Indépendance 58/ Parade militaire : Vers un changement de paradigmes ?

samedi 18 août 2018 Société & environnement


La célébration du 58e anniversaire de l’accession du Gabon à l’indépendance a été ponctuée hier, vendredi 17 aout, par la parade des forces de défense et de sécurité, placées elles, sous le signe d’un renouveau dans la gestion des conflits au niveau interne. Le thème de cette parade : « La gestion démocratique des conflits ».

Alors que les pays développés connaissent une évolution dans ce sens, la problématique de la « gestion démocratique des conflits », thème de la parade des forces de défense et de sécurité de la 58e célébration de la fête de l’indépendance du Gabon, pose un problème d’évolution dans un pays où, les forces de l’ordre et de sécurités sont perçues comme étant la cause du ralentissement du processus de démocratisation du continent voire de son étouffement. Au menu de ces perceptions, les bavures des corps habillés sur les civils lors des manifestions ou arrestations. Des actions qui font débat en Afrique et divisent l’opinion.

Le Gabon qui fait école dans ce sens n’est pas épargné par cette vague de critiques. Qu’ils s’agissent des grands évènements comme les élections ou des rassemblements de type sociaux dédiés le plus souvent aux revendications de tout genre, l’action des forces de l’ordre et de sécurité est souvent sujette à caution. En quête d’un renouveau dans la conduite des missions de maintien de l’ordre notamment de leur rapport aux manifestants, les forces de l’ordre gabonaises réfléchissent à l’opérationnalisation au sein de leurs différents corps, d’une pratique en usage sous d’autres cieux notamment en France, de la tolérance vis-à-vis des manifestants, en lieu et place de la violence en pareille situation.

Des agissements qui devraient, si les autorités actent ce projet, permettre aux forces de l’ordre d’établir des canaux de discussion en lieu et place de la violence comme cela est souvent le cas lors des manifestations. « Il faut que les agents des forces de l’ordre parviennent à négocier avec les foules au lieu de les matraqués ou d’employés le bouclier », préconise Onguityal Hassan Zeïd-Ben, Consultant à la Gendarmerie à l’occasion de la traditionnelle Parade des forces de défense et de sécurité. Ce conseil demeure cependant du domaine de la spéculation, car sa matérialisation « dépend de la volonté politique des Etats ».

Et pourtant, l’enjeu pour l’image des corps comme la Police est d’autant plus important, que la mise en place d’une telle pratique permettrait peut-être de limiter certaines bavures policières même si à vrai dire, les citoyens ne sont pas exemptés de critiques. Mais dans un pays comme le Gabon qui vente la naissance précoce de sa « prétendu » démocratie et qui veut se référer à des modèles comme la France pour tracé sa voie devrait apprendre à s’inspirer des bonnes pratiques comme celle-ci puisque le modèle fait échos sous d’autres cieux.


Michaël Moukouangui Moukala

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