gabonaise, mais nous le prenons pour indication parce qu’y vivent les trois- quarts de la population, ce qui n’est pas rien pour les sociologues qui y trouvent un argument scientifique devant susciter l’interrogation et la curiosité pour qu’il trouve au besoin réponse à la hauteur des faits soulignés.

Lorsque l’on évoque les questions de familles monoparentales ou recomposées, s’interroge- t- on un instant sur ce qu’elles peuvent générer comme déviants ? Il n’y a pas qu’elles puisque d’autres se caractérisent comme celles de gens frappés par la paupérisation du fait d’un certain manque d’éducation, d’une sous- alimentation intellectuelle, d’une précarité sociale liée parfois au manque de revenus, parfois à celui d’ingrédients éducationnels qui font que l’on ne soit pas capable d’observer les déviances qui sont les nôtres et ce qu’elles peuvent avoir comme conséquences sur notre progéniture. Tout ceci regroupé conduit à l’observation d’actes qui nous laissent nous interroger sur le comportement qu’il faut que l’on adopte face à des individus qui ont choisi visiblement de démissionner pour se livrer à des braquages et autres vols à mains armés sachant que le citoyen n’est plus celui qu’il était à l’époque ne considérant que ce qui le touche singulièrement au lieu de se demander si ce qui arrive à l’autre ne constituera pas son sort le lendemain quoiqu’il ait des accointances avec les malfrats qui écument nos rues de jour comme de nuit.

Quelle attitude devrait- on recommander à une personne victime de ces fauteurs de troubles si ce n’est celle de se venger, y compris en privant d’une manière ou d’une autre leur « bourreau » de ses capacités motrices ou en lui ôtant purement et simplement la vie, selon le cas ?

Ne va-t- on pas vers l’admission du tribunal populaire comme on le voit et le vit sous d’autres cieux en Afrique ? Et la justice qui ne semble dire mot quand bien même elle sait les faits évoqués récurrents, que dit-elle ? On voudrait l’entendre s’exprimer à haute et intelligible voix avant qu’elle ne vienne, se disent de nombreux citoyens, se prévaloir d’une justice donnant l’air du « médecin après la mort ». Trop, c’est trop, a –t- on coutume d’avancer, il peut donc arriver que des Gabonais fatigués du mutisme des hommes chargés de juger et de l’action en amont des forces de l’ordre que beaucoup qualifient de forces de désordre à tort ou à raison, peu importe, décident de se faire justice. Quel serait à ce moment la réaction des autorités compétentes qui ont laissé directement ou indirectement faire au point de créer un laisser- aller dans le comportement des malfrats qui se croient tout permis parce qu’ils se savent intouchables parce que bénéficiant, aux dires de certains, parfois de la complicité des gouvernants qui tirent profit de ce genre d’actes pour assujettir ceux qui ont encore à l’idée de s’opposer à l’establishment ? Que répondre à ces gens qui décident de blesser dans une moindre mesure ou de tuer dans le pire des cas lorsqu’ils n’acceptent pas d’être dépossédés de biens qu’ils ont acquis au prix de moult sacrifices ?

N’y a- t- il pas là lieu de réfléchir à la convocation de la jurisprudence eu égard au fait que de plus en plus de Gabonais se plaignent de vivre un calvaire imposé par des personnes souvent identifiées agissant parfois au nez et à la barbe d’agents des forces de l’ordre incapables d’agir parce que trop ventrus ou parce que guidés par d’autres motivations que celles de veiller à la sécurité des biens et des personnes quand ils ne sont pas postés en bordure de rue à tout moment de la journée pour juste assurer, comme d’aucuns parmi eux l’ont déjà affirmé, la sécurité des biens et non celle des personnes, cela va sans dire ! Notre crainte est qu’à ce rythme, les choses n’aillent s’empirant, il faut, pensons- nous de temps en temps tirer la sonnette d’alarme pour voir jusqu’où peuvent aller les autorités que nous voyons intervenir quotidiennement sur les médias dits publics pour nous rassurer et nous donner l’impression qu’elles se tiennent toujours à nos côtés. L’histoire nous a démontré qu’il n’est aucun fait à banaliser, ce pourquoi nous devons nous dire qu’un épiphénomène suffit à créer des étincelles susceptibles de se développer rapidement et de conduire à un déséquilibre social qui ne serait peut- être même pas profitable à ceux qui ont intérêt à ce que l’injustice soit subie par d’autres qu’eux.

La justice, voilà ce à quoi nous devons presque tous, sinon tous nous atteler si nous voulons que nous aussi nous bénéficions d’un peu d’elle parce qu’il n’est pas de peuples qui acceptent indéfiniment de vivre sous le joug d’autres sans avoir à l’esprit de développer une quelconque forme de vengeance et tant- pis pour les conséquences qui pourraient en découler. Au Congo dans les années 70, existait le phénomène des « Miliciens » qui circulaient de nuit pour sécuriser les populations auxquelles ils offraient un certain réconfort puisqu’elles se savaient protégées contre toute forme d’ « agression » d’où qu’elle vienne. Cela avait au- delà de ce que l’on peut imaginer, une valeur dissuasive qui donnait à la République un semblant de sécurité interne dont on avait besoin assurément pour se sentir chez soi. Quand on avance à tout bout de champ qu’on n’a pas une patrie de rechange, qu’est- ce à dire ?


Dounguenzolou

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